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2. Exemple ; le bord supérieur du trapèze soulève l’omoplate, le bord inférieur du meme muscle l’abaisse. Ainsi, comme l'a très bien dit René du Bois-

lEVMOND^ , les muscles isolés ne sont que des unités anatomiques, mais non des ■unîtes mecanico physiologiques.

8. Médecin français contemporain, ancien professeur à l’Université de Lyon. Phy.siologisle allemand contemporain, professeur à l’Université de Berlin.

J. SouiiY a posé la question avec un sens critique très sûr : «Rien de plus net, dit-il, que les paralysies motrices ipii succèdent à l’ablation et aux lésions destructives des mêmes aires corticales ; mais de quelle nature sont ces phénomènes de parésie ou de paralysie des mouvements? Le chien auquel on a enlevé les deux gyrus sigmoïdes ne présente point pour cela de paralysie motrice proprement dite, si l’on entend par ces mots un délaut absolu de motilité... De ce qu’un chien, après l’ablation des zones motrices, peut marcher, éviter les obstacles, broyer et déglutir ses aliments, bref, exécuter tous les mouvements automatiques et réflexes, tous les mouvements associés et profondément organisés, dont l’intégrité des centres bulbomédullaires est la condition suffisante, il ne suit pas qu’il puisse présenter volontairement la patte, la retirer devant une aiguille menaçante ou s’en servir avec adresse pour saisir un os.

« Ces troubles de la motilité volontaire, en entendant par cette expression tout mouvement précédé d’une représentation mentale de 1 action à effectuer, ni Hitzig, ni Munk, ni Goltz, ne les ont jamais vus s'amender et disparaître quand les régions motrices avaient été exactement enlevées sur les deux hémisphères; dans le cas contraire, une portion de ces centres avait sûrement été épargnée... *. » Et J. Soury montre ensuite avec une grande richesse d’informations comment la conception des centres purement moteurs s’est trouvée ruinée par les découvertes relatives aux altérations de la sensibilité tactile et musculaire produites par l’ablation de ces centres.

Les troubles de la motricité volontaire que nous avons analysés ne dépendraient-ils pas de ces altérations de la sensibilité ? On 1 a pensé pour les raisons suivantes :

De nombreux faits démontrent que la précision et la cooidination des mouvements ne sont assurées que grâce aux impressions cutanées et kinésiques.

Depuis les expériences de Gu. Bell et celles de M.cgenlie, on sait que la section du nerf maxillaire supérieur (branche du trijumeau, nerf sensible), sur ràne ou sur le cheval, empeche ces animaux de saisir leur nourriture avec leurs lèvres, à ce point que la seclion du trijumeau, en ce qui concerne la préhension des aliments, équivaut à celle du nerf moteur des muscles des lèvres, le facial. Plus lard (1858), Claude Bernard vit que l’anesthésie qui résulte de la section des racines postérieures correspondant aux membres intérieurs, sur la grenouille, amène l’incoordination motrice et même la perle des mouvements volontaires (voy. p. fiai). Ces expériences ont .'■té reprises surlesingeparMoTTetSHERRiNüTon(18fi5),et de l’analyse soignée à laquelle ces auteurs ont soumis les animaux opérés il ressort que, après la section de toutes les racines sensitives d’un membre, les mouvements de la main cl ceux du pied sont perdus définitivement; ceux du coude et de l’épaule, du genou et de la hanche sont moins troublés ; l’acte de grimper, la préhension des aliments, etc., à l'aide du membre dont la sensibilité est abolie, ne sont plus possibles ; le bras, par exemple, pend inerte le long du corps ; de temps en temps seulement il participe à des mouvements

3. J. Soury, Le système nerveux central, Paris, 1899, p. 1018.

automatiques associés à ceux du bras normal. Bref, Mott et Sueriuncton concluent que cotte impotence motrice ressemble de très jjrès aux troubles de la motricité consécutifs à l’ablation du territoire cortical (jui commande les mouvements du membre considéré.

Il y a donc- des relations ti'ès étroites entre la sensibilité et la motricité volontaire? C’est sur ces rapports que S. Exner a fondé sa doctrine de la Senso-Mobilitat (sensitivo-inotricité) (1891 j qui n’en est que l’expression systématique; par sensitivo-motricité il désigne la faculté de se mouvoir, en tant qu’elle dépend d’impressions sensibles arrivées aux régions du système nerveux central d’où partent les incitations au mouvement volontaire.

On saisit alors les phénomènes qui paraissent concourir à la production d’un mouvement volontaire. C’est d’abord la perception d’impressions cutanées et kinésiques ; et c’est la représentation du mouvement à accomplir, localisée dans les centres rolandiques, d’où sort le courant nerveux efférent. Évoquées, les sensations cutanées et surtout kinésiques (articulaires, musculaires) déterminent l’activité de ces régions qui sont, comme on va le voir tout à l’heure, en rapport direct avec les centres proprement moteurs, bulbo-médullaires. On comprend que, si la perception de ces impressions tactiles et musculaires est abolie, l’exécution des mouvements devient impossible. Ce n’est pas que l’animal soit devenu incapable de se mouvoir; mais, par suite du défaut d’impressions périphériques, les stimulations corticales cessent de se produire qui mettent en jeu les centres moteurs vrais (bulbo-médullaires). 'foute motilité dépend en ce .sens d’impressions sensibles. A ce point de vue, le mouvement volontaire, l’action motrice corticale, se rapproc’ne singulièrement de l’action réflexe.

Reste à se demander, — et on revient par là à la question posée au début de celte analyse, — si les cellules des centres rolandiques sont « motrices » ou « sensibles » ou à la fois motrices et sensibles. Nous dirons avec Fuedericq etNuEL que « cette distinction fonctionnelle, empruntée aux nerfs périphériques, ne saurait être appliquée au système nerveux central qu’avec des restrictions extrêmes. — ^ Les territoires corticaux plus spécialement moteurs sont riches en grandes cellules pyramidales ; ceux des organes des sens en renferment moins. On incline donc à voir dans ces cellules des éléments moteurs et, dans les petites cellules, des éléments sensibles... Pour ce qui regarde les éléments sensibles, la question est plus douteuse. D’abord, il n’est pas certain que les libres corlicopètes se continuent dans les cellules corticales. D après la théorie du neurone, les arborisations terminales de ces fibres s articulent avec les cellules corticales, notamment avec les

les voies motrices cérébro-médullaires 1037

cellules pyramidales. Mais en quel endroit leur état fonctionnel devienl-il conscieiU? Beaucoup de neurones “rticaux n eme pas même de prolongement sorUnt de ecorce : d un eête ils s aU

Lient avec des libres corlicopètes. et de

neurones dits moteurs. Où cesse ici la « sensibilité >

mence la « motricité »* ?

20 Les voies motrices cérébro-médullaires.

Les prolongements cylindre-a.xiles des cellules de la zone rolandique, après avoir traversé le centre ovale, se trouvent reunis dans les deux tiers antérieurs du bras postérieur de la capsule interne (vov. lig. 239, p. 1007), entre le noyau lenticulaire du corps strie et a

couche optique. L’extrémité antérieure de ce segment de la capsu e . . <• rr/rraioiiiô fintit los übces se renaent aux

Fig ‘>00- Constitution du pied du pédoncule (d’après Van Gehuchten).

1. voies motrices pour les nerfs crâniens; - 2 (avec les deux segments adjacents), fibres pyramidales; — 3, voies cortico-ponto-cérébelleuses.

novaux de l’hypoglosse et du facial inférieur ; le reste du segment

constitue le faisceau pyramidal (fibres des autres nerfs moteurs de

la moelle allongée et de la moelle). Ces faisceaux se retrouvent dans le pied du pédoncule cérébral correspondant (voy. tîg. 255). Dans le bulbe, le faisceau pyramidal forme la pyramide antérieure ; là, ses fibres s’entre-croisenl pour la plus grande partie avec celles de la pyramide du côté opposé et, dans la moelle, constituent le faisceau pyramidal croisé du cordon latéral (voy. tig. 235, p. 997)

1 L. Fredericq et .I.-P. Ndf.l, Éléments de physiologie humaine, 6» édition, Gand et Paris, 1910, p. 529-53o.

qui contient au moins 90 p. 100 des libres. La partie non entre-croisée des libres de la pyramide forme le faisceau pyiamidal direct. Ce premier neurone (cérébro-spinal) se termine dans les cellules des noyaux des nerfs crâniens ou dans celles des cornes antérieures de la moelle. Les prolongements cylindre-axiles de ces cellules (second neurone, neurone médullaire) deviennent les libres

radiculaires et enlin les libres des nerfs périphériques. 11 sulïit donc de deux neurones articulés entre eux pour transmettre jusqu’aux muscles les incitations volontaires.

Telles sont les voies motrices directes. 11 y a en outre des voies motrices indirectes. Ce sont celles qui relient l’écorce cérébrale à la moelle par rintermédiaire du cervelet {voies cortico-ponto-cérébello-spinales).

Nous les indiquerons lorsque nous étudierons les fonctions du cervelet.

Que le trajet des voies rnofrices soit bien celui que nous venons de résumer, une preuve générale le montre d’abord.

Les destructions, soit expérimentales, soit pathologiques, de l’écorce périrolandique sont suivies d’une dégénérescence

~ dégenerescpnce descen- descendante de tous les fais-

(lante dans la pyramide à la suite d’une lésion de

la capsule interne gauche (d‘après h-oiNGEn), ceaux blancs intra- encépha-

liques que nous avons énumérés jusqu’aux fibres jiyramidales. 11 en est de même à îa suite des lésions de la capsule interne (voy. fig. 2o6).

On peut en outre établir successivement la présence des conducteurspour les stimulations corticales motrices dans le centre ovale, dans la capsule interne, dans le pied du pédoncule cérébral, dans la pyramide antérieure bulbaire et dans le faisceau pyramidal médullaire.

1. Après extirpation de la zone rolandique, l’excitation des faisceaux blancs sous-corticaux (couronne rayonnante) provoque des mouvements du côté opposé du corps. — La section de ces faisceaux blancs d’un côté amène une paralysie, transitoire chez le chien, persistante chez le singe.

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