Physiologiste italien contemporain
Heure ou postérieure chez le chien. Une fois remis du traumatisme, l’animal peut marcher, courir, exécuter tous les mouvements combinés qui s ac« complissent par les muscles des deux côtés du corps ; la paralysie proprement dite disparaît ainsi en quatre à cinq jours. Mais, en dehors de ces mouvements d’ensemble et automatiques, les mouvements propres du membre considéré restent maladroits : la ])atte, par exemple, glisse sur le sol, elle fléchit souvent; si on la place dans une position anormale, l’animal ne la déplace pas (perte des sensations musculaires) ; s’il savait la donner au commandement, il ne peut plus le faire; il ne sait plus tenir un os pour le ronger.
D'autre part, ces paralysies seraient transitoires. Nous venons de voir que la paralysie vraie ne dure que quelques jours chez le chien. Aussi l’a-t-on attribuée à des actions inhibitoires résultant du traumatisme. Les phénomènes d’inhabileté motrice (avec l’anesthésie cutanée et musculaire qui les accompagnent, comme nous le savons [voy.p. 1009]) sont plus durables ; ils persistent souvent cinq à six mois. Us finissent aussi par s’amender, du moins en apparence, chez le chien et le chat. — Par là s’est posée la question des suppléances cérébrales : puisque les troubles observés disparaissent à la longue, n’est-ce pas parce que les parties enlevées peuvent être fonctionnellement remplacées par des parties voisines ? En réalité, la restitution fonctionnelle n’est qu’apparente. Aux impressions qui lui font défaut pour déterminer ses réactions motrices, l’animal supplée au moyen d’autres impressions sensorielles, celles de la vue par exemple ; et, si on fait marcher l'animal opéré, les yeux bandés, les troubles moteurs reparaissent. La restitution n'est d’ailleurs complète que dans le cas d’extirpations corticales très limitées. Dans les cas d’extirpations assez étendues, il persiste toujours dos altérations de la sensibilité superficielle et profonde. — Chez les singes, les troubles de la motricité volontaire sont définitifs.
On verra plus loin le trajet de la dégénérescence descendante consécutive à la destruction de la zone rolandique (p. 1038).
3. La comparaison de tous ces faits avec ceux que fournissent les observations anatomo-cliniques chez l’homme est très instructive.
Ces observations ne sont vraiment probantes que si elles concernent des cas dans lesquels, à l’autopsie, on a constaté une lésion destructive unique, ancienne et bien limitée.
Dans ces cas on a vu que les phénomènes paralytiques sont en rapport avec l’étendue de la lésion. Aussi a-t-on observé des hémiplégies tolales (paralysie des membres et de la face) du côté opposé à l’hémisphère malade i, ou àes monoplégies (paralysie d’un membre ou d’un côté de la face). Nous avons déjà fait remarquer (voy.p. 1009) que ces phénomènes de paralysie sont accompagnés d'anesthésie. On possède aujourd’hui un bon nombre d’observations dans lesquelles les troubles moteurs et à la fois sensitifs étaient exactement limités à un membre et où à l’autopsie on a trouvé une lésion corticale bien localisée.
1. C'est ce qui dislingue l’hémiplégie d’origine cérébrale de l'hémiplégie spinale, celle-ci étant homonyme (du môme côté que la lésion).
Ces paralysies ne sont pas plus complètes chez 1 homme que chez le ■singe, d abord totales, qlles s’amendent peu à peu, en ce sens que les mouvements associés et en partie, au moins, automati(iues, comme la marche, se rétablissent; cependant il subsiste toujours de la parésie. Quant aux mouvements volontaires plus délicats, ils sont détinitivement abolis.
Comme les destructions expérimentales chez les animaux, les destructions pathologiques ont pour conséquence une dégénérescence descendante (jui montre d’une façon caractéristique le trajet des voies motrices (vov. nlus loin, p. 1038). ^
Remarquons que ce sont des segments de membres qui sont ainsi trappes de paralysie et d’anesthésie. 11 n’y a pas dans l’écorce cérébrale de centre spécial pour un nerf déterminé, radial ou sciatique. La volonté est en effet impuissante à pi-ovoiiuer la contraction du groupe des muscles innervés par le sciatique ou par tel autre nerf. La volonté fait e.xécuter des mouvements, tels que la fle.xion d’un segment de membre sur un autre, dans lesquels agissent des muscles innervés par ditférents nerfs ^ et même seulement des parties de muscles, d’autres parties des mêmes muscles pouvant par leur ■extension produire des mouvements inverses^. Aussi l’hémiplégie ne Il appe-t-elle pas des muscles isolés, mais des groupes de muscles e,ssociés dans un même mouvement, supination, flexion, rotation, etc.
B. Interprétation des effets que déterminent les excitations et les dcstruetions de l’écorce sensitivo-niotrice.—
On a d’abord considéré la zone rolandique comme étant une réunion décentres moteurs, au sens propre de ce mot, c’est-à-dire de groupes cellulaires dont l’excitation expérimentale ou l’irritation pathologique détermine directement des réactions motrices de la face, des membres ou du tronc, D. Ferriek surtout, puis Cii vRcoTet son école ont soutenu cette théorie. Mais nous savons sûrement que les destructions de cette région entraînent toujours des pertes de sensibilité; nous de\ ons cette connaissance particulièrement au.x expériences de Sciiiff (1873-187/), à celles de R. Tripier^ et à ses observations cliniques (1880;, à celles de IL Munk (1881-1890), à celles des physiologistes et pathologistes italiens Luci.vxi, Seppii.u, ïamrurixi (1878-1885), Faut-il en conclure simplement qu’à côté des centres moteurs il y •a des centres sensitifs, mêlés les uns aux autres dans les mêmes régions et fonctionnant simultanément ?