‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 358 sur 510 · Physiologiste et psychologue russe · texte numérisé non relu

Physiologiste et psychologue russe

FONCTIONS SENSORIELLES

gésie sans anesthésie; cette analgésie est plus ou moins étendue. On a déjà parlé plus haut de la dissociation syringorayélique. Les analgésies des hystériques sont bien connues.

B. Conditions de la sensation. — La douleur dépend de l’intensité de l’excitation et aussi de la durée de celle-ci.

11 y a asymétrie dolorifique\ la sensibilité à la douleur est plus vive du côté gauche que du côté droit et cela aussi bien chez les gauchers que chez les droitiers. De ce fait, qu’elles ont découvert et étudié, JoTEYKO et Stef.ynovska (1903) concluent que la perception de la douleur se fait dans des centres cérébraux différents des autres centres percepteurs sensoriels.

L’attention augmente la douleur. C’est sans doute pour cela que, durant la nuit, où l’attention n’est point distraite, beaucoup de douleurs s’exagèrent. On sait aussi que la représentation préalable d’une douleur donne à celle-ci, quand elle survient, plus d’acuité.

La fatigue intellectuelle augmente la sensibilité à la douleur.

C. Caractères de la sensation. — La douleur présente les mômes caractères généraux que les autres sensations.

Elle est plus ou moins intense.

Le temps de réaction est beaucoup plus long que pour toutes les autres sensations. 11 a été trouvé de 900 millièmes de seconde environ, c’est-à-dire de près d’une seconde.

Elle n’est pas toujours de même qualité-, en d'autres termes, elle a des modes divers, elle est aiguë, lancinante, térébrante, etc. On ne sait pas à quelles modifications organiques correspondent ces formes de la sensation.

Une distinction, due à T. Thunberg^ (1902), est cependant à mentionner à ce sujet. D’après Thünberg, il y a deux sortes de points de douleurs, deux sortes de terminaisons nerveuses adaptées à cette excitation ; les unes, superficielles, ne donnent jamais pour toute excitation, mécanique, thermique, électrique, qu’une sensation de piqûre; les autres, situées dans les couches profondes de la peau, sont plus sensibles à la pression que les premières, et manifestent leur excitation par «ne douleur sourde. — Un autre physiologiste suédois, Sydney Albutz, distingue (1905) des sensations douloureuses instantanées et d’autres, plus tardives ; les premières ont le caractère de piqûres punctiformes et les secondes celui de démangeaisons qui s’irradient; les points oû l’on éprouve la sensation de piqûre ne paraissent pas être les mômes que ceux qui donnent la sensation de démangeaison.

Le ton ou tonalité de la sensation, qui est le sentiment de plaisir ou de déplaisir ou d’indifférence dont celle-ci s’accompagne, offre,

1. Physiologiste suédois contemporain, professeur à TUniversité de Lund.

Page 1