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De double, et ii, œil

SENS DE LA VUE

dirigeons le regard pour voir. Sans la vision indirecte'... on serait comme un individu qui voudrait se conduire dans la rue à travers un tube étroit. — L’état inverse, c’est-à-dire l’absence de la vision directe, s’observe assez fréquemment; un tel individu s’oriente normalement dans la rue, mais ne distingue rien, pas môme les traits de son interlocuteur'. >>

a. Appréciation de la distance des objets. — Nous jugeons la distance des objets à l’œil d’après la grandeur apparente de l’objet (voy. p. 860) et en établissant des comparaisons entre cette grandeur et celle d’objets voisins déjà connus; à cette appréciation servent aussi les caractères de l’image, c’est-à-dire sa netteté et la perception de détails plus ou moins nombreux. L’exercice et l’habitude développent beaucoup ce jugement.

La vision monoculaire suffit à l’appréciation de la distance.

b. Appréciation de la grandeur des objets. — Nous jugeons de la grandeur des objets (appréciation de la surface ou des deux dimensions, hauteur et largeur) d’après les dimensions de l’image rétinienne (voy. p. 877) et d’après l’estimation de la distance à laquelle ils se trouvent de notre œil.

L’appréciation ne serait pas exacte si on ne tenait compte que de la valeur de l’angle visuel (angle formé par les deux lignes visuelles qui passent par les deux extrémités de l’objet) ; en effet, des objets de grandeur différente peuvent donner des images rétiniennes égales (étant vus sous le même angle visuel), s’ils sont placés à des distances directement proportionnelles à leurs grandeurs. 11 n’en va pas ainsi, et en réalité nous jugeons de leurs différences de taille, parce que nous apprécions leurs distances respectives. Nous pouvons alors conclure que, de deux objets placés à des distances différentes et qui paraissent de taille égale, le plus éloigné est le plus grand.

Et ceci montre bien que nous ne voyom pas les objets dans leur grandeur réelle, puisque nous ne les voyons pas linéairement, mais sous une grandeur angulaire; nous jugeons de leur grandeur réelle, d’après des indications qu-i ne sont nullement contenues dans l’image rétinienne.

L’exercice joue un grand rôle dans ce jugement.

c. Appréciation du relief des corps. — L’appréciation de la troisième dimension ou perception de la profondeur nous fournit la notion de la solidité des corps. Elle est due.surfout à la vision binoculaire

1. L. Frederico et.I.-F. Nuel, Èlémenls de physiol. humaine, G* édit., Gand et Paris, igio, p. 5Ô2.

2. C'est grâce à la convergence des axes oculaires (voy. plus loin, p. 930) que les deux yeux fonclionnen-l comme un seul œil, recevant l’image du même objet. Chez les Vertébrés inférieurs et môme chez la plupart des Mammifères, chaque œil a un champ visuel distinct ; aussi la perception de la troisième dimension du relief doit-elle manquer à peu près complètement chez ces animaux.

FONCTIONS SENSORIELLES

La vue des reliefs tient essentiellement en effet à ce que chacun des deux yeux voit le même objet sous un angle différent (fig. 222); les centres oerêbraux fusionnent ces deux impressions a et 6 en une seule, laquelle donne la notion du relief. C’est ce que démontre remploi du stéréoscope, instrument dans lequel chaque œil regarde à travers un prisme l’image

d’un objet prise pour chacun des yeux à un point de vue différent; la fusion de ces deux images donne la sensation du relief de l’objet.

Ln un mot (Helmiiolïz), dans la stéréoscopie, deux sensations, reconnaissables l’une de l’autre, arrivent simultanément à notre conscience; leur fusion en une notion unique de l’objet extérieur ne se fait pas par un mécanisme préétabli de l’excitation de l’organe sensoriel, mais par un acte psychique.

Sur toutes les questions de ce genre, l’histoire des aveugles-nés qu’on vient d’opérer est décisive. Au moment où ils recouvrent la vue, ils éprouvent les mêmes itnpressions visuelles que nous ; mais leurs centres des perceptions visuelles n’ont pas fait, dans leurs rapports avec les autres centres, la même éducation que les nôtres : ce qui leur manque, c’est ce que nous avons acquis. Le plus souvent, nous l’avons déjà dit (voy. p. 923), au moment où, pour la première fois, iis voient le monde extérieur, ils croient que tous les objets qu’ils aperçoivent touchent leurs yeux ; ils ne savent ni situer, ni interpréter leurs impressions rétiniennes.

Dans la vision monoculaire, on peut avoir aussi, mais imparfaitement, la sensation du relief. Celle-ci est alors due à l’appréciation de la perspective, c’est-à-dire des différences d’éclairement des objets, et surtout aux mouvements de la tête (en raison des relations établies entre les impressions rétiniennes et les sensations musculaires ou articulaires produites par ces mouvements [modifications de l’image perçue, déplacements de l’image, quand nous inclinons diversement la tète]).

d. Appréciation des déplacements des objets. — Aous jugeons du mouvement des corps par des moyens différents, suivant que l'œil est immobile ou qu’il se meut. Dans le premier cas, le jugement de mouvement résulte de ce que l’image du corps se produit successivement en des points différents de la rétine, sans que les muscles de l’œil se soient contractés. Dans le second cas, ce jugement provient de la sensation des contractions musculaires effectuées pour déplacer l’œil, afin que le regard puisse suivre l’objet qui se déplace et dont l’image alors se fait sur le même point de la rétine

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