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LES VOIES MOTRICES CÉRÉBRO-MÉDULLAIRES

des muscles du côté opposé. - Les lésions destructives de cette région fronto-pariélale, chez I homme. ont pour conséquence la paralysie persistante du côté opposé {hémiplégie cérébrale totale)-, les lésions limitées, donnent lieu à, des monoplégies.

2. Les excitations de la capsule interne, dans sa partie motrice, a\ en arrière, donnent lieu à des mouvements des paupières, des yeux, de la tète, de la bouche et de la langue, puis des .livers segments des membres du côté opposé. — Les destructions de cette portion de la capsule interne chez les animaux (expériences de Ybyssière [voy. p. 1007] et ( o quelques autres) et celles qui se produisent chez l’homme à la suite d hémorragies des artères lenticulo-optiques et lenticulo-striées, souvent athéromateuses, entraînent une paralysie complète de la moitié opposée du corps, sans anesthésie (séparation dans la capsule des conducteurs moteurs et des conducteurs sensitifs). A noter que Ion constate dans les membres du même côté de la faiblesse musculaire et de l’exagération des réflexes, preuve manifeste qu’il y a des fibres directes unissant chaque hémisphère avec les muscles des membres du côté correspondant. L’hémiplégie est partielle, si la destruction de la capsule interne est

incomplète. , , i

3. La section transversale complète du pied du pédoncule cérébral

paralvse toute la moitié opposée du corps.

4. Descendues du pied pédonculaire, les fibres des pyramides s’entrecroisent pour former le faisceau pyramidal en se séparant d autres fibres qui, continuant leur route directe, constituent le faisceau pyramidal homolatéral. L’excitation faradique d’une pyramide produit en effet des mouvements dans les membres du côté opposé (expériences de Weuthei- MER et Lepage sur le chien, 1896). — Cependant la section transversale complète des pyramides ne met pas obstacle à la transmission motrice. En effet, cette opération ne paralyse pas les animaux (Schiff, 1873). Ce que confirment les expériences dans lesquelles Brown-Séquard (1889), puis Wertheimer et Lepage (1896) ont vu que la faradisation de la zone rolandique continue à provoquer des mouvements des membres après la section transversale des deux pyramidales. — Ces faits donnent à penser que la voie pyramidale ne constitue pas la seule voie par laquelle les incitations volontaires parviennent aux muscles. La capsule interne et le pied pédonculaire contiennent certainement d’autres voies descendantes (voy. fig. 255). Seulement celles-ci ne sont pas encore connues (voy. plus bas l’analyse des expériences de Wertheimer et Lepage).

5. Les expériences d’excitation des cordons antéro-latéraux delà moelle sont à peu près impossibles, parce qu’on ne peut pas ne pas exciter en même temps les fibres radiculaires antérieures. Mais les expériences de section suffisent à démontrer les voies conductrices de la motricité dans la moelle. Or, la section des cordons postérieurs et de la substance grise n’est suivie d’aucune paralysie; seule, la section des cordons latéraux entraîne une paralysie des muscles dans les régions situées au-dessous de l’endroit sectionné et du même côté; la paralysie est plus complète si les cordons antérieurs sont coupés en môme temps. D’autre part, après destruction de l’écbrce dite motrice ou d’une pyramide bulbaire, on trouve dans la moelle-

lOiO

üeux faisceaux dégénérés, l’un du côté opposé à la lésion effectuée, le

faisceau pyramidal croisé du cordon latéral (fig. 238 A, p. 1006) et l’autre du même côté (jue la lésion, le faisceau pyramidal direct ou faisceau de Türck (fig. 238 A, U. 1006).

Cependant l’expérimentation physiologique et les observations cliniques ont montré qu’une lésion de l’hémisphère gauche produit une hémiplégie droite; les conducteurs des mouvements volontaires subissent donc une décussation complète avant d'arriver aux cornes antérieures.

Ainsi le faisceau pyramidal direct ne serait pas direct jusqu’au bout, mais irait finalement se terminer dans les cornes antérieures du côté opposé; à cet effet ses fibres, en approchant de leur terminaison inférieure, se jettent dans lâi commissure antérieure et passent de cette manière dans l’autre moitié de la moelle, pour y atteindre les cornes antérieures. La décussation des fibres pyramidales se ferait donc en plusieurs temps: d’abord, et pour le plus grand nombre des fibres, d’un seul coup, au niveau de la continuité du bulbe et de la moelle (au collet du bulbe [en 3, fig. 257]), puis successivement dans toute la longueur de la moelle, au niveau de la commissure antérieure (en PD, fig. 233).

Les conducteurs moteurs volontaires se rendent en définitive dans la moitié de la moelle opposée à l’hémisphère cérébral d’où ils partent. En d’autres termes, à l’état normal, c'est l’hémisphère cérébral gauche qui commande les mouvements de la moitié droite du corps et l'hémisphère droit ceux de la moitié gauche. La figure 237 donne un schéma de l’ensemble de ces dispositions.

Fig. 237. — Schéma du trajet des

faisceaux pyramidaux {.Mathias

Duval).

HH, hémisphères cérébraux (le cerveau est vu par sa face antéroinférieure ; donc, l'hémisphère gauche est sur le côté droit de la figure . il en est de même pour la moelle) ; — CC, hémisphères cérébelleux ; — 1, pédoncules cérébraux;

— 2, protubérance annulaire ; — 3, collet du bulbe où se fait la décussation incomplète des pyramides (leur faisceau le plus externe ne se déçusse pas); — de 4 à 5, tronçon de moelle où on voit le trajet des faisceaux pyramidaux venant de l’hémisphère gauche; ils sont en noir; les faisceaux pyramidaux venus de l’hémisphère droit et figurés en blanc ne sont pas indiqués dans ce tronçon ;

— en 6, coupe de la moelle (surface de section de l’extrémité inférieure du tronçon précédent), pour montrer la décussation, dans la moelle, des faisceaux de Türck.

Telle est du moins l’opinion encore adoptée généralement. Cependant, de pai divers faits d’ordre anatomique et physiologique, la question s’est posée de savoir si les fibres du faisceau de Türck

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