Les sensations auditives
A la suite des irritations des éléments sensoriels dont nous connaissons plus ou moins bien le fonctionnement naissent les sensations auditives. 11 y a des conditions nécessaires à leur production.
1° Conditions des sensations.
Il faut, pour qu'une sensation se produise, que les vibrations sonores aient une certaine amplitude et une certaine hauteur (voy. p. 83G). Ce sont ici les conditions relatives aux excitants.
Par rappoi't à l’organe auditif, il faut remarquer tout d’abord que rien n’est plus variable que l’ouïe suivant les individus; des sons très faibles qui échappent à telles personnes sont perçus par d’autres ; il en est de même des sons de hauteurs différentes. L'acuité auditive se rapporte donc à la fois à l’intensité et à la hauteur des sons ; elle caractérise ce que l’on appelle communément la finesse ou la dureté de l’ouïe. Quant à l’appréciation du timbre, elle ne présente pas de moindres variations individuelles; c’est le timbre d’un son qui nous fait connaître l’instrument d’où provient ce son, c’est le timbre de la voix qui nous fait reconnaître une personne donnée. Et l’on sait combien est variable la faculté de distinguer cette qualité du son avec plus ou moins de netteté et de rapidité. Cette faculté dépend de la. justesse de l’oreille.
L'exercice développe beaucoup l’acuité auditive et encore plus la justesse de l’oreille.
En ce qui concerne l’influence de la fatigue, signalons ce fait, qu’il suffit de quelques secondes de repos pour qu’une oreille fatiguée redevienne sensible ; et celui-ci, non moins intéressant, qu’une oreille fatiguée pour un son de hauteur donnée entend bien un sou plus grave ou plus aigu.
SENS DU GOUT
2® Caractères des sensations.
l-a sensation est plus ou moins intense, suivant l’intensité de l'excitation, nous verrons plus tard dans quel rapport.
Le temps de réaction ne diffère pas beaucoup de celui des sensations tactiles; il est de 146 millièmes de seconde (d’après de nombreuses moyennes).
La durée dépasse légèrement celle de l’excitation ; cette persistance de l’impression est de beaucoup inférieure à celle de l’excitation rétinienne.
Un caractère essentiel des sensations auditives est leur extériorité. Nous localisons un son en dehors de nous, et nous jugeons de la distance de la source sonore d’après son intensité et de sa direction suivant que la sensation est plus ou moins forte dans une orientation donnée d’une oreille ou de la tète.
Pour juger de la direction d’un son, nous tournons la tête vers le corps sonore, de sorte que les vibrations arrivent directement à une oreille. Dans cette recherche la sensibilité de la membrane du tympan joue un rôle qui ressort bien des expériences dans lesquelles on l’anesthésie ; on constate, en effet, dans ce cas, que la noiion de direction du son est abolie.
L’audition bi-auriculaire facilite la reconnaissance de la direction du son. L’intensité relative de la sensation fournie par chaque oreille servirait en effet grandement à cette appréciation. Cependant on peut juger de la direction avec une seule oreille.
Par la sensation auditive nous apprécions aussi de très faibles intervalles de temps. Cette sensation nous donne donc une notion précise du temps.
Le ton de la sensation auditive est souvent très net, tantôt agréable, tantôt désagréable : il y a aussi un très grand nombre de sons qui nous sont indifférents, ne s’accompagnant d’aucun sentiment.
Ces caractères s’appliquent aux sensations simultanées comme aux sensations successives. L’oreille peut recevoir à la fois de multiples impressions, comme le prouve l’audition d’un orchestre. Et dans un mélange sonore elle a la faculté de distinguer et de suivre un son spécial. C’est sur ces deux propriétés de l’appareil auditif qu’est fondée la partie harmonique de la musique.