Sauf le génio-hyoïdien qui est innervé par l'hypoglosse
2. Le muscle interne du marteau est une portion du segment musculaire embryonnaire de 1 arc ma.xillaire. On conçoit donc que ce muscle doive tirer son innervation de la racine motrice du trijumeau, comme tous les autres muscles da cet arc, cest-a-dire qu'il partage l'innervation des muscles masticateurs (Mathias D UVAL, 1882).
La section intracrânienne du trijumeau trouble tous ces actes et amène l’anesthésie de la face. De plus, les muscles de la face restent sans mouvement; ils ne sont point paralysés pourtant, puisque leur nerf moteur est le facial; mais ce trouble de la motricité résulte de la perte de la sensibilité de la région (voy. p. 1035). Enfin il se produit des troubles trophiques de l’œil (voy. p. 978).
6° Nerf moteur oculaire externe.
C’est le troisième des muscles moteurs du globe oculaire. 11 innerve le seul muscle droit externe. De là son nom de nervus abducens.
7® Nerf facial.
Le facial est un nerf mixte.
Par ses rameaux terminaux, il préside aux mouvements de tous les muscles peauciers de la tête, depuis le frontal et l’occipital, y compris le buccinateur, jusqu’au muscle peaucier du cou. 11 innerve aussi les muscles qui agissent dans le premier temps de la déglutition (voile du palais, muscles styliens, ventre postérieur du digastrique) et, dans l’oreille, le muscle de l’étrier (voy. p. 841). Par suite, les paralysies du facial de causes superficielles ne sont caractérisées que par la déviation des traits de la peau (la moitié de la peau paralysée est immobile et les traits sont déviés du côté sain), tandis que les paralysies de cause profonde amènent de plus de la gêne dans la déglutition (déviation de la luette, etc.) et dans l’audition, — Parce qu’il commande aux mouvements de la face, le facial est le mrf de l'expression. Dans la paralysie du facial, l’œil ne peut se fermer, par défaut de contraction de l’orbiculaire des paupières ; les lèvres et les joues sont fiasques et se soulèvent à chaque expiration (on dit que le malade « fume la pipe»); le visage est sans expression.
Le facial contient d’autres fibres centrifuges : les fibres vaso-dilatatrices de la partie antérieure de la langue (voy. p. 476) et de la glande sousmaxillaire (voy. p. 181) et les fibres sécrétoires de la même glande (voy. p. 179) et de la glande sublinguale (voy. p. 182) et enfin celles de la glande lacrjmale (voy. p. 936).
Dès sa sortie du tronc stylo-mastoïdien, le nerf facial devient sensible en raison des fibres qu’il reçoit du trijumeau et du pneumogastrique.
Le nerf de Wrisberg, qui accompagne le facial à son origine, est un nerf centripète. C’est la racine sensible du facial de laquelle proviennent les fibres gustatives de la corde du tympan (voy. p. 856).
8° Nerf acoustique.
Le nerf de la VIII* paire, exclusivement centripète, est composé de deux branches à fonctions absolument distinctes, la branche
LES NERFS CRANIENS
auditive ou cochléaire ^voy. p. 833, 846 et lOU) et la branche vestibulaireou ampullaire (voy. p. 833, 944 et 1028).
9“ Nerf glosso-pharyngien.
La IX“ paire est mixte dès son origine.
Ce nerf commande aux mouvements du pharynx (avec le facial, le pneumogastrique et le spinal [voy. p. 197J). En tant que nerf centrifuge, il fournit encore les fibres vaso-dilatatrices de la glande parotide (voy. p. 177) et celles de la partie postérieure de la langue (voy. p. 476) et les fibres sécrétoires des glandes dos joues et des lèvres (voy. p. 182).
La glosso-pharyngien donne, d’autre part, la sensibilité à la base de la langue et à l’isthme du gosier et aussi à la trompe d’Eustache et à la caisse du tympan (par le rameau de Jacobson). Les excitations des filets de 1 isthme du gosier provoquent, suivant leur nature, soit la déglutition soit des nausées et le vomissement. Les filets gustatifs de la base de la angue sorit tournis par le glosso-pharyngien (voy. p. 851 et 856), qui est le nerf du goût le plus important: il est aussi le nerf du dégoût (nerf naMseewx).
10“ Nerf pneumogastrique.
Le nerf delà X* paire est un nerf mixte, dit trisplanchnique,^e.rœ qu’il donne la sensibilité et le mouvement aux trois grands organes splanchniques, cœur, poumons et estomac (avec l’intestin) et à leurs dépendances. 11 faut remarquer que les impressions sensibles qu’il transmet sont obtuses, nullement ou rarement localisées et n’engendrent que des sensations vagues; elles ne donnent lieu d’ailleurs qu’à des réQexes le plus souvent inconscients. De même, les mouvements auxquels commande ce nerf sont presque tous réflexes.
A l’appareil digestif le pneumogastrique donne des fibres sensibles- au pharynx (voy. p. 197), à l'œsophage (p. 198), à l’estomac, à l’intestin grêle {voy. p. 275). 11 innerve aussi les muscles du pharynx (p. 197), de l’œsophage (p. 198), de l’estomac (p, 231), de l’intestin grêle (p. 275) et de la partie supérieure du gros intestin (p. 281). Mais il n’est pas seulement moteur, il contient aussi des fibres inhibitrices pour l’estomac (voy. p 232)
Enfin 11 fournit les nerfs sécréteurs de l’estomac (voy. p. 206) et du pam crcâs (p. 23/).
Au cœur il donne ses nerfs sensibles (nerf dépresseur. voy. p. 465) et ses oevis modérateurs ou inhibiteurs, nerfs centrifuges (voy. p. 462). et quelques filets accélérateurs (p. 459 et fig. 110, p. 459),
1 respiration le pneumogastrique donne la sensibilité à
la glotte, à la trachée, aux poumons (voy. p. 573 et suiv.) et le mouvement aux muscles du larynx (par les récurrents, voy. p. 529 et 577). 11 innerve aussi les fibres musculaires lisses des bronches (voy. p. 530) et il fournit à la muqueuse du larynx (par le laryngé supérieur) ses fibres vaso-dilatatrices (voy. .*;7). Enfin il est le nerf sécréteur des glandes de la trachée.
Gley. — Physiologie.
Encore quQ la^ sensibilité des organes que les pneumogastriques innervent soit obtuse, les fonctions centripètes de ces nerfs sont importantes, en raison particulièrement des actions réflexes que déterminent les excitations qu’ils transmettent : déglutition (voy. p. 1 97), vomissement (p. 233), ho(juet (par excitation de la muqueuse gastrique), variations de la pression artérielle (excitations du nerf dépresseur, voy, p. 465), toux (voy. p. 573), variations du rythme respiratoire (voy. p. 573), etc.
En tant que nerf centrifuge, on peut dire que le pneumogastrique est un nerf type, en ce sens qu’il contient toutes les espèces possibles de libres centrifuges : motrices, motrices de muscles lisses, inhibitrices, sécrétoires.
La question a été très discutée de savoir si les fibres centrifuges du pneumogastrique appartiennent bien à ce nerf ou si elles ne viennent pas de la branche interne du spinal. Celle-ci se jette tout entière dans le nerf vague. Elle n’est constituée que par les fibres bulbaires du spinal. Or, ces fibres, après la section intracrânienne du nerf, peuvent être suivies par la dégénérescence secondaire dans le tronc du pneumogastrique et dans ses branches; il a été reconnu qu’elles pénètrent toutes dans le nerf laryngé inférieur et vont innerver uniquement le muscle thyro-aryténoïdien (Van Gehuchte.v et Bochenek, 1900-1901), tous les autres muscles du larynx étant innervés par le pneumogastrique; elles ne se rendent donc ni à l’appareil digestif ni au cœur; en ce qui concerne ce dernier organe, nous avons en effet montré déjà (voy. p. 462) que ses nerfs d’arrêt proviennent du nerf vague. Aussi a-l-on pensé que les fibres bulbaires du spinal, dont l’origine se trouve dans une longue colonne grise qui appartient sûrement au pneumogastrique, doivent être rattachées à celui-ci ; indépendantes du spinal, elles ne s'y accoleraient que momentanément, en passant à travers le trou déchiré postérieur, pour revenir ensuite dans leur tronc originel.
Des expériences faites sur le porc paraissent d’abord contraires à cette manière de voir. Sur cet animal, la branche interne du spinal, au lieu de se jeter tout de suite dans le pneumogastrique, dès la sortie du trou déchiré postérieur, ne se réunit à ce nerf que derrière le larynx, où se trouve le ganglion plexiforme. C’est là une disposition très favorable à l’excitation et à la section isolée de cette branche interne (Lesbre et Maignon). Or, des recherches de ces deux physiologistes, il résulte que la branche interne du spinal est, chez le porc, le nerf moteur essentiel de tout le tube digestif, depuis le pharynx jusqu'au rectum, qu’il est également le nerf moteur du larynx et des bronches, le nerf sécréteur de l’estomac et du pancréas et enfin le nerf modérateur du cœur. Par suite, le nerf pneumogastrique est, chez cet animal, purement sensitif*.
Malgré ces résultats, le fond de la question n’a pas changé. On peut en
1. F.-X. Lesbre et F. Maignon, Journ.de physiol. el de palhol. générale, X, p. 377-391, 415-429, 828-843 ; 190S.
LES NERFS CRANIENS
effet toujours considérer cette branche interne du spinal du porc, dont
seulement plus grande chez cet animal, omme ôtant la racine motrice de la X« paire.
11“ Nerf spinal.
comme n“û- moleu.-, par sa branche externe,
comme pa sa branche interne, dont nous venons de parler à propos de la physiologie du pneumogastrique ei a propos
ettiXt;rr^^
i-2° Nerf grand hypoglosse.
nonr ® exclusivement moteur, pour la langue,
pour un muscle sus-hyoïdien, le génio-hyoïdien, et pour tous les
hypoglosse a été coupé, onf non 1 ** l’animal ne peut plus mouvoir sa langue
rhni^ dents; il la mord dans les mouvements des mà-
seniSJ r® douloureusement ces morsures, puisque les nerfs nni.i f s ’ glosso-pharyngien) sont intacts, mais il est impuissant à retirer sa langue derrière les arcades dentaires, à cause de la paralysie des muscles.
L hypoglosse contient aussi les nerfs vaso-constricteurs de la langue ivoy. p. 4/2). °