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II. — SENS DE L’OÜIE

L’organe de l’audition comprend chez l’Homme comme chez les autres Mammifères trois parties, l’oreille externe, l’oreille moyenne et l’oreille interne. Mais la partie essentielle est représentée par cette dernière, où s’étalent les éléments récepteurs des impressions sonores. Avant même la physiologie, l’étude du développement de l’oreille et celle des formes que présente cet organe dans la série animale, au cours de la phylogénie, le montrent clairerhent.

La lorme essentielle de l’organe auditif est celle d’un petit sac, d’une vésicule pleine de liquide, dans laquelle dos fibres nerveuses viennent se terminer en se mettant en rapport avec un épithélium spécial ; les éléments de cet épithélium (cellules auditives ou acoustiques) sont munis de prolongements analogues à de grands cils ou à de petites verges suscep-

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tibles de vibrer de par le mouvement du liquide contenu dans le sac. Gomme tous les corps conduisent les vibrations sonores, celles-ci sont amenées à la vésicule dont il s’agit, soit par les parties dures de la tête, soit par une membi’ane tendue au-devant de la vésicule. On retrouve cette lorme dans l’organe de l’ouïe chez les Crustacés, chez les Mollusques. L’organe auditit d’un Mollusque^ par exemple, est constitué par des cellules à cils vibratiles, disposées dans une capsule située profondément sous le tégument externe et i l’intéi'ieur de laquelle est une concrétion calcaire, Votolithe, que les vibrations des cils mettent en mouvement.

Chez les Vertébrés, la vésicule auditive primitive, formée par un épais-

Fig. 188. — Schéma du labyrinthe membraneux chez diverses espèces de Vertébrés (d’après

Wxldkyer).

A, chez les Poissons ; B, chez les Reptiles et les Oiseaux ; G, chez les iMammifères.

On remarque en A avec le vestibule les canaux semi-circulaires, mais pas de limaçon; en B le vestibule, les trois canaux semi-circulaires et un limaçon très rudimentaire ; et en G le vestibule, trois canaux et un limaçon développé.

a représente l’aqueduc du vestibule.

sissement de l'ectoderme qui s’invagine peu à peu, ressemble à cet organe des Mollusques. Mais par son développement successif elle se transforme en un appareil constitué par plusieurs parties communiquant entre elles. Ainsi une moitié de la vésicule se divise, grâce à un étranglement, et forme le vestibule avec les canaux semi-circulaires, qui ont même configuration chez presque tous les Vertébrés ; l’autre moitié donne le limaçon qui n’acquiert sa forme définitive que chez les Mammifères. La figure cicontre (fig. 188) schématise les différentes dispositions, de plus en plus compliquées et perfectionnées, de l’organe auditif chez les Vertébrés.

Considérons celui-ci chez un animal supérieur. Le sac primitif, c’est le vestibule, qui s’est divisé en deux parties, utricule et saccule\ au vestibule s’ajoutent les canaux semi-circulaires. D’un autre côté, se développe

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un canal circulaire, long et compliqué, qui se contourne sur lui-même en s’enroulant comme un escalier en spirale, le limaçon. Le tube de ce limaçon est divisé, par une cloison que l’on nomme lame spirale (simple en dedans, double en dehors), en trois rampes : la rampe moyenne, dite rampe auditive ou cochléaire, communique avec le saccule et contient

Fig. 189. Schéma des diverses parties de 1 oreille interne et des deux branches du nerf auditif avec ses ganglions périphériques (d'après Mxthus Dcval).

La substance osseuse, dans laquelle sont creusées les cavités de l’oreille interne, est ombrée en traits verticaux, plus serrés au niveau de la substance compacte qui limite immédiatement ces cavités.

RR, bord antérieur (antéro-externe) 'du rocher ; — CA, orifice du conduit auditif interne, sur la face postérieure (postéro-interne) du rocher.

L, coupe du limajon : Rf, rampe tympanique; — Rr, rampe vestibulaire ; — CC, canal ou rampe cochléaire ; — OC, organe de Corti, placé sur la lame basilaire qui sépare la rampe tympanique du canal cochléaire.

V, coupe du vestibule : S, saccule; — U, utricule; — VA et VP, deux canaux semicirculaires, le vertical antérieur et le vertical postérieur ; l’horizontal n'a pas été figuré ca, ca, crêtes auditives des ampoules des canaux semi-circulaires; — ma, wia, taches ou macules auditives du saccule et de l'utricule.

GS, ganglion de Scarpa, sur la branche vestibulaire du nerf auditif ; — NC, nerf cochléaire ; — GC, ganglion de Corti, dans la lame spirale osseuse du limaçon ou canal de Roscnthal.

les organes nerveux terminaux essentiels ; elle est comprise entre les deux autres rampes (espaces périlymphatiques) qui communiquent l’une avec l’autre vers le sommet de l’organe, mais qui, vers la base, communiquent l’une avec le reste de Voreille interne ou vestibule {rampe vestibulaire), l’autre avec l’oreille moyenne ou tympan par la lenétre ronde {rampe tym-

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panique). — Cet ensemble des sacs mernbt'aneux (utricule et saccule), des canaux semi-cit'culaires et du limaçon constitue l’oreille interne des Vertébrés supérieurs.

Disons tout de suite qu’il y a là, réunis dans l'oreille interne, deux organes distincts (voy. tig. 189); le limaçon seul est le véritable organe auditif, en rapport avec la branche auditive du nerf acoustique, la branche cochléaire ; le reste, vestibule et surtout canaux senii-

A, coupe schématique d’un tour du limaçon.

h, schéma des dispositions épithéliales du canal cochléaire. — MR, membrane de Reissner • — MC, membrane de Corti ; — MB, membrane basilaire; — fn, libres nerveuses ; 1, cel-

lule de soutien ; — 2, 2, cellules auditives ; — 3, pilier externe de l'organe de Corti et 4, pilier interne ; — 5, cellule auditive interne.

circulaires, en rapport avec la branche vestibulaire du nerf acoustique, est un organe stato-récepteur ou organe de l'équilibre. Cet organe nous fournit des sensations spéciales qui doivent être comprises parmi les sensations internes et qui seront étudiées par conséquent avec celles-ci.

En somme, l’oreille interne ou labyrinthe membraneux est un sac membraneux enfoncé dans une cavité osseuse (dans le rocher) ; cette cavité est remplie d’un liquide clair, la périlymphe, dans lequel flotte pour ainsi dire le sac auditif; celui-ci contient aussi un liquide aqueux, Vendolymphe. Le nerf auditif vient se terminer à la face interne du sac auditif par des Uley. — l’hysiologie.

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organes de formes diverses en apparence, mais qui se ramènent fous au même type, celui d’appareils susceptibles d’être ébranlés par les vibrations du liquide dans lequel ils baignent. Ce sont, au niveau des sacs membraneux (utricule et saccule), des cellules épitliéliales (cellules aùdilives) en contact avec des cristaux de carbonate de chaux (ololithes), qui viennent frapper contre ces cellules à cbauuç oscillation du liquide. Ce sont, dans

Fig. 191 . — Schéma des cavités auditives.

les canaux semi-circulaires (ampoules de ces canaux), des cellules épithéliales munies de cils longs et raides et directement ébranlables. Au niveau du limaçon, la disposition est plus compliquée (voy. fig. 190) : la branche cochléenne du nerf auditif s’étale sur la membrane spirale dans 3 000 ou 4000 petits organes articulés (organes de Co7'ti^) dont la description se lit dans les traités d’histologie, et qui, en définitive, se ramènent à une série de cellules auditives et de cellules de soutien disposées sur une membrane très mince, de nature conjonctive (membi'ane basilaire), formée de fibres (fibres de Nuel) dont l’élasticité a d’ailleurs été singulièrement exagérée. Puisque toute l’oreille interne provient d’une végétation profonde des téguments de la partie latérale de la tête de l’embryon, végétation qui

i.Cobti(A.), histologiste italien du milieu du xix« siècle.

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s’isole ensuite plus ou luoins de la surface d’où elle est issue, l’organe de Corti lui-inèiue est une production épidermique. Ajoutons que partout, au niveau des cellules acoustiques (soit de l'utricule, soit du saccule, soit de

organe de Gorti), les terminaisons nerveuses se font par de fines ramifi- •cations entourant ces cellules et ayant avec elles des rapports de pure contiguïté et non de continuité. Les cellules auditives sont donc homologues des cellules gustatives, et non des cellules olfactives. Les terminaisons nerveuses des diverses parties de l’oreille interne rentrent dans la classe des terminaisons nerveuses intra-épithéliales.

A 1 oreille interne est Joint, chez les animau.x à vie aérienne, un appareil de perfecüonnement, V oreille moyenne ou caisse du tympan. Cette nouvelle partie, inuüle chez les animau.x aquatiques où les ondes sonores se transmettent facilement du liquide ambiant au liquide labyrinthique, est necessaire pour faciliter le passage des ondes d’un milieu gazeux dans le milieu iquide de l'organe; on sait, en effet, que le son éprouve une grande difficulté a passer de l’air dans l’eau. L'oreille moyenne est une caisse creusee dans le rocher et contenant un appareil de conduction destiné à faciliter cette transmission (fig. 191 etp.83'J, fig. c’est une tige osseuse plus ou moins régulière qui va de la membrane du tympan à l’oreille interne (fenêtre ovale).

La membrane du tympan est en contact direct avec l’air extérieur quoique placée au fond d’un appareil collecteur des sons, nouvel appareil surajouté. C’est Vot'eille externe, composée du pavillon de l’oreille et du conduit auditif externe.

Tel est sommairement l’appareil auditif. Sous quelles influences entre-t-il en fonctionnement et quel est le mécanisme de ce fonctionnement?

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