E. Overton, professeur à TUniversité de Lund (Suède
2. Seules parmi ces corps, les lécilhines ont, au point de vue chimique, une analogie de structure avec les graisses.
3. La perméabilité des cellules pour certains corps apparaît donc comme liée à la solubilité de ces corps dans les lipoïdes des membranes cellulaires. Mais cette loi n'est pas générale ; on a fait remarquer qu’il y a des corps, et même ceux qui sont physiologiquement les plus nécessaires, des sels minéraux, les sucres, les acides aminés, pour lesquels la cellule est en apparence imperméable et qui cependant la traversent, sous l’influence d’autres facteurs que la nature lipoïdienne de la membrane.
4. Hans Meyer, professeur de pharmacologie à l’Université de Vienne.
5. J. Pohl, professeur de pharmacologie à l’Université de Breslau.
COMPOSITION CHIMIQUE DU CORPS HUMAIN
30 Substances protéiques.
Les substances protéiques forment la masse la ]>lus considérable et en môme temps représentent les corps les plus importants des tissus. C’est la partie essentielle de tout protoplasma. « 11 n’est pas très facile de définir brièvement ce groupe naturel des matières albuminoïdes ou protéiques. On a réuni sous cette dénomination un ensemble de substances qui présentent des analogies plus ou moins grandes avec l’albumine de l’œuf. Tout d’abord les limites de ce groupe sont demeurées assez étroites et n’ont compris que des substances telles que les diverses albumines, les globulines, les alcali- albumines et les acidalbumines dont les ressemblances avec l’albumine de l’œuf sautent aux yeux. Puis la notion chimique de l’albuminoïde est devenue de plus en plus large et elle se trouve être finalement bien plus compréhensive que la notion de l’albuminoïde alimentaire h »
Sous cette réserve on peut répartir les substances protéiques en différents groupes qui, dans l’état actuel et tout à fait provisoire de nos connaissances, paraissent assez naturels. Nos connaissances sur cette question sont en effet provisoires, et par suite incessamment variables, puisque, plus que jamais, c’est une des questions les plus étudiées de la chimie physiologique, sur laquelle s acquièrent force notions nouvelles et où les faits et les idées sont en pleine évolution. Voici donc les groupes que l’on peut distinguer:
1° Matières albuminoïdes proprement dites ou naturelles (celles des tissus et des humeurs) (protéines des auteurs allemands) ;
2° Matières albuminoïdes transformées, soit par coagulation, sous l’influence de la chaleur ou du contact prolongé de l’alcool ou de certaines diastases (fibrine), soit par l’action des acides ou des alcalis (acidalbumine, alcali-albumine), soit enfin par l’action des diastases protéolytiques (protéoses et peptones) ;
3° Protéides, qui comprennent les substances résultant de la combinaison d’une substance albuminoïde et d’une autre substance organique, c’est-à-dire les glycoprotéides, les nucléoprotéides, les chromoprotéides et les lécithaWumines ;
4® Albumoïdes (albuminoïdes de beaucoup d’auteurs allemands ou scléroprotéines) ; ce sont les substances qui ne rentrent ni dans le groupe des albuminoïdes naturelles, ni dans celui des protéides; telles sont les gélatines, les élastines, les kératines, etc.
On ne s’occupera ici que des albuminoïdes naturelles, des protéides et des albumoïdes, les albuminoïdes de transformation ne
1. E. Lambling. Notions générales sur la nulrilion à l'étal normal (in Traité de pathologie générale, de Cii. Bouchard, t. III, p. 17, Paris, 1899).
PHYSIOLOGIE CELLULAIRE
faisant pas partie intégrante de l’organisme ; il en sera question lors de l’étude consacrée à la digestion des matières protéiques.
A. Composition. — Toutes les matières protéiques contiennent toujours des matières minérales (Ca, .Mg, acide phosphorique, beaucoup aussi contiennent du fer) que l’on a longtemps considérées comme des impuretés, mais qui font probablement partie intégrante de la molécule (MoleschottS A. Gautier). L’albumine pure, exempte de matières minérales, ne s’obtient qu’au prix du changement profond de son état, décelé par exemple par la perte de ses propriétés de solubilité (elle devient insoluble dans l’eau), et d’ailleurs ne se rencontre jamais à l’état naturel, puisque toujours les matières protéiques sont intimement unies à des copules minérales. Aussi a-t-on pensé que le potassium, le sodium, le calcium, etc., de la même manière que le fer de l’hémoglobine, ne font pas seulement partie intégrante des diverses molécules albuminoïdes, mais encore que ces éléments jouent un rôle particulier duquel dépend la fonction spéciale de ces diverses molécules ; la substance unie à un métal alcalin ou alcalino-terreux ne doit pas se comporter de la même façon que celle qui est combinée au chlore et à l’acide phosphorique.
Quelle est la composition générale des matières protéiques? Elles sont constituées par G, II, O, Az et S; plusieurs contiennent en outre du phosphore et du fer. Leur composition centésimale oscille entre les limites ci-dessous’ ;
Limites Moyenne
décomposition. approximative.
Carbone 5o,o à 55, o 52 p- loo
Hydrogène 6,5 à 7,5 7 —
Azote. i5 O à 19,0 16 —
Soufre 0,4 à 5,0 2 —
Oxygène 19,0 à 24,0 28 —
La quantité de phosphore oscille entre 0,4 et 0,8 p. 100 et celle de fer entre 0,33 et 0,b0 p. 100.
Le poids moléculaire des diverses substances protéiques est très différent, mais toujours très élevé (fig. 1). Pour en donner une idée, il suffira d’indiquer que la formule de l’albumine de l’œuf ou ovalbumine
moléculaire comparée des principales substances de l’organisme (d’après Hugou-
NENQ ®).