Sensibilité douloureuse
Beaucoup d’autres organes que la peau éprouvent des sensations douloureuses, les articulations, les dents, la tête, l’oreille, les organes internes (on connaît la violence des douleurs utérines, celle aussi des douleurs dites d’estomac). C’est donc une forme de sensibilité très répandue. C’est pourquoi, ainsi que la sensibilité tactile également très répandue, on la qualifiait de sensibilité générale, pour distinguer celle-ci, à tort, nous le savons, des sensibilités spéciales. On va voir que la sensibilité douloureuse, elle aussi, est spécifique. Si nous l’étudions avec les autres modes de la sensibilité cutanée, c’est que seules les douleurs qui ont leur siège dans la peau ont été soumises à une analyse exacte.
1° Les excitations douloureuses.
Quand il y a, sur une région cutanée, excitation de pression ou thermique forte, ou qui dure longtemps ou qui est souvent répétée, une sensation désagréable se produit alors, c’est la douleur. C’est le propre des excitations fortes, quelles qu’elles soient, de faire naître cette sensation. Ainsi le seuil de la douleur (par pression, par exemple) est très élevé.
De quelle nature est cette impression, d’où provient, quel qu’ait été l’excitant, mécanique, thermique, électrique, la modification nerveuse qui éveille dans les centres la douleur? On remarque que les excitations fortes ont pour effet de désorganiser les éléments sur lesquels elles agissent. Et, par exemple, la forte pression qui s’exerce sur les cellules épidermiques déterminerait un changement de la