I. — Classification des nerfs
D’après ce qui précède, le principe de cette classification s’impose. H faut d’abord diviser les nerfs en centripètes et centrifuges.
Expérimentalement cette distinction est facile à faire : 1“ on sectionne le nerf dont on recherche la fonction : cette section est suivie de la paralysie du mouvement dans la région innervée, s'il s’agit d’un nerf moteur, de la paralysie de la sensibilité dans cette région, s’il s’agit d’un nerf sensible; 2» on excite successivement le bout périphérique et le bout central du nerf sectionné ; dans le premier cas, on constate des phénomènes de mouvement, si le nerf interrogé est moteur; dans le second, des manifestations douloureuses et des mouvements réflexes, si le nerf interrogé est sensible. Dans le premier cas on peut en outre observer des resserrements vasculaires (ou des dilatations, si les fibres vaso-dilatatrices prédominent sur les vaso-constrictives) et la sécrétion d’une glande. — La section d’un nerf mixte, c’est-à-dire contenant à la fois des fibres sensitives et motrices, ce qui est le cas ordinaire, amène en même temps de la paralysie du mouvement et de la sensibilité; et l’excitation de l’un et de l’autre bout de ce nerf est efficace.
On peut encore distinguer dans un même tronc nerveux les fibres sensitives des fibres motrices au moyen de l’élongation de ce tronc; le résultat habituel de cette opération est en effet de diminuer et même de supprimer la conductibilité sensitive sans altérer la conductibilité motrice. G’est en particulier ce que l’on a observé dans l’élongation du sciatique.
Au moyen de ces épreuves très simples, on reconnaît donc dans un tronc nerveux la présence de fibre.s centripètes et de fibres centrifuges.
i098 FONCTIONS DU SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
Les nerfs centripètes transmettent jusqu’au cerveau des excitations spéciales. Pour chaque sorte d’impressions donnant lieu à des sensations spéciales, il y a des conducteurs nerveux (voy. Fonchons se.nsolUELLES, p. 800 et suiv.).
Les nerls centriluges sont moteurs ou sécréteurs ou inhibiteurs (ou d'arrêt). Plus exactement on peut distinguer dans les troncs nerveux des libres motrices, sécrétoires et inhibitrices. Les libres motrices se subdivisent à leur tour en motrices des muscles striés et motrices des muscles lisses (dans lesquelles il faut comprendre les vaso-motrices). — On a souvent admis en outre l’existence de nerfs trophiques. Les preuves que l’on a apportées jusqu’ici en faveur de cette existence sont discutables. Nous en avons examiné quel(jues-unes (p. 978).
Cette classilication physiologique étant posée, le plus simple, pour 1 étude des lonctions des nerls, est de diviser ceux-ci en nerfs rachidiens et nerfs crâniens.
Parmi ces derniers, plusieurs ne contiennent qu’une seule sorte de fibres nerveuses; les nerfs spinaux contiennent tous des libres centripètes et des libres centrifuges.