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Composition chimique du muscle

L’eau forme environ les trois quarts du poids du muscle (75 p. 100). Chez l’homme la quantité moyenne d’eau est un peu inférieure, 73,5 p. 100. La proportion d’eau diminue chez les animaux maigres.

Les constituants minéraux des muscles, 1 p. 100 environ de la masse totale, sont l’acide phosphorique et le potassium, qui pré-

1. On peut aussi pratiquer l’expérience en isolant l’un des nerfs sciatiques et passant sous ce nerf un fil assez fort au moyen duquel on lie en masse toute la cuisse, sauf le sciatique. Les muscles de cette cuisse, ne recevant plus de sang, échappent à l'empoisonnement. Et l’excitation du bout central du sciatique de l’autre côté provoque des contractions réflexes dans les muscles du côté de la ligature.

2. Nous n avons pas à discuter ici la théorie de la curarisation. Les expériences de Claude i^ebnard avaient démontré que, sous l’action du curare, le nerf moteur et le muscle restent excitables, mais que le muscle cesse de l’être par l’intermédiaire du nerf. De là 1 idée que le poison agit à la jonction du nerf et du muscle, c’est-à-dire sur la plaque nerveuse motrice. De graves objections ont été faites à cette théorie (voy. particulièrement L. et M. Lapicque, Soc. de biol 26 déc. igoS, p. 733).

PHYSIOLOGIE DU TISSU MUSCULAIRE STRIÉ

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dominent, le chlore, le sodium, le calcium, le magnésium et le fer, qui sont en moindre quantité et en proportions variables suivant les espèces animales. Ces matières se trouvent dans le muscle, surtout sous forme de phosphates acides et de sels de potassium (comme dans les hématies).

Les principales substances ternaires des muscles, dont la quantité totale ne forme pas même 1 p. 100, sont le glycogène, la glycose, l’inosite et l’acide lactique. Le muscle contient environ 1-1,5 p. 1000 de glycogène. — La quantité de glycose est très minime et provient vraisemblablement du glycogène par l’action d’une diastase saccharifiante. — Il y a environ 0,2 pour 1000 d’inosite. — La réaction du muscle au repos est neutre, celle du muscle en activité et celle du muscle mort et rigide sont acides. Cette acirlité est due à l’acide lactique (acide sar colactique), dont la quantité peut s’élèvera 1 p. 1 000. — On trouve en outre dans les muscles des graisses, des traces d’alcool et de la cholestérine.

Les substances protéiques des muscles constituent environ 21 p. 100 de la masse de ces organes. On a pensé les obtenir, au moyen de divers artifices expérimentaux, telles qu’elles existeraient dans le tissu vivant. Le plasma musculaire, que fournissent ces méthodes de préparation’, se coagule spontanément à la température ordinaire ; le caillot est formé par une substance albuminoïde, la myosine, qui est une globuline, coagulable à 47®. On a admis que le myoplasma contient une substance génératrice de la myosine, le myosinogène. Du caillot qui s’est formé exsude un liquide, le sérum musculaire, duquel on a extrait une globuline et une albumine.

Le muscle contient encore des matières extractives azotées, c.réo,i\nQ, créatinine*,corps de la série urique, acide phosphocarnique (voy. p. 41), toutes substances dont la quantité totale atteint un peu plus de 2 p. 100 du tissu.

Les muscles doivent leur coloration rouge à l’hémoglobine du sang, mais aussi à l’hémoglobine qui entre dans la constitution de leur propre tissu et qui colore leurs fibres. Cette hémoglobine sert à la respiration des muscles; elle emmagasine l’oxygène qui, au moment de la contraction, est utilisé. Les muscles blancs du lapin, dont la contraction est courte et brusque, ne contiennent pas d'hémoglobine. Les muscles rouges, à hémoglobine, dont la contraction dure

1. La principale est celle de Kühne (iSSgi, que ce physiologiste a appliquée sur la grenouille et qui consiste essentiellement dans les opérations suivantes ; lavage de tout l’organisme par l’aorte au moyen d’eau salée pour le débarrasser du sang que contiennent les vaisseaux, division des muscles congelés à — lo* dans l’eau salée refroidie, pulvérisation de cette masse ; de cette neige musculaire, soumise à l’action de la presse, exsude un liquide sirupeux, le plasma musculaire.

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