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Hermann Munk, physiologiste allemand, mort en ioi9 a fnii

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FONCTIONS SENSORIELLES

des nerfs oculogyres, coiunie il existe un chiasnia. des nerfs opücjues, et les nerfs Uénii-oculo'rnoteurs sont les correspondants des nerls hénii-oplifiues.

Les excitations qui agissent sur les centres oculo-moteurs pour déterminer les mouvements des yeux sont ou bien volontaires (nous pouvons diriger volontairement le regard dans toutes les directions), ou surtout réflexes ; toute impression rétinienne (même sur une seule rétine), les excitations auditives, les olfactives, etc., provoquent les mouvements coordonnés des globes oculaires.

Les mouvements de convergence s’accompagnent, on l’a déjà vu (p. 886 et 8%), d’un réflexe accomrnodateur et d’un réflexe pupillaire.

2“ Organes protecteurs de l’œil.

Ces organes sont très divers, comprenant deux des enveloppes de l’œil, la sclérotique et la cornée, les paupières et une glande, la glande lacrymale.

A. SclcrotiqiiG et cornée. — La sclérotique est comme le squelette de l’œil. C’est la membrane destinée à maintenir la forme du globe oculaire et à donner insertion aux muscles qui le meuvent. Fibreuse chez l’homme, elle devient cartilagineuse et même osseuse chez les Oiseaux et les Iteptiles.

En avant, la sclérotique se modifie. De blanche et opaque, elle devient transparente et incolore et constitue la cornée, que nous avons étudiée en tant que milieu réfringent (p. 875).

B. Paupières. — Les paupières protègent le globe oculaire beaucoup mieux que les deux membranes précédentes.

L'occlusion des paupières, qui est volontaire, ou involontaire comme dans le sommeil, ou réflexe comme dans le clignement, non seulement protège l’œil contre une lumière trop vive ou contre l’action des corps étrangers, mais aussi repose la vue. Le clignement est provoqué par toutes les causes qui amènent 1 occlusion des paupières en général; il l’est encore par la sécheresse plus ou moins grande de la sclérotique et de la cornée; il a pour résultat de lubrifier la cornée au moyen des larmes et de la sécrétion des glandes de Meibomius; il est causé par le besoin de cligner, sensation spéciale consécutive à une excitation des rameaux sensitifs du trijumeau (terminaisons sensitives de la conjonctive, de la cornée, de la muqueuse nasale, etc.), qui est transmise au bulbe. L occlusion des paupières est produite par la contraction du sphincter palpébral ou orbiculaire, qui est innervé par le facial.

SENS DE LA VUE

L ottvei lure des paupières est volontaire et sous la dépendance d’un muscle antagoniste du précédent, le releveur de la paupière supérieure, qu innerve le moteur oculaire commun. C’est donc le même neif qui assure à la fois les mouvements du globe oculaire et ceu.x d accommodation et le relèvement de la paupière. Il est clair que, si la paupière n était pas relevée, les mouvements de l’œil ne serviraient de rien. L’ouverture des paupières est la condition même du fonctionnement de l’œil.

Les sourcils Ql les cils tacilitent le rôle de protection des paupières soit contre les lumières trop vives, soit conti’e les corps étrangers. Les soui'Cils en particulier empêchent la sueur du front de couler dans les yeux qu’elle irriterait.

Aux paupières sont annexées diverses glandes dont la sécrétion, qui en lubrifie le bord libre, en facilite le glissement. Ce sont les glandes de Meibomius^, glandes sébacées, qui occupent l’épaisseur des cartilages tarses et dont les orifices s’ouvrent sur la lèvre postérieure du bord libre des paupières ; les glandes ciliaires, annexées aux follicules des cils, qui sécrètent une matière sébacée; l’excès de cette matière donne lieu à la blépharite ciliaire; les glandes de Moll, petites glandes analogues aux glandes sudoripares, qui s’ouvrent entre les cils ou dans les follicules des cils; et enfin la caroncule lacrymale, petit corps glanduleux, situé dans le grand angle de l’œil et fwmé par la réunion de dix à douze glandes sébacées.

G. Appareil lacrymal. — Cet appareil se compose d’une glande

qui sécrète le liquide lacrymal, les /armes, et d’une série de canaux qui font passer ce liquide dans les fosses nasales.

La glande lacrymale, formée de lobules analogues à ceux des glandes salivaires, est située à la partie supérieure de l’angle externe de l’œil.

a. J1ÉCANIS.ME DE LA SÉCRÉTION LACRYMALE. — On ifa pu étudier les phénomènes chimiques et circulatoires intraglandulaires liés à la formation des larmes; on ne connaît guère que les phénomènes histologiques; de plus, il a été fait de nombreuses recherches sur les nerfs excito-sécréteurs.

Les cellules de la glande, transparentes, volumineuses, sont nettement distinctes les unes des autres; après la sécrétion, elles se montrent diminuées de volume, et leurs contours sont beaucoup moins nets. Les granulations protoplasmiques passent dans le produit de sécrétion, qui, sous forme de gouttelettes, remplit souvent toute la cellule.

1. Mkibomiüs, anatomiste allemand (1638-1700); son vrai nom est Meyüaum.

Les fibres sécrétoires (excrétoires) sont contenues dans le nerf lacrymal, dans la branche fournie à ce nerf par le rameau orbitaire du nerf maxillaire supérieur.

L excitation du bout périphérique de ce nerf détermine une sécrétion abondante (expériences sur 16 chien, le chat, le lapin, etc.). Sa section empêche la sécrétion réflexe provoquée par l’excitation du nerf frontal, nasal, lingual, etc.

Ces fibres proviennent-elles du trijumeau? L’excitation intracrânienne de ce tronc nerveux n’a pas toujours donné un résultat positif; d’autre part, 1 extirpation du ganglion de Casser chez l’homme ne supprime pas la sécrétion lacrymale.

Les fibres sécrétoires proviendraient du facial qu’elles quitteraient au niveau du ganglion géniculé pour s’engager dans le grand nerf pétreux superficiel; elles arriveraient par cette voie au ganglion sphénopalatin, traverseraient le nerf maxillaire supérieur et suivraient le rameau orbitaire qui en émane et aboutit au nerf lacrymal. De fait, après la section intracrânienne du facial, on n’observerait plus de sécrétion; et, chez l’homme, dans les cas de paralysie complète du facial, il en est de même.

L’excitation du bout céphalique du sympathique cervical donne lieu aussi à une sécrétion lacrymale; mais les larmes présentent, dans ce cas, des caractères particuliers, semblables à ceux de la salive sympathique (voy. p. 180); elles sont troubles et épaisses, tandis que celles qui résultent de l’excitation du nerf lacrymal sont limpides et transparentes, plus abondantes d’ailleurs.

D’après des expériences de S. .Abloing (1890-1891), le sympathique cervical contiendrait aussi des fibres fréno-sécrétoires pour la glande lacrymale; après la section de ce nerf, en effet (expériences sur le bœuf et sur la chèvre), il y aurait hypersécrétion lacrymale du même côté.

Le centre de la sécrétion lacrymale réflexe se trouverait dans la couche optique. Mais on sait l’influence des causes psychiques sur cette sécrétion ; il n’est donc pas douteux que celle-ci ne soit commandée souvent par l’écorce cérébrale. Les excitations parties de l’écorce gagneraient toujours aussi la couche optique.

b. C.4USES DE LA SÉCRÉTION. — La sécrétion des larmes est continue, mais peu abondante.

Cette sécrétion est sûrement d’origine réflexe. L’excitation des filets conjonctivaux la détermine, et ainsi est maintenue l’humidité constante de la conjonctive. Si un corps étranger vient irriter la cornée, il y a aussitôt hypersécrétion de larmes qui le dissolvent ou qui l’entraînent. — Les excitations d’autres filets du trijumeau ont le même effet, celles par exemple des fosses nasales. Celles du nerf optique (e.xcitation de la rétine par une lumière éclatante) provoquent également la sécrétion. .Alais, dans ce cas, celle-ci est bilatérale. tandis que, dans le cas d’excitation des branchesdu trijumeau,

SENS DE LA VUE

la glande seule du côté correspondant sécrète. Nous avons rappelé plus haut l’influence des excitations psychiques, causes des pleurs.

c. Excrétion des larmes. — De l’angle externe de l’œil, les larmes sont étalées jusqu’à l’angle interne par les seuls mouvements de 1 orbiculaire, qui, en produisant le clignement, les répand dans le sac conjonctival. Ainsi le clignement des paupières assure la transparence de la cornée, car il y étale un liquide qui en prévient le dessèchement, tout en restant eu couche assez mince et assez égale pour ne pas troubler la vision. Un peut donc dire que le clignement est à l’œil ce que la déglutition est à l’oreille (voy. p. 843), et les deux mouvements se produisent d’une façon intermittente et très liéquente. Lun des premiers effets de la paralysie des paupières est l’inflammation de la cornée, qui, par défaut de circulation et d’étalement des larmes, se trouve soumise aux injures de l’air et des poussières ambiantes.

Les larmes s’évaporent en grande partie, mais il en reste toujours un excès qui, ne pouvant s’écouler normalement sur les joues par lo bord libre des paupières, vu la présence sur ces bords de la sécrétion grasse des glandes de Meibomius, s’accumule dans l’angle interne de l’œil, au niveau de cette excavation que l’on nomme le lac lacrymal. De là les larmes pénètrent par les points lacrymaux et suivent les canaux lacrymaux, le sac lacrymal et le canal nasal, pour arriver dans les fosses nasales, au niveau de la partie antérieure du méat inférieur.

Pour expliquer la progression du liquide lacrymal, on a invoqué bien des raisons qui n’ont pas toutes une égale valeur. On admet généralement que. dans les mouvements d'inspiration, la raréfaction de l’air des fosses nasales produit une aspiration sur le canal nasal et, par suite, sur toute la série des canaux et sur le sac c[ui le précèdent, et que cette légère aspiration suffit pour déterminer le cours des larmes à l’état normal. Aussi, lorsque les larmes sont plus abondantes, faisons-nous, pour faciliter leur passage, de brusques inspirations, comme dans le sanglot L Les voies lacrymales sont garnies de valvules dont le nombre est variable, mais qui sont toutes disposées de manière à ne permettre le cours des larmes que dans un seul sens et à s’opposer à tout reflux.

d. Le produit de la sécrétion, les larmes. — C’est un liquide limpide, incolore, alcalin, de saveur salée, contenant 98-99 p. 100 d’eau et seulement 1 ou 2 de parties solides. Celles-ci consistent en un peu d’albumine et des matières minérales dont la plus grande partie, 1 gramme au moins, est du chlorure de sodium.

1. On sait que, quand la sécrétion est trop abondante, elle déborde les n-... pières et couîe le long des joues. ^

FONCTIONS SENSORIELLES

Le liquide lacrymal a une pression osmotique supérieure à celle du sérum sanguin ; il est en effet isotonique à une solution de chlorure de sodium à 1,4 p. 100 (voy. p. 7o).

e. Rôle des lahmes. — Les larmes empêchent la dessiccation de la cornée par l’évaporation; elles maintiennent donc l’humidité et le poli de cette membrane et par suite sa transparence. Leur pression osmotique élevée pai-aît être en rapport avec ce rôle en prévenant leur trop facile évaporation.

Les larmes ont encore un rôle, mais qui ne se rapporte plus à l’appareil visuel. Elles contribuent en effet à lubrifier les voies respiratoires ; parla elles s’opposent à l’action desséchante du courani d’air de la respiration ; nous savons que les fosses nasales forment un appareil qui s’échauffe et devient humide par l’air inspiré ( voy. p. 540) ; les larmes, humectant l’entrée des voies aériennes, cèdent à l’air inspiré de la vapeur d’eau. Les Mammifères qui respirent un air saturé d’humidité, comme les Cétacés, n’ont pas de glandes lacrymales.

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