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LE NEURONE. — LOIS DE L’ACTIVITÉ NERVEUSE

faibles s'additionnent clans la substance nerveuse. Le fait a été démontré avec les excitants thermiques, électriques et chimiques. La ligure 234 en donne un exemple.

2“ Les excitations épuisent rapidement la cellule. Nous avons vu de ce fait divers exemples en étudiant les fonctions sensorielles. L’expérience représentée sur la ligure 234 en présente un cas facile à constater. Le prolongement cylindre-axile de la cellule, au

Fig. 231. — Réflexe par sommation d’excitations électriques (d'après W. SrinuNC ').

Expérience sur une grenouille. — 1, mouvements de la jambe ; — 2, durée de l'excitation — 3, secondes.

On voit que, après le début de l'excitation, il se produit quelques petites secousses, puis, après un temps perdu de plusieurs secondes, une forte contraction. — Si on continue les excitations, la préparation reste néanmoins au repos durant quelques secondes ; c’est que le mécanisme réfle.xe se trouve momentanément épuisé ; puis de nouveau survient une forte contraction.

contraire, est extrêmement résistant; et, à ce sujet, nous aurons à examiner plus loin la question de Vinfatigabilité des nerfs.

3<^ L’activité des cellules nerveuses présente une phase réfractaire. 11 s’agit ici d’un phénomène tout à fait analogue à celui que nous connaissons pour le cœur (voy. p. 401).

Une excitation électrique de la zone dite motrice de l’écorce cérébrale reste inefficace si elle n’est séparée de la précédente par un temps de un dixième de seconde. Telle est donc la durée de la période réfractaire cérébrale (d’après les expériences d’ANORÉ Broca et Ch. Richet sur le chien, 1897). 11 est d’un haut intérêt de rapprocher de ce fait ce que nous connaissons sur la vitesse des mouvements volontaires et sur la fusion de certaines excitations sensorielles; ainsi on sait qu’on ne peut guère répondre à plus de 9, 10, 11, ou peut-être 12 excitations motrices par seconde (les muscles pourtant peuvent donner 30 ou 40 secousses dissociées par seconde) ; et on sait aussi que la fusion des impressions rétiniennes

1. Physiologiste anglais contemporain, professeur à i'Université de Manchester.

Gley. — Physiologie.

commence à se faire quand les excitations discontinues so succèdent à des intervalles de moins de un dixième de seconde.

On est alors amené à penser avec A. Uiioca et Ch. Richet que la période de vibration des cellules cérébrales est d’environ un dixième de seconde, puisque ces cellules ne peuvent recevoir plus de dix impressions ou donner plus de dix excitations motrices par seconde ; c’est donc qu’après chaque excitation il y a une période d’inertie durant laquelle elles sont inexcitables.

Dans les éléments sensibles de la moelle épinière, la période réfractaire (expériences sur la grenouille) varie de 0%25 à ü%5.

4® Les cellules nerveuses ont la propriété de modifier le rythme des excitations qu’elles reçoivent, de telle sorte que les excitations qu’elles envoient aux organes périphériques se produisent suivant un rythme qui leur est propre. Ceci se déduirait déjà de l’existence de la période réfractaire que nous venons de démontrer. Mais on en a des preuves directes ; en voici une ;

Des excitations de la moelle (expériences sur le lapin) d’une fréquence de 43 par seconde déterminent des réactions motrices d’une fréquence de 20 par seconde seulement. Au çontraire, si ce sont les nerfs périphériques que l’on excite, au nombre de ces excitations (43 par seconde) correspond exactement le nombre des contractions musculaires.

Tous ces faits montrent que les cellules nerveuses ont des propriétés commîmes et des modes communs de réagir. Mais il existe aussi entre elles et entre leurs fonctionnements des différences.

Une donnée fondamentale et qui domine la physiologie du système nerveux suffit à dévoiler toute l’étendue de ces différences, c’est l’hétérogénéité des fonctions des divers groupes de cellules nerveuses. Par cela même qu’il s’est établi dans ces groupes des spécificités fonctionnelles, c’est que les conditions de leur fonctionnement, processus physiques et phénomènes chimiques, sont dissemblables ; il est même possible qu’il se soit produit des différences plus ou moins importantes dans la constitution chimique des cellules appartenant à des groupes divers. En dehors de cette donnée générale et première, on peut citer quelques faits qui contribuent à mettre en lumière les dissemblances entre neurones.

Ce sont d’abord des différences d’excitabilité.

L’excitation d’une racine postérieure médullaire détermine dans la moelle elle-même un courant d’action; l’excitation d’une racine antérieure n’a point cet efl'et, elle ne se propage donc pas au delà des cellules motrices. — 11 semble donc que l’excitation suit toujours le sens de la conduction radiculaire.

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