INFLUENCE DU CERVEAU SUR LES FONCTIONS ORGANIQUES
Nous avons vu (p. 936) que la sécrétion lacrymale est souvent dépendante d’excitations cérébrales. La faradisation de la partie interne des circonvolutions antérieure et postérieure du gyrus provoque directement cette sécrétion.
4. On peut aussi par l’excitation de divers points de l’écorce voir se produire, au lieu de réactions positives comme celles que nous venons de signaler, des réactions de sens inverse, c’est-à-dire des arrêts de fonctions, des actions inhibitoires.
C’est ainsi que 1'e.xcitation d’une région très voisine du gyrus détermine la dilatation du cardia. On a semblablement obtenu le relâchement des’ parois intestinales (l’arrêt des contractions péristaltiques). On a vu aussi survenir le relâchement du sphincter de la vessie. Quant aux faits dé ralentissement du cœur par influence cérébrale, ils sont d’observation courante.
Des actions d’arrêt sécrétoire ont été également observées à la suite d’excitations faradiques de l'écorce, telles que l’arrêt des sécrétions biliaire et pancréatique. Bien des observations, d’autre part, montrent que sous l’influence d’émotions, comme la peur, la sécrétion salivaire peut être complètement tarie {xérostomie la volonté peut inhiber la sécrétion
lacrymale.
Quelle est la nature et quel est le mécanisme de cette influence du cerveau sur les fonctions organiques? De ce que la suppression des régions cérébrales, dont l’excitation provoque les réactions que nous avons ^ues, n’entraîne nullement des pertes de fonctions, on a conclu qu’il n’y a point là d’appareils réellement centraux, dans le sens d’appareils producteurs d’actions motrices ou sécrétoires. -Mais nous savons que la zone dite rnotrice n’est pas davantage productrice de mouvements; les excitations qui partent de cette zone mettent en jeu les véritables centres moteurs. Son rôle, dans la fonction motrice volontaire, n’en est pas pour cela moins important. De même, les excitations corticales mettent en Jeu les centres respiratoires, cardiaques, vaso-moteurs, sécrétoires, etc. Et il est probable que nous ne voyons pas encore toute l’étendue de leur rôle. <( En somme, dit Murat, aucun organe n’écbappe à l’influence cérébrale » Et il ajoute avec raison que cette donnée, relative à l’action du cerveau sur les mouvements de la nutrition, avait été accueillie d’abord avec défiance, « parce qu’elle était en désaccord avec l’idée par trop simple qu’on s’est faite longtemps sur le partage des fonctions entre les deux grandes divisions du système nerveux ^ », système cérébro-spinal et système grand sympathique. Aujoui-d’bui