SENSIBILITÉ DOULOUREUSE
en ce qui concerne la sensation de douleur, ceci de spécial qu il est toujours le même, toujours désagréable pour l’être sentant.
La localisation des sensations de douleur est peu précise. Ceci, vrai déjà des douleurs cutanées, l’est encore plus de celles des organes profonds.
Ce défaut de localisation tient sans doute, en grande partie au moins, à ce que toute douleur ne reste pas au même point, mais subit une irradiation plus ou moins étendue.
Les douleurs ne sont point continues. Quand elles ne sont pas franchement intermittentes, elles présentent des renforcements ou des ralentissements.
Les sensations douloureuses donnent lieu à un grand nombre de réactions, dans les organes les plus divers.
Mantegazz-4 a groupé toutes ces réactions dans le tableau suivant :
Contractions musculaires.
/de la face.
S du tronc, des membres, des élévateurs des poils.
^ partielles.
, i générales.
' convulsions
i tremblement.
I toniques, cloniques.
^ de quelques muscles de la face.
Paralysies Lies membres.
( de tous les muscles volontaires.
(suspension de la respiration.
e.\piration prolongée, expiration interrompue, soupir, bilillement.
vocaux 1 plaintes.
I sanglots.
1 lamentations.
\ cris.
/ larmes.
[ pertes involontaires de ta salive.
) évacuation involontaire de l’urine.
Troubles sécréteurs i vomissements.
I diarrhée.
\ sueurs.
/ pâleur du visage, t pâleur de tout le corps.
Phénomènes vaso-moteurs^ rougeur du visage.
périphériques É urticaire.
V érythème.
/ bienveillance insolitel accès de colère et de haine ) accès de sentiment religieux.
Troubles psychiques < matité.
/faconde ou éloquence insolite, l délire.
FONCTIONS SENSORIELLES
Il faut ajouter à. ce tableau les troubles cardiaques, augmentation ou diminution des contractions du cœur ou môme arrêt dans les fortes douleurs, arrêt plus ou moins long [syncope cardiaque).
3° Rôle de la douleur.
Les physiologistes, les médecins elles philosophes ont souvent dit le rôle utile delà douleur, grâce à laquelle l’organisme est averti de nombreuses causes d’altération ou de destruction de ses tissus. La crainte de la douleur nous met en garde contre le danger des traumatismes, morsures, brûlures, des poisons, etc. Les nerfs dolorifiques, dit Bünge, sont comme des sentinelles qui nous préviennent de tous les périls. Pour le médecin, dit-il encore, la douleur est, en un sens, l’amie, l’aide et l’alliée, car c’est à ses commandements que le patient se soumet à toutes les prescriptions.
Les diverses impressions cutanées qui viennent d’être étudiées sont conduites au cerveau à travers la moelle par des voies spéciales; et dans des régions spéciales du cerveau se produisent les sensations correspondantes. L’étude des sensations n’est complète que quand on a déterminé ce chemin des impressions centripètes à travers le système nerveux central. Plutôt que de morceler cette question, nous croyons préférable de l’exposf*!’ quand nous aurons examiné toutes les fonctions sensorielles. Alors l’étude du système nerveux central s ouvrira sur cette importante question des voies conductrices de la sensibilité.