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Médecin et physiologiste américain contemporain

2. L’ouabaïne est un glycoside très vénéneux, extrait du bois A'Ouahuïo, Apo- •cynée de l’Afrique. — La strophantine est un autre glycoside très vénéneux un peu moins toxique cependant que le précédent et extrait des graines d’une Apocynée africaine, le Slrophantus (variété Kombé).

3. L’alîection est causée par un néoplasme, un gliome, qni siège au centre de la (moelle et, en se développant e.xcentriquement, comprime la moelle.

^ 4. Il y a des cas, très rares, il est vrai, de syringomyélie où la sensibilité thermique est elle-même dissociée ; la sensibilité au froid est conservée la sensibilité au chaud seule est abolie. ’

FONCTIONS SENSORIELLES

portent le nom, maintenant classique, de dissocialion syringomyéltque.

Fig. 187. — Anesthésie tactile et anesthésie thermique consécutives h une blessure de» nerfs médian et cubital au milieu du bras (observation de E. Cavaz/ani, 1893).

Les nerfs ont élé suturés neuf mois après l’accident. La figure représente les faces dorsale et palmaire de la main, un mois et demi après la suture des nerfs.

A et A’, champs de l’anesthésie tactile (zone rayée); — B et B’, champs de l’anesthésie thermique (zone rayée).

L’anesthésie est absolue, sauf dans les parties où il y a un pointillé, sur lesquelles on observait encore des traces de sensibilité.

Un an plus tard. la sensibilité thermique avait complètement reparu & la face dorsale de la main, tandis que les deux derniers doigts étaient encore insensibles aux contacts et aux pressions.

Or, ce sont justement ces troubles dissociés de la sensibilité qui permettent de faire le diagnostic exact de la syringomyélie, celte maladie pouvant

SENSIBILITÉ THERMIQUE

être aisément confondue, si ces signes caractéristiques échappent à l’attention, avec diverses affections médullaires, avec l’atrophie musculaire progressive qui présente les mômes désordres moteurs et la même conservation de la sensibilité tactile, avec la maladie de Morvan^, dans laquelle l’atrophie musculaire suit la môme marche, mais où la sensibilité tactile est altérée en môme temps que les sensibilités thermique et douloureuse. Au début de l’affection, la thermo-anesthésie peut être abolie de longues années avant l’apparition de l’analgésie,

B. Conditions de la sensation. — Suivant l’intensité de l’excitation (corps plus froid ou plus chaud), la sensation est plus ou moins intense.

Elle varie beaucoup suivant les diverses régions. On a déjà vu (p. 813, fig. 183) qu’il y a plus de points de froid que de points de chaud; il y en a environ de 6 à 23 par centimètre carré de peau, tandis qu’il y a beaucoup moins de points de chaud (0 à 3) ; sur toute la surface du corps il y aurait des premiers 250000 et des seconds seulement 30000 environ. Les parties les plus sensibles à la température sont le mamelon, la poitrine, les ailes du nez, puis la face antérieure du bras, le ventre, etc. Sur la conjonctive, il n’y a que des points de froid, pas un seul point de chaud; au contraire, la surface du gland, chez l’homme, est absolument insensible au froid.

L’intensité de la sensation varie avec l’étendue de la surface excitée; en plongeant dans de l’eau froide ou chaude la main entière, on éprouve une sensation plus vive que si on plonge dans la même eau un ou deux doigts seulement.

L’exercice augmente la sensibilité thermique.

G. Caractères de la sensation. — Outre l’intensité, la sensation présente quelques autres caractères.

Elle ne se produit qu’un certain temps après l’excitation. Ce retard est même notablement plus long que celui qui s’observe pour les sensations tactiles entre l’excitation et la sensation. On a trouvé, par exemple (moyenne très générale), que le temps de réaction est pour les sensations de froid de 191 millièmes de seconde, et pour celles de chaud de 467 millièmes; sur le visage les chiffres oscillent entre 150 à 170 millièmes de seconde pour le froid et, pour le chaud, entre 155 et 185 millièmes. C’est là encore un fait sur lequel on s’est fondé pour séparer la sensibilité thermique des autres sens qui ont leurs organes dans la peau.

La sensation persiste après que l’excitation a pris fin. Il suffit de rappeler à ce sujet une observation connue. Si on applique sur la

1. Médecin français, mort en 1897, qui exerçait dans le Finistère, à Lannilis, et que d’importantes études neuropathologiques ont fait connaître.

FONCTIONS SENSORIELLES

peau du Iront un objet froid, comme une pièce de métal, qu’on laisse en place environ une demi-minute, quand on l’enlève, la sensation de froid persiste.

Nous localisons les sensations thermiques comme les sensations tactiles. De même il y a un sens de l’espace cutané qui se manifeste par les premières comme par les secondes. L’expérience a montré que, pour un certain écartement entre deux pointes refroidies ou chauffées, on sent un double contact. Cet écartement est variable suivant les régions du corps, étant environ de 0,8 à 3 millimètres pour les im pressions de froid et de 2 à 5 millimètres pour les impressions de chaud (d’après les expériences de Goi.dsciieider). 11 varie aussi suivant les individus. Les sensations thermiques sont donc, comme les tactiles, extensives, c’est-à-dire peuvent nous donner la notion d’étendue.

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