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Influence du cerveau sur les fonctions organiques

Ce ne sont pas seulement des incitations moti’ices qui partent de l’écorce cérébrale, mais aussi des stimulations qui mettent en jeu presque toutes les fonctions organiques. On ne peut que passer une revue rapide de ces faits, car la systématisation en est à peine commencée et le trajet des voies qui conduisent les stirnulations corticales aux divers centres spéciaux du mésocéphale, de la moelle allongée et de la moelle, est encore indéterminé.

On peut provisoirement classer ces actions cérébrales suivant la nature des organes qu’elles influencent, muscles striés (autres que les muscles des mouvements volontaires), muscles lisses viscéraux et autres et glandes*.

Presque toutes les expériences dont nous allons résumer les résultats ont été faites sur le chien.

1. Nous avons indiqué déjà l’influence de l’écorce cérébrale sur les mouvements respiratoires (voy. p. 567) et la nature de cette influence (p. 578).

L’écorce n’agit pas moins sur les mouvements du larynx. Quand nous étudierons les fonctions de cet organe, nous reviendrons sur cette question.

On a vu (p. 186) que la formation du bol alimentaire est sous la

1. On pourrait aussi les classer suivant les fonctions qu’elles mettent enjeu, fonctions digestives, circulation, respiration, sécrétions, etc.

Gley. — Physiologie.

dépendance du cerveau. Nous avons appris depuis (p. 1030) que l’excitalion d’un des territoires de la zone rolandique provoque des mouvements de la bouche, des mâchoires et de la langue, toutes parties dont le fonctionnement synergique concourt à préparer les aliments pour la déglutition.

On a voulu trouver dans les centres de ces muscles des mâchoires et de la langue ou à côté un centre cortical de la déglutition.

L’inlluence du cerveau sur le sphincter anal a été signalée p. 282. L’excitalion directe de l’écorce, en arrière du sillon crucial (sur le chien), détermine la contraction de cesplüncter. Chez le singe, Sherrington a localisé un centre ano-cortical sur la partie postérieure du lobule paracentral.

2. L’excitation du gyrus sigmoïde* détermine des contractions du pylore; elle provoque aussi des contractions péristaltiques de l’intestin grêle et des mouvements du gros intestin.

La faradisation du gyrus, à l’extrémité externe, fait contracter les trompes utérines.

Les mêmes excitations, portées sur la partie interne des segments antérieur et postérieur du gyrus, donnent lieu â.des contractions de la vessie, avec expulsion de l’urine. Inversement, on pourrait, par des excitations de la partie externe du segment postérieur de la même circonvolution, provoquer la contraction du sphincter vésical.

Nous avons vu (p. 468) l’inlluence de l'écorce cérébrale sur les mouvements du cœur, et nous avons signalé (p. 483) celle des irritations sensorielles et de quelques phénomènes psychiques sur les vaisseaux. Par la faradisation de la partie postérieure du gyrus, on détermine d’ailleurs des phénomènes de vaso-constriction et, par celle de quelques points voisins, des phénomènes de vaso-dilatation.

A l’action vaso-motrice de l’écorce cérébrale on pourrait sans doute rattacher l’influence thermo-régulatrice du cerveau (voy. ce que nous en avons dit p. 803). Les phénomènes de vaso-constriction ou de vaso-dilatation que peuvent déterminer les excitations de l’écorce contribuent à régler la production de chaleur. Que l'on se rappelle d’ailleurs que les impressions thermiques aboutissent à l’écorce de cette zone sensitivomotrice. Et l’on sait le rôle de ces impressions (voy. p. 796, 797 et 800) dans la régulation thermique. D’autre parL l’écorce peut exercer une action thermogénétique, encore qu’indirecte. En effet, les excitations de la zone rolandique, en tant que motrice, donnent lieu à une production de chaleur, liée au travail des muscles.

Nous avons indiqué (p. 895) l’action de l’écorce sur les mouvements d’élargissement de la pupille. Mais les excitations de la zone rolandique peuvent aussi déterminer la constriction pupillaire.

3. L’excitalion du gyrus et des régions voisines fait sécréter toutes les glandes salivaires des deux côtés.

Par l’excitation de la circonvolution située en avant du gyrus, on obtiendrait la sécrétion sudorale. L’intluence du cerveau sur cette sécrétion ressort d’ailleurs des observations connues de sudations locales d’origine émotive et quelquefois môme par l’effet du travail intellectuel.

1. Le gyrus et les parties voisines du sillon crucial correspondent aux circonvolutions rolandiques et à la scissure de Rolande.

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