IV. — luiTiie uu * r L r
cribtullin de l'œil énu- l’ait être le résultat d’une traction exercée par la zone cléé Q'scher.m.ng). Je ZiNN sur tout le pourtour du cristallin, cette traction ayant pour eU’et d’aplatir les régions périphé- ‘riques, relativement molles et par suite aisément déformables, de la lentille et de faire saillir le noyau central, plus dur, et dont la courbure est plus grande que celle de ia face- antéi'ieure. Ainsi, ce n’est pas pendant le repos, c’est au contraire pendant l’accommodation que la zone de Zinn serait tendue ^ (Tscuekning). Et cette tension serait amenée par la contraction du muscle ciliaire dont toutes les fibres, les circulaires comme les longitudinales, attireraient alors le ligament suspenseur vers la périphérie, vers la sclérotique.
Une preuve de ces idées se trouve dans les belles photographies que l’ophtalraologiste allemand von Pfluck a réussi à obtenir (1908) avec des yeux de singe, à l’état de repos ou en état d’accommodation sous l’inlluence de l’ésérine (voy, fig. 211); ainsi a pu être fixée pour la première fois la forme accommodative du cristallin. D'où une conürmation éclatante de la théorie de Tscherning.
1. J. -G. Zinn (1727-1950). médecin, anatomiste et botaniste allemand.
2. Dans la ttiéorie de Helmholtz,. on conçoit dü’Iicilement en elTetque la zone de Zinn soit tiradlée d'une façon quasi constante; s’il en était ainsi, ne Uniraitelle pas par s'allongei’ r
SENS DE LA VUE
Le muscle ciliaire est innerve par les nerfs ciliaires courts qui sortent du ganglion ophtalmique. Mais le-s filets qui vont à ce muscle sont fournis en réalité par le nerf moteur oculaire commun (3* paire). Plusieurs e.xpériences le montrent clairement.
■1® L expérience citée plus haut de IIensen et VœLCKEns peut être faite tout aussi bien en excitant le moteur oculaire cummun que les nerfs ciliaires eux-mémes.
2“ En excitant chez les Oiseaux (poules, pigeons) le tronc de la 3® paire dans le crâne, on a constaté que riinage cristallinienne antérieure donnée pai une lumière dans une chambre obscure (image de Puhkinje, voy. p. 881 )
Kig. 2H. — Ol'.il à l'état d'accommodation.
CEil du singe, A, à l'état naturel; B, sous l'action de l't'sérine ' (d'après von Pfi.uck).
devient plus petite et se rapproche de l’image cornéenne. — Chez quelques Mammifères (chiens, chats, lapins), les résultats ont été moins nets. On en a conclu justement, ce semble, que chez eux le pouvoir d’accommodation est moindre que chez les Oiscau.x. Chez ces derniers d’ailleurs le muscle ciliaire est composé de libres striées.
3® Les paralysies du moteur oculaire commun, chez l'homme, s’accompagnent en général de paralysies de l’aceommodation. Il y a quelques exceptions; il semble que celles-ci soient liées à l’intégrité de la partie du nerf qui commande aux mouvements du releveur de la paupière supérieure: quand ce muscle est paralysé, l’accommodation est abolie,
i, Voy. sur l’ésérine p. i80, noie .3.
FONCTIONS SENSORIELLES
Les fibres innervant le muscle ciliaire viennent de la partie antérieure médiane du noyau du moteur oculaire commun. Elles se terminent ‘dans le ganglion oi)fitalmique, d’où elles se dégagent par les nerfs ciliaires courts.
Celte participation du ganglion à l’innervation du muscle ciliaire a été établie par une expérience de Lanülev et Anueuson (18(12) ; l'excitation du tronc du moteur oculaire commun n’amène pas la contraction du muscle ciliaire chez des chats et des lapins préalablement nicotinisés (Lanülev a montré que la nicotine paralyse les cellules ganglionnaires, mais non les blets nerveux); au contraire, l’excitation des nerfs ciliaires courts continue à produire la contraction du muscle.
B. Caractères du phénomène d’accommodation. — L’accommodation est d’ordinaire involontaire et toute spontanée ; elle peut être aussi volontaire, et l’on voit dans ce cas un exemple de muscle lisse soumis à l’action de la volonté. Lorsqu’elle est inv'olontaire, elle résulte d’un réflexe qui a son origine dans la rétine et ses voies de transmission dans le nerf optique, centripète, et dans le moteur oculaire commun, centrifuge [réflexe rélino-pupillaire). Par consé- (paent, l'intégrité de ces cordons nerveux et celle de leurs centres, c’est-à-dire des noyaux d’origine du moteur oculaire commun et sans <!oute aussi des tubercules quadrijumeaux antérieurs S un des relais des fibres optiques, sont nécessaires à l’accommodation.
L’accommodation est simultanée dans les deux yeux; quand un œil s’accommode pour une distance donnée, l’autre s'accommode semblablement, môme s’il ne reçoit pas de rayons lumineux de l’objet regardé par le premier. En même temps il se produit un mouvement de convergence des deux yeux et un rétrécissement des pupilles [réflexe de convergence et d' accommodation) . Il existe donc des associations centrales entre les mouvements des muscles ciliaires, des sphincters pupillaires et des muscles droits internes. Le centre de coordination pour les mouvements de convergence et pour l’accommodation des deux côtés, qui peut entrer en activité indépendamment de la volonté, est cependant aussi sous l’influence de la volonté ; il a donc des relations avec le cerveau.
Les fibres musculaires de la choro'ide sont des fibres lisses ; de là une certaine lenteur dans l’accomplissement de l’adaptation cristallinienne. Le temps de l’adaptation croît avec le rapprochement de l’objet.
Le pouvoir accommodateur diminue progressivement avec l’âge, à partir de dix ans déjà, pour devenir nul vers soixante-dix ou
i. Les lésions des tubercules quadrijumeaux suppriment le réflexe pupillaire et ne nuisent eu rien à la vi.sion.
SENS DE LA VUE
■soixante-quinze ans. Le punctum proxi mum s’éloigne donc peu à peu ■de 1 œil ; à quarante ou quarante-cinq ans un œil normal ne peut plus Aoir nettement en deçà de 25 à 30 centimètres ; c’est cet éloignement du punctum proximum que l’on appelle presbytie ou presbyopie. — La piesbytie consiste donc dans une diminution de la faculté d’adaptation qui ne peut plus se produire pour les objets très rapprochés. C est un état physiologique, qui tient à ce que, avec le progrès de 1 âge, le cristallin, a partir des couches profondes jus(|u’à la périphéiie, devient plus dur, moins élastique, et par consé(|uent ne se prête plus aux changements de courbure dont dépend l’accommodation aux courtes distances ; les contractions du muscle ciliaire restent sans effet sur cet organe durci. Alors le punctum proximum ■se (approche du punctum remotum et le champ de l’accommodation ■en est diminué d autant. — Le remède de la presbytie se trouve dans 1 emploi, pour la vision de près, d’un verre convexe qui, raccouicissant le c<me oculaire, supplée à l’insuffisance d'accommodation.
3“ Défauts de l’appareil de réfraction.
La vision est souvent gênée en raison de diverses imperfections de I appareil dioptrique. On peut diviser celle-ci en imperfections de structure ou anatomiques et imperfections physiques.
A. Inipcrrections anatomiques. — a. Amktropies. — Tout ce ■que nous avons dit jusqu’ici de la réfraction concerne l’œil normal, dit emmétrope (de eù, bien, et [j.£Tpov, mesure), l’œil adapté, en vertu de sa réfraction stati([ue, pourvoir de très loin; sans accommoder, cet œil réunit en un foyer situé sur la rétine des rayons homocentriques parallèles, venus de très loin (fig. 212, E). Mais il y a des yeux anormalement construits, autrement dit amétropes.
Le globe oculaire peut être constitué de telle manière que, quelle que «oit la longueur du cône objectif, le cône oculaire n’est jamais assez court pour que son sommet tombe sur la rétine ; môme quand l’objet lumineux est à l’infini, son image vient se faire au delà de la rétine (voy. fig. 212); le punctum remotum dans ce cas est donc au delà de l’infini ; ce défaut de convergence (de brièveté relative du cône oculaire) constitue Vhypermétropie et les yeux qui en sont atteints sont dits hypermétropes. — Au contraire, le globe oculaire peut être tel que le cône oculaire est toujours trop court, son sommet se faisant toujours en avant de la rétine; les personnes dont 1 œil a ce défaut doivent approcher beaucoup les objets, regarder de très près, pour que, ce cône s’allongeant, son sommet vienne tomber sur la rétine; le punctum remotum est dans ce cas plus près de l’œil que chez les sujets normaux ; cette trop grande brièveté du cône oculaire constitue la myopie (fig. 212) (de g-jeiv, cligner, les myopes clignotent pour
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regarder). — On voit donc que l’hypermétropie et la myopie sont deux états opposés dans le premier desquels 1 œil, à 1 état de repos, sans aucun effort d’adaptation, ne peut voir que des objets très éloignés, tandis que, dans le second, il ne peut, dans les mômes conditions, voir que des objets très
rapprochés. En d’autres termes, hypermétropie et myopie consistent en un déplacement du punctum proximum, soit au delà (hypermétropie), soit en deçà (myopie) de sa place normale.
Une autre défectuosité de la vision, bien différente des précédentes, quoiqu’on l’ait confondue parfois avec l’hypermétropie, consiste en un déplacement du punctum proximum, qui s’éloigne de l’œil ; c’est la presbytie ; nous en avons parlé plus haut (p. 875). L’hypermétrope a un cône oculaire toujours trop long, le myope un cône toujours trop court; mais l’un et l’autre peuvent modifier ce cône par l'adaptation et notamment le raccourcir, comme nous l’avons vu. Le presbyte, au contraire, ne peut presque plus modifier ce cône pour la vision des objets rapprochés ; on voit donc que, si un œil normal peut devenir presbyte, il en est de même d’un œil hypermétrope ou myope, et que la myopie et la presbytie peuvent se trouver combinées. Chez le myope devenu presbyte le champ de l’accommodation est très court, puisque, dans son œil presbyte, le punctum proximum s’est éloigné et que, en vertu de la myopie, le punctum 7'emotum est rapproché; il y a par conséquent peu de distance entre ces deux points.
On a trouvé, pour remédier à ces vices de la vue, des moyens empruntés à l'optique. Il s’agit de modifier les cônes oculaires trop longs ou trop courts; pour cela, on place devant l’œil un verre concave ou convexe. Les plus simples notions de physique permettent de comprendre divergent allongera le cône oculaire, puisqu’il diminuera le pouvoir convergent de l’œil; les myopes feront donc usage de verres concaves. Au contraire, un verre convexe ou convergent raccourcira le cône oculaire, puisqu’il augmentera le pouvoir convergent de lœil; ce sera d'un vei're cowueaîe que feront usage les /iypecmè/ropes pour raccourcir le cône oculaire, de même que les presbytes, lorsqu ils veulent voir de près et qu'alors leur adaptation est devenue impuissante à produire cet effet.
Fig. 21;!. — Œil emmétrope, œil hypermétrope et œil myope.
E, œil emmétrope.
1, œil hypermétrope. Les rayons lumineu.'C, venus même de l'infini (parallèles). donnent un cône oculaire dont le sommet tombe en arrière de la rétine, en a, soit que ce cône soit trop long (défaut de pouvoir convergent dans les niilieu.x de l'œil), soit que la rétine soit trop en avant (œil trop court).
2, œil myope. Les rayons lumineux, venus de l'infini (parallèles), donnent un cône oculaire dont le sommet tombe en avant de la rétine, en b, parce que la rétine se trouve placée trop en arrière (œil trop long). Les recherches de Dos- DKHS ont prouvé que c'était là en effet la cause de la myopie ; on voit sur la figure que le globe de l’œil myope est très allongé d'arrière en avant.
qu un verre concave ou
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Il arrive souvent que les deux yeux ont des valeurs de réfraction différentes. C’est Vanisométropie. Il faut alors corriger les deux yeux.
h. Astigmatismes. — Tous les rayons qui traversent les lentilles ne concourent pas rigoureusement au même foyer ; pour que l’image soit nette, il faut qu’elle se fasse en un point focal et ceci n’a lieu que si les surfaces réfringentes ont la même courbure clans les différents méridiens et, d’autre part, si les milieux sont parfaitement homogènes. Que ces deux conditions ne soient pas réalisées, le foyer des rayons lumineux n’est pas unique. C’est là ce qui constitue l'aberration de sphéricité d’une lentille. Quand les courbures des surfaces réfringentes ne sont pas régulières, il y a. astigmatisme (de â, privatif, et avcyiAa, point) dit régulier. Quand les milieux réfringents ne sont pas homogènes, il y a astigmatisme dit irrégulier.
L’astigmatisme régulier est un défaut de la réfraction si fréquent qu’on peut regarder ses faibles degrés comme existant chez la majorité des individus ; mais d’ordinaire, il ne trouble pas la vision au point d’attirer l’attention du sujet. Il consiste en ce que la coui-bure des surfaces de séparation des milieux de l’œil (et surtout la courbure de la surface antérieure de la cornée) varie plus ou moins sensiblement d’un méridien à l’autre. Supposons par la pensée une cornée pai'faitement normale, séparée en deux moitiés suivant son axe vertical. les fragments conservant leur position primitive, la surface de section présentera une courbure d’un rayon déterminé; supposons cette même cornée divisée suivant son axe transversal : alors la surface de section présentera une courbure identique (œil normal, non astigmatique), c’est-à-dire que ces deux sections appartiendront à une même circonférence du môme rayon. Au contraire, dans un œil astigmatique (et presque tous les yeux le sont), le rayon de l’une sera plus court que le rayon de l’autre ; en un mot, les deux courbures seront inégales. Il est aisé de comprendre que cet écart, s’il vient à être suffisamment marqué, troublera la marche des rayons lumineux au moment où ils pénètrent dans l’œil. En effet, si nous admettons que l’une des circonférences a un rayon notablement plus court que l’autre, nous concluons implicitement que l’œil est myope dans le premier sens, tandis qu’il peut l'être beaucoup moins ou pas du tout et qu’il peut même être hypermétrope dans l’autre sens. Il suffit, pour remédier à ce défaut dans la réfraction de l’œil, de faire traverser aux rayons lumineux une lentille taillée de manière à rétablir l’équilibre entre les méridiens inégaux, de sorte que les rayons lumineux, après avoir subi l’action de cette lentille et celle du milieu cornéen, prennent une direction semblable à celle que présentent les rayons qui auraient traversé une cornée normale. On se sert pour cela de verres empruntés non plus à des surfaces sphériques, mais à des surfaces cylindriques, et on les dispose de manière que la convergence qu’ils produisent selon un seul plan coïncide justement avec le plan du méridien suivant lequel la surface cornéenne de l’œil est moins convexe ; c’est ainsi que se trouve corrigé ce défaut dans la convexité.
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L' astigmatisme irrégulier tient à un manque d’homogénéité de la lentille cristallinienne. Le cristallin se divise en plusieurs segments ou secteurs dont chacun a son loyer propre. Par suite un point lumineux, placé •à une distance de l’œil pour laquelle il n’y a pas accommodation, est vu multiple. Ces points ainsi multipliés se touchent souvent, formant étoile. •C’est pour cela que nous voyons les astres qui sont des points lumineux, sous forme d’étoiles. Cet astigmatisme est extrêmement fréquent, mais il •atteint rarement une valeur gênante.
Ainsi Y œil n'est pas une Lentille aplanétique, c’est-à-dire telle que tous ies rayons qui le traversent se rendent au même foyer.
B. Imperfections physiques. — On peut constater dans l’œil les ■diverses imperfections qui se trouvent dans les appareils physiques -analogues et qui sont connues sous le nom d’a6erra/ions, soit de sphéricité, soit de réfrangibilité.
Nous avons parlé tout à 1 heure de l’aberration de sphéricité, à propos de rasliginatisme, nous n’avons pas à y revenir. Nous verrons cependant j)lus loin que l’iris, comme les diaphragmes des instruments d’optique, remédie en partie à cet inconvénient.
L’aberration de réfrangibilité consiste en une inégale réfraction des divers rayons colorés qui composent la lumière blanche, de sorte que l’œil décompose la lumière ordinaire des objets incolore qui la lui projettent et nous les fait voir plus ou moins colorés; en un mot, Vœil n’est pas un appareil achromatique parfait. Ce défaut ne nous est pas sensible d’ordinaire, par l’elfet de l’habitude, mais plusieurs expériences le rendent évident. Nous n’en citerons qu’une : si on regarde le cheveu d’une lunette -astronomique, en l’éclairant avec de la lumière rouge, on s’aperçoit que, pour le voir avec un autre rayon du spectre (avec une autre couleur), il faut changer la place de l’oculaire ; donc l’œil adapté pour voir avec la lumière xouge ne l’est plus exactement pour voir avec les autres rayons du spectre.
Outre les défauts physiques que nous venons de passer en revue, 41 y aurait lieu d’indiquer encore, parmi les imperfections de l’œil humain, que cet organe n’est sensible ni aux radiations infra-rouges, ni aux radiations ultra-violettes. Mais il s’agit ici d’une imperfection rétinienne.
4® Accommodation de l'œil à la lumière. Physiologie de l'iris.
La choro’ide tapisse exactement en dedans la sclérotique, mais, au niveau de la ligne de jonction de la sclérotique et de la cornée, ■elle se sépare de ces membranes pour entrer dans la chambre antérieure de l’œil et former au-devant du cristallin un diaphragme •appelé iris.
La face antérieure de l’iris est en contact avec l’humeur aqueuse et tapissée par un prolongement de la membrane de Descemet (de la face
SENS DE LA VUE
postérieure de la cornée; voy. fig. 209, en 4 et 13); sa face postérieure est imniédiatemcnt en contact avec la partie péripliérique de la convexité antérieure du cristallin, de sorte que la prétendue chambre postérieure n’existe ])as; sa péripliérie se continue avec la choroïde, dont elle est une dépendance. So« ouverture centrale correspond au centre du cristallin et constitue la pupille ; sur le cadavre, la pupille mesure de 3 à 6 millimètres. — L’iris a la structure de la choroïde ; on y voit de nombreux vaisseaux, des cellules pigmentaires qui forment une couche épaisse à sa face profonde ou postérieure (uvée) et des fibres musculaires. C’est ce dernier élément qui est le plus important; il y a deux muscles iriens, l’un se compose défibrés disposées circulairenient (sphincter de ta pupille) et l’autre défibrés radiées (dilatateur delà pupille)', ces fibres sont innervées par deux nerfs ditférents, les circulaires par \emoteur oculaire commun (racine motrice du ganglion ophtalmique, d’où vient une partie des nerfs ciliaires), les radiées par le grand sgmpathique (racùne sympathique du ganglion ophtalmique, d’où vient un autre groupe des nerfs ciliaires).
Au point de vue fonctionnel, l’iris, écran membraneux, circulaire et contractile, est un véritable diaphragme, placé dans la chambre obscure que forme le globe oculaire, et qui laisse pénétrer plus ou moins de lumière, suivant qu’il se dilate ou se rétrécit.
A. Mécanisme des inouvements de l’iris. — Le resserrement de l’iris est causé par la contraction de ses fibres circulaires ; en se contractant, ce sphincter rétrécit évidemment l’orifice pupillaire, autour duquel il est disposé.
Quant à la dilatation de la pupille, elle est due à la contraction des fibres radiées qui s’insèrent au lieu de réunion de l’iris et des procès ciliaires; ces fibres, qui convergent du bord adhérent de l’iris vers son rebord pupillaire, en se contractant, doivent attirer excentriquement tous les points de ce rebord et par conséquent élargir l’orifice pupillaire et, ce faisant, découvrir plus ou moins le cristallin.
I^•^ERVAT10N DE l’iris. — Ces mouvcments sont commandés, ainsi qu’il a été indiqué tout à l’heure, les uns par le moteur oculaire commun et les autres par le sympathique cervical (voy. fig, 213).
1“ L’excitation du nerf de la troisième paire, surtout à son émergence, amène la constriction de la pupille. Sa section en détermine une dilatation persistante (ce qui prouve la nature tonique de son action); dans ce cas, sous l’influence de la lumière, la pupille ne se rétrécit plus ; mais cette dilatation n’est pas maxirna, elle augmente encore si l’on vient chez l’animal opéré à exciter le grand sympathique on à injecter de l’atropine (l’atropine est un puissant mydrialique).
L’excitation ou la section des filets constricteurs (nerfs ciliaires courts) qui sortent du ganglion ophtalmique (il y en a 6 ou 7 chez le chien) a un ell’et plus marqué que celui de l’expérimentation similaire sur le tronc de
la troisième paire, ce qui prouve l’induence du ganglion ophtalmique sur ia conslriclion pupillaire (iniluence permanente ou tonique). D’ailleurs, Langley et Anderson ont montré, par des expériences analogues à celles qui ont été citées plus haut à propos de l'innervation du muscle ciliaire (voy.. p. 886), la participation du ganglion ophtalmique à l’inner-
Fig. 213. — Schéma de l’innervation de l'iris (d’après B. CuKèo').
Grs, ganglion cervical supérieur ; — P/c, plexus carotidien ; — GG, ganglion de Gasser
— No/i/i, nerf ophtalmique de Willis ; — N/i, nerf nasal ; — MoC, nerf moteur oculaire commun ; — B;n, branche motrice supérieure et Bi, branche motrice inférieure de ce nerf •
— Go, ganglion ophtalmique, d’où parlent les nerfs ciliaires.
Le large trait noir continu dans le tronc du moteur oculaire commun représente les fibres
motrices du muscle ciliaire, le trait , le trajet des nerfs constricteurs de la
pupille, et le trait — , le trajet des nerfs dilatateurs de la pupille.
vation du sphincter irien. Il Faut donc admettre que les fibres du moteur oculaire commun, destinées au sphincter de l’irisr comme celles qui se rendent au muscle ciliaire, se terminent autour des cellules ganglionnaires où prennent leur origine les nerfs ciliaires courts. — L’excitation d’un seul de ces nerfs provoque une constriction partielle du sphincter, ce qui donne alors à la pupille une forme irrégulière.
Les mouvements de constriction de la pupille ont leur centre dans la protubérance.
G’est de la partie antérieure du noyau de la troisième paire que viennent les filets destinés à l’innervation du sphincter irien. Ce centre serait situé (chez le chien) plus profondément que celui du muscle accomrnodateur et en arrière; quand on le détruit, la pupille se dilate et ne réagit plus à la lumière (ne se resserre plus). 11 entre normalementen action sous l’influence des excitations de la rétine dues à l’éclairement de cette membrane. Aussi le resserrement de 1a pupille à la lumière ne se produit plus quand le nerf optique a été sectionné. Gomme il se produit encore après l’extirpation des hémisphères cérébraux, force est de supposer que la relation entre
I \natomiste et chirurgien français contemporain
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les fibres du nerf optique qui conduisent les impressions lumineuses et le noyau du moteur oculaire commun s’établissent en arrière de 1 écorce cérébrale. Cette relation se ferait par l’intermédiaire des tubercules quadrijumeaux antérieurs, d’après des expériences montrant qu à la suite de la destruction desdits tubercules la constriction de la pupille à la lumière ne s'observe plus. Mais les voies d’union entre les fibres optiques réflexes, les tubercules quadrijumeaux et le noyau du moteur oculaire commun n’ont pas été déterminées. — Il suffit qu’un seul œil soit éclairé pour que les deux pupilles se resserrent. Il y a donc un rapport anatomique et fonctionnel étroit entre les centres réflexes de l’accommodation à la lumière des deux côtés. Cette association entre les mouvements pupillaires, de même que celle des mouvements d’accommodation, n’existe que chez les animaux chez lesquels la décussation des nerfs optiques est partielle {homme, chien, chat, etc.); chez les oiseaux, le cheval* le lapin, bref, chez les animaux à décussation complète, le mouvement d’une pupille est indépendant de celui de la pupille opposée.
Le ganglion ophtalmique exerce une influence tonique sur le sphincter irien, puisque la section des nerfs ciliaires courts (pupilloconstricleurs) amène une paralysie plus marquée du muscle ciliaire que la section du tronc môme du moteur oculaire commun. Ce fait ressort aussi des expériences d’e.xcitation de ces mêmes nerfs, puisque cette excitation a pour effet un resserrement plus marqué que celui que détermine l’excitation du bout périphérique du moteur oculaire commun.
2® L’excitation du bout céphalique du cordon sympathique cervical amène une rapide et considérable dilatation de la pupille. Sa section produit une légère constriction pupillaire.
L’excitation des nerfs ciliaires longs, groupe de nerfs issus du ganglion ophtalmique, produit de même la dilatation de la pupille.
Quelle est l'origine de ces filets pupillo-dilatateurs et par où, étant parvenus dans le tronc du sympathique cervical, gagnent-ils le ganglion ophtalmique?
Nous avons fait remarquer, en parlant des nerfs accélérateurs cardiaques (voy. p. 452), que ceux-ci et les pupillo-dilatateurs ont à peu près les mêmes origines médullaires. Il importe maintenant de déterminer exactement les régions d’où proviennent ces derniers et leur trajet.
Les fibres pupillo-dilatatrices sortent dô la moelle par les racines antérieures des deux dernières paires cervicales (G, fig. 214) et des trois premières paires dorsales (D, même fig.) ; les premières descendent vers le ganglion premier thoracique elles secondes, s’engageant dans les rameaux communicants et delà dans le cordon thoracique sympathique, remontent vers le môme ganglion, à l’exception de celles qui, issues des premières et deuxièmes paires dorsales, y vont directement et transversa-
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lenient par les rameaux communicants correspondants. Toutes, ainsi groupées dans le ganglion étoilé, passent par la branche antérieure de l’anneau de Vieussens et, par le sympathique cervical, arrivent au ganglion cervical supérieur (voy. (ig. 211). Là elles se séparent des fibres vasomotrices qui suivent la carotide (voy. fig. 213, p. 892), et par le filet spécial qui réunit le ganglion cervical supérieur au ganglion de Casser, anastomose cervico-gassérienne, gagnent
t’ig. 214. — Schéma des origines médullaires des nerfs pupillo-dilatateurs (d’après Fua.nçois-Franck).
Le trajet des pupillo-dilatateurs est représenté par des lignes pointillées.
C, moelle cervicale ; — 1), moelle dorsale ;
Of/r, ganglion premier thoracique ; — Nr, nerf vertébral ; — AN, anneau de Vieussens ; — Gcf, ganglion cervical inférieur ; — Syc\ sympathique cervical; — Gcs, ganglion cervical supérieur.
ce ganglion. De là, elles passent dans la branche ophtalmique de Willis et parviennent au ganglion ophtalmique, d’où elles sortent par les nerfs ciliaires longs (fig. 213).
— L’excitation de l’une des racines, antérieures ou de Tun des rameaux communicants que nous venons d’énumérer, de même que celle da bord supérieur du sympathique thoracique ou de la branche antérieure de l’anneau de Vieussens, de même enfin que celle de l’anastomose cervico-gassérienne produit la dilatation de la pupille, exactement comme l’excitation du sympathique cervical ou des nerfs ciliaires longs. Ce qui prouve bien que tous les filets pupillo-dilatateurs passent par le filet d’union entre les ganglions de Casser et cervical supérieur, c’est que, après la section de ce filet, l’excitation du cordon cervical sympathique reste sans effet sur la pupille. D’autre part, l’extirpation de l’un quelconque des ganglions situés sur ce trajet, premier thoracique, cervical supérieur, de Casser, ophtalmique, donne lieu à une légère constriction pupillaire; ces centres ganglionnaires ont donc une influence tonique sur les mou-
vements de l’iris.
On a admis longtemps qu’à côté de ces nerfs pupillo-dilatateMrs médullaires il en est d’autres, d’origine bulbaire. Plusieurs physiologistes avaient en etfet constaté que, après l’ablation du ganglion cei'vical supérieur, 1 excitation d’un nerf sensible donne encore lieu à la dilatation pupillaire réflexe. Et comme la section du tronc du trijumeau, entre son point d origine apparente et le ganglion de Casser, détermine, entre autres effets une constriction de la pupille du même côté, on en avait généralement conclu que ces fibres pupillo-dilatatrices bulbaires passent par le triju-
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meau et, dans le ganglion de Casser, se joignent à celles qui viennent de' la moelle. Mais on a montré, d’une part, que la section simultanée du. sympaltiique cervical et du tronc du liijumeau ne supprime pas la dilatation réllexe de la pupille, et, d’autre part, que celle-ci est complètement abolie à la suite de la section combinée du sympathique et du moteur' oculaiie commun. On en conclut à la lois qu’il n’y a point de libres iridomotricesdans le trijumeau et que la dilatation réllexe qui s’observe aprèsla section du sympathique cervical est le résultat d’une inhibition du moteur oculaire commun i.
On vient de voir quelle est la région de la moelle qui donne origine' aux fibres pupillo-dilatatrices. C’est cette région, depuis longtemps déjà connue sous le nom de centre cilio-spinal (Budge), qui représente le centre des mouvements de dilatation de la pupille.
L excitation de toute cette partie de la moelle cervico-dorsale amène ladilatation de la pupille. La mise en activité de ce centre dilatateur se fait habituellement suivant le mode réflexe ou suivant le mode automatique (excitations chimiques).
L excitation d un nerf sensitif quelconque, et particulièrement du sciatique, du pneumogastrique ou du trijumeau, provoque une dilatation plusou moins considérable de la pupille; ce ne sont pas seulement les excitations douloureuses qui ont cet etfet, mais même des excitations assez légères, de telle sorte qu’on a pu considérer à ce point de vue l’iris comme un véritable esthésiornèlre. L’excitation de diverses parties du cerveau, zone dite motrice, circonvolutions temporales, corps strié, couchesoptiques, tubercules quadrijumeaux, détermine semblablement la dilatation de la pupille, probablement aussi par le mécanisme réflexe. Gettedilatation réflexe, consécutive soit à l'excitation d’un nerf sensible, soit à celle de l’une des parties sus-mentionnées du cerveau, n’est pas toujoursempêchée par la section préalable des deux sympathiques cervicaux; mais, dans nombre de cas, elle persiste dans cette condition ; il faut donc alors la rapporter à une action inhibitoire s’exerçant sur le centre des nerfs constricteurs pupillaires.
Le centre dilatateur est excité par le sang asphyxique. Cet effet de l’asphyxie persiste après la section sous-bulbaire de la moelle; il est empêché par la section préalable du sympathique cervical.
La volonté n’agit pas sur le centre dilatateur de la pupille.
Plusieurs des ganglions par lesquels passent les fibres pupillo-dilatatrices paraissent jouer le rôle de centres.
Ainsi le ganglion cervical supérieur et le ganglion premier thoracique exercent une influence tonique sur la muscle radié; la dilatation pupillaire est en effet plus marquée, après la section des fibres sympathiques’ au delà des ganglions qu’après la même section en deçà. — D’autre part.
1. Voy. un bon exposé de cette question dans F. Castelaiix (de Lille) ; Contribution à l’étude de (Arch. d'ophtalmologie, 1907, t. XXVII, p. 3io-3ji).
un travail de Gu. Dubois et l’innervation motrice de riris--
FONCTIONS SENSORIELLES
ie ganglion ophtalmique serait susceptible de transformer des excitations sensibles en incitations motrices; l'excitation d’un nerf ciliaire supérieur, nerf sensible, provoque en effet la dilatation de la pupille, après que le ganglion a été soigneusement séparé de toutes ses relations avec les centres bulbo-médullaires (expérience do François-Fiianck sur le chien, 1881). C’est la un lait qui sera examiné plus loin (p. 1096) avec les faits similaires concernant le pouvoir réllexe des ganglions.
B. Caractères des mouveineiits de l’iris. — La pupille se dilate quand l’objet fixé est très éloigné ou peu éclairé ; dans les cas inverses de lumière vive ou d’objet proche, elle se rétrécit. Le rôle de l’iris consiste donc à ne laisser entrer dans l’œil que la quantité de lumière proportionnelle à la sensibilité de la rétine ou nécessaire pour la vision distincte des objets. Aussi l’iris peut-il être qualifié de diaphragme dont le diamètre d’ouverture est réglé par action réflexe.
Ces mouvements sont lents, parce que les fibres musculaires qui les exécutent sont des fibres lisses, comme celles du muscle ciliaire.
Nous avons déjà, à propos de l’innervation de l’iris, cité plusieurs faits qui établissent la nature réflexe de ces mouvements. Nous avons dit, en particulier, que la volonté est impuissante à provoquer l’un d’eux ; cependant par une voie indirecte on peut agir sur sa propre pupille ; on peut, par exemple, la dilater en regardant un objet très éloigné, en regardant à l’infini, dans le vide ; inversement, on en amène le resserrement en fixant un objet très proche. — La dilatation ou la constriction sont bilatérales, même quand l’accommodation est unilatérale : c’est qu’en réalité celle-ci, comme nous l’avons vu (p. 886), est toujours bilatérale, dans les cas même où un seul œil est éclairé. 11 existe donc des relations entre les centres des mouvements iriens et le centre de l’accommodation ; il y a relation aussi entre ces centres et celui des mouvements de convergence des yeux, car le resserrement de la pupille est associé au mouvement de rotation en dedans du globe oculaire (mouvement des muscles droits internes).
L’iris d’un œil énucléé d’anguille ou de grenouille reste contractile à la lumière pendant plusieurs jours (Brown-Séquard, 1847, 1859). C’est là un fait qui prouve remarquablement l’action directe de la lumière sur le tissu musculaire. On a montré par la suite que l’iris de beaucoup de Poissons et d’Oiseaux et de quelques Mammifères présente la même propriété.
Il est un bon nombre de substances qui ont la propriété de resserrer ou d’élargir la pupille. Les premières sont des myoliques et les secondes des mydriatiques : l’ésérine ou physostigmine (voy. p. 186, note 3) est le type de celles-là; l’atropine, le type de celles-ci. L’ésérine agit en excitant les
SENS DE LA VUE
terminaisons des nerfs ciliaires courts; c’est donc une substance antagoniste de l’atropine, qui agit en paralysant les mêmes terminaisons Chez les Oiseaux, dont le sphincter irien est formé de fibres striées, l’atropine ne dilate pas la pupille. Après la section du moteur oculaire commun, ces deux poisons, instillés dans l’œil, conservent leur action excitante ou paralysante.