SENSIBILITÉ DOULOUREUSE
concentration du liquide qui entoure les extrémités nerveuses ; et des cellules pourraient sortir des substances susceptibles d’exciter ces extrémités (hypothèse de 1\1ax von Fhey). Semblablement, on a supposé la production de substances algogènes, sous l’influence de l’excitation forte et prolongée nécessaire pour provoquer la douleur, substances qui intoxiqueraient les terminaisons nerveuses (hypothèse de iM"® J. JoTEYKo’, 1903). Ainsi, comme l’excitation thermique, l’excitation dolorifique serait d’origine chimique.
2o Analyse des sensations de douleur.
On est donc conduit à admettre pour la douleur, comme pour les autres sensations cutanées, des organes récepteurs spéciaux et vraisemblablement aussi des conducteurs et des organes de perception spéciaux. La démonstration de l’existence d'un appareil spécial de réception est faite aujourd’hui.
A. Distinction de la sensibilité à la douleur et des autres sens cutanés. — Cette distinction est surtout due aux expériences délicates et précises de Max von Fiœy. Aux résultats de ces expériences quelques autres preuves sont à ajouter.
1° Grâce aux excitants punctiformes qu’il a imaginés, M. vo\ Fhey a trouvé dans les diverses régions de la peau des points qui ne répondent que par une impression douloureuse à toute excitation, et ces points, -comme les points thermiques et comme les points de pression, sont constants. Inversement, ceux-ci et ceux-là ne sont pas sensibles à la douleur.
Les points de douleur sont beaucoup plus nombreux que les points de pression. Sur une surface de 12,5 millimètres carrés, sur le dos de la main, M. vo.\ Frey a trouvé 2 seulement de ces derniers pour 16 des premiers, soit par millimètre carré plus de un point de douleur.
Il y a des régions insensibles au contact et très sensibles à la douleur, telles sont la cornée et la muqueuse du gland. On a, au contraire, trouvé une région absolument analgésique, tandis que la sensibilité tactile y est parfaitement développée, c’est la partie de la muqueuse de la joue située •en face de la deuxième molaire inférieure.
Les points de douleur sont plus superficiels qne les points thermiques.
2° Dans l'insensibilisation centrale ou périphérique, on voit la sensibilité à la douleur disparaître avant la sensibilité tactile. Cette dissociation est très nette dans l’anesthésie par le chloroforme, l’éther, la cocaïne. — Le menthol, dont on a vu plus haut (p. 822) l’action hyperesthésiante sur les appareils de froid, diminue au contraire la sensibilité à la douleur.
3“ Dans bon nombre d'affections du système nerveux, on trouve de l’anal-