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Médecin olologiste français contemporain

SENS DE L'OUIE

et plus ou moins distants qui se transmettent ainsi. Les vibrations des corps placés au contact du crâne, le bruit d’une montre par exemple, se transmettent au labyrinthe par les parois osseuses du crâne. Ou a même montré que les sujets, dont la chaîne des osselets ne fonctionne plus, peuvent arriver à entendre des sons émis à quelque distance, en tenant entre ou contre leurs dents une feuille de carton qui recueille les ondes sonores et les transmet aux parois crâniennes; on adonné le nom d'audiphones aux appareils de ce genre.

1® Transmission des excitations dans l’oreille interne.

Voici un son conduit jusqu’à la fenêtre ovale. Les diverses cavités du labyrinthe, utricule et saccule, limaçon, sont entourées de liquide, la périlymphe, et remplies elles-mêmes de liquide, l’endolymphe. L’ensemble de ces sacs et canaux représente « une petite capsule rigide remplie d’un liquide aqueux, dont le volume est beaucoup trop petit pour admettre une seule onde sonore dans toute sa longueur, même en supposant le limaçon déroulé. 11 se présente donc ici le même phénomène que pour les osselets de l’ouïe : à un moment donné, toutes les molécules liquides recevront à peu près simultanément la même impulsion ; la masse liquide incompressible (y compris les formations membraneuses qui y plongent) tend à se déplacer dans son ensemble, comme un corps solide, mais elle ne le pourra guère, enfermée qu’elle est dans une capsule rigide. En fait, les déplacements sont très petits, virtuels en quelque sorte; et ils doivent être tels pour ne pas froisser les organes délicats qui y flottent et qui ne pourraient, sans se déchirer, exécuter des mouvements excursifs^ ». Cependant la masse liquide peut céder un peu en trois endroits, la fenêtre ronde, le canal endolymphatique, ou aqueduc du vestibule, et surtout le canal périlymphatique ou aqueduc du limaçon, qui, ouvert dans la rampe tympanique, près delà fenêtre ronde, aboutit, d’autre part, aux espaces sous-arachnoïdiens du cerveau, près de la fosse jugulaire; la périlymphe comprimée peut donc se déverser en partie dans le crâne.

Ce sont donc, en fin de compte, les oscillations d’un liquide qui agissent sur les terminaisons du nerf auditif dans les organes spéciaux du labyrinthe.

1. L. Fredertcq et J.-P. Nüel, Eléments de physiologie /lumaine, 6» édition, Gand et Paris, 1910, p. 709.

FONCTIONS SENSORIELLES

20 Mode d'action des vibrations sonores sur les éléments nerveux excitables du labyrinthe membraneux.

('.es vibrations ébranlent

t-'ig. 19i. — Schéma de l’organe nerveux de l'audition.

ca, cellule auditive ; — es, cellule -de soutien ; — cg, cellule ganglionnaire ; — fs, fibre du nerf auditi f (fibre sensorielle), prolongement périphérique d’une cellule ganglionnaire qui se ramifie autour des cellules sensorielles ; — ce, couche corticale du •cerveau.

vraisemblablement ce que l’on peut appeler les appareils otolithitiues, otolithes (le l’utricule et du saccule, cupule terminale des ampoules des canaux semi-cii’culaires, organe de Corti du limaçon, et les déplacements de ces appareils irriten t les poils des cellules sensorielles et par suite les l’amitications nerveuses qui partent de ces cellules.

A. Hùle des taehes auditives du vestibule. — Au niveau de la tache de l’utricule et du saccule, comme au niveau de la crête de chacune des ampoules des canaux semi-circulaires, les filets de la branche vestibulaire du nerf auditif viennent se terminer par des ramifications libres disposées au contact de cellule'^ dites auditives, lesquelles sont munies de bâtonnets en forme de cils {cils auditifs) ; ces cils proéminent dans les cavités utriculaire et sacculaire en passant entre d’autres éléments cellulaires dits cellules de soutien (fig. 194). Au niveau de ces éléments se trouvent des corpuscules cristallins de formes variables, les otolithes ou otoconies, qui atteignent, citez les Reptiles et les Poissons osseux, un volume considérable, tandis que, chez les Oiseaux, les Mammif(.*res et l’Homme en particulier, ils ne forment que de petits cristaux microscopiques; par leur abondance au milieu des taches acoustiques, ils donnent à ces parties une couleur blanche caractéristique. Ces formations cristallines ne sont pas libres au milieu de l’endolymphe ; elles sont adhérentes aux parois, au niveau des macules et des crêtes.

Ces otolithes, de même que les longs crins des cellules auditives

SENS DE L'OUIE

reçoivent la vibration communiciuée par la périlymphe. Mais en résulle-t-il des excitations auditives ?

Nous avons (lojà fait reiiianiuer que les canaux semi-circulaires ne sont point des organes auditifs. On peut les détruire d’ailleurs sur différents animaux sans que l’ouïe soit altérée. En est-il de même du vestibule membraneux? Rappelons encore une fois que c’est la même branche vestibulaire du nerf auditif qui fournit au vestibule et aux canaux semicirculaires ; et puisque, de ces derniers, elle ne transmet pas des impressions auditives, il est vraisemblable qu'elle n'en transmet pas non plus du vestibule. .Mais ce n’est là qu’un raisonnement. Voici un fait. Il semble bien, d’après de nombreuses expériences, que les Poissons n’entendent pas ; or. ils n’ont que le vestibule; ils n’ont point de limaçon. A la vérité, on a constaté que la destruction du limaçon, chez le cobaye, n’entraîne pas l.a surdité, du moins immédiatement; la surdité n’est que tardive, consécutive, dit-on, à l’otite qui résulte de l’opération et à la cicatrisation des plaies. Il y a évidemment dans ces expériences une part d’interprétation.

En somme, le rôle du vestibule^ dans la réception des e.xcitations auditives, n’est nullement démontré, il est au contraire fort douteux.

B. Rôle (lu limaçon. — Le limaçon ou, plus exactement, dans le limaçon le canal cocbléaire est l’organe auditif par excellence. Sur sa crête acoustique s’étalent les nombreuses cellules auditives et leurs filets nerveux, offrant une surface relativement considérable, éminemment apte à recueillir les moindres ondulations du liquide labyrinthique. Mais le mécanisme par lequel se fait cette réception n’est pas encore exactement déterminé. Ce n’est pas que les explications aient fait défaut. Mais elles sont hypothétiques. Et on ne sait pas encore comment les éléments sensoriels de la cochlée analysent les propriétés de l’excitation auditive. Quand l’étrier s’enfonce dans la membrane de la fenêtre ovale, cette poussée fait osciller le liquide labyrinthique; mais les liquides étant incompressibles, il faut que celui-ci trouve une voie d’échappement; on sait qu’il y en a deux, la fenêtre ronde (voy. pp. 842 et 845) et l’aqueduc du limaçon. On conçoit que cette oscillation du liquide labyrinthique excite les poils des cellules auditives et que celles-ci, suivant l’amplitude de l’oscillation excitante et suivant le mouvement plus ou moins étendu des poils excités, enregisirent, pour ainsi dire et pour employer un mot de Piehke Bonnier, l’intensité du son. Mais de quelle manière se produisent les irritations correspondant aux autres propriétés du son, hauteur et surtout timbre, et quel est leur mode d’action sur les organes de Gorti, — dans lesquels, en raison de leurs dispositions structurales si particulières, on est invinciblement porté à voir les éléments adaptés à la réception de ces impressions ? Nous ne le savons pas.

C. Le liquide labyrinMiique. — Depuis les expériences de Flourens, on sait que l’ouverture de la fenêtre ovale amène la surdité par suite de l’écoulement du liquide et du défaut de tension inlralabyrinthique en résultant. Cette surdité diminue et finit même par disparaître à la suite de la réparation de la lésion (formation d’une membrane nouvelle).

La composition de ces liquides paraît identique. Limpides, alcalins, ils contiennent un peu d’albumine (la périlymphe en contiendrait plus que l’endolymplie) et des sels, chlorure de sodium, carbonates de potasse, de soude et de chaux et phosphate d’ammoniaque.

11 est possible que l’endolymphe soit sécrétée par les éléments de la strie vasculaire.

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