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CONDUCTIBILITÉ DES NERFS

Les cai’acfères du phénomène de conduction sont les suivants : la conductibilité n a lieu que dans les fibres excitées ; elle se lait

dans les deux sens; elle se fait avec une vitesse déterminée, mesurable.

1. Quand on excite l’une des branches d’orif'ine du nerf sciatique (1 expérience se lait aisément sur la grenouille), tous les muscles innervés par ce nerf ne se contractent pas ; l’excitation ne se transmetqu'aux muscles auxquels se rendent les fibres de la branche excitée. Il en est de môme quand on excite un nerf d'un plexus nerveux quelconque; l’excitation ne se communique pas aux fibres voisines. C’est là ce que J. MüiÆERa appelé la loi de la transmission isolée.

2. Quand on excite un nerf artificiellement, l’excitation se transmet dans les deux sens. Trois expériences principales démontrent ce fait de la ■conductibilité indifférente.

Quand on excite en son milieu un segment de nerf réséqué, on constate que le courant d’action se manifeste aux deux extrémités de ce nerf.

On divise en deux chefs le muscle couturier delà grenouille à son extrémité inférieure; on excite mécaniquement l'un de ces chefs, et l’on voit se contracter 1 autre aussi. Ce que l’on explique par l’existence dans les deux bandelettes musculaires de fibrilles nerveuses provenant d’une même fibre, de telle sorte que l’excitation d’une de ces fibrilles se transmet dans le sens centripète jusqu à la fibre-mère et de celle-ci aux autres fibrilles dans le sens centrifuge.

Sur le Malaptérure (voy. p. i28), dont chaque moitié de l’organe électrique est innervée par un seul cylindre-axe très gros qui fournit de nombreuses subdivisions, on sectionne une de ces subdivisions périphériques et on excite son bout central; on provoque ainsi une décharge de tout 1 organe. Pour cela il a fallu que l’e.xcitation se propage d’abord dans le sens centripète jusqu’à la fibre-mère et de celle-ci aux autres branches dans la direction centrifuge.

La conductibilité indifférente est donc réelle dans les conditions expérimentales. Mais dans les conditions physiologiques l’excitation d’un nerf part toujours de son extrémité, périphérique pour les nerfs centripètes, centrale pour les nerfs centrifuges; et conséquemment les nerfs ne conduisent que dans un sens.

3. La vitesse de la transmission dans le nerf a d’abord été mesurée par Helmholtz en 1830, pour les nerfs moteurs de la grenouille. Le principe de cette belle expérience, qui fut ensuite appliquée aux nerfs sensitifs, est le suivant : on porte une excitation sur un nerf successivement en deux points irrégulièrement distants de son organe terminal (muscle pour le nerf moteur, cerveau pour le nerf de sensibilité), et on apprécie la différence de temps après lequel a lieu la réaction (contraction ou sensation) (voy. fig. 269). Par cette méthode la vitesse de conduction a été trouvée, pour les nerfs moteurs de la grenouille, de2o mètres par seconde. Chez les

grands iMammifèl’es (âne, cheval, expériences de Chauveav, 1878), elle est en moyenne de 65 mètres. Chez l’homme elle est, pour les nerfs sensitifs aussi bien que moteurs, de 80 à 40 mètres. Chez les Vertébrés inférieurs et les Invertébrés, les chilfres obtenus sont différents: on a trouvé des vitesses de 2 à 4 ou o mètres seulement dans des nerfs de Poissons, une vitesse de 6 à 12 mètres dans le nerf de la pince du Homard et, chez six espèces de Mollusques de Californie (recherches du physiologiste améri-

tig. 260. — Mesure de la vitesse de la Iransmissicn nerveuse moirice.

Deu.x excitations successives du sciatique sur une grande grenouille ; ces excitations se font en E. Contractions du muscle gastrocnémien, Mj et M2. L'excitation se fait d’abord en wi point du nerf très éloigné du muscle (ligne M.), puis en un point plus rapproché du muscle (ligne M.2) ; dans ce dernier cas la contraction C suit de ptus près l'excitation E. La différence de temps entre G et C' mesure la durée de la transmission nerveuse sur une longueur connue du nerf ei par conséquent exprime la vitesse de cette transmission.

Supposons que la distance entre les deux points du nei'f excité soit de 5 centimètres et que le retard de .Mj sur soit de t/500 de seconde (le diapason enregistreur D vibrant 500 fois par seconde, on voit que le temps compris entre les deux conti'actions G et G' est de un 500* de seconde), la vitesse de la conduction est de 25 mètres par seconde.

cain A. J. Caulsu.n, 1904), des vitesses variant de 0“,44 à plus de 4 mètres par seconde. A mesure que se sont multipliés les objets d’étude, on voit donc que l’on a constaté des vitesses de conduction dilférentes.

La vitesse est moindre si on fait baisser la température; elle devient plus grande si l’on augmente celle-ci; sur une grenouille chauffée par exemple (placée dans de l’eau dont on fait monter progressivement la température jusqu'à 35°), la vitesse dans le nerf sciatique s’élève à 43 mètres par seconde. Rien d’étonnant donc à ce que, d’une façon générale, la vitesse de la transmission nerveuse soit moindre chez les animaux à sang froid. Chez les Mammifères hibernants, elle peut tomber à 1 mètre.

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