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Précis de biochimie, Paris, 1911, p

4. On sait que cette distinction est due au physicien anglais Graham.

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comme un sel dans l’eau ; il est en suspension très fine. En effet, à l’inverse des solutions vraies, ces pseudo-solutions n’abaissent pas la température de congélation du solvant et n’en augmentent pas la conductibilité électrique (voy. p. 61); d’autre part, il est j)Ossible, à l’aide de l’ultramicroscope (instrument qui recule.’ la limite de visibilité du microscope ordinaire grâce à un puissant éclairage latéral sur Tond obscur), d’apercevoir les particules en suspension comme des points brillants animés de mouvements browniens ; la grosseur de ces particules varie de 1/15000® à 1/150000® de millimètre.

On distingue les colloïdes instables (silice, sulfure d’arsenic), qui sont précipités par de petites quantités de sel, des colloïdes stables, comme les matières protéiques, la gomme, qui ne précipitent que par de grandes quantités de sel. Le colloïde, séparé de sa solution aqueuse ou sole, prend le nom de gel. C’est Graham qui a appelé hydrosols les solutions aqueuses de colloïdes et hydrogels leur état gélatineux. — La stabibilité des solutions colloïdales s’expliquerait par ce fait, que les granules en suspension ont une charge électrique de même signe ; se repoussant mutuellement, ils n’ont donc aucune tendance à s’agglomérer, à se précipiter en flocons. Quand on fait passer un courant électrique à travers la solution colloïdale, les granules sont transportés vers le pèle négatif [colloïdes positifs) ou vers le pôle positif (colloïdes négatifs) et là se précipitent. Et si les électrolytes (acides, bases ou sels) précipitent (coagulent) les colloïdes, c’est aussi parce qu’ils neutraliseraient la charge électrique des granules par la charge de leurs ions positifs ou négatifs. Enfin deux colloïdes de signe contraire se précipitent réciproquement en formant des complexes colloïdaux .

Lorsqu’un colloïde est précipité par un sel, le précipité fixe une partie de l’agent précipitant. C’est là un phénomène d’adhésion moléculaire (comparable à l’adhésion des gaz à la surface des corps solides) ou à’ adsorption. Il se forme ainsi des combinaisons d’adsoiption. De même des colloïdes s’adsorbent réciproquement.

La détermination de ces caractères généraux des solutions colloïdales a été faite surtout au moyen des colloïdes artificiels, de constitution plus simple que les colloïdes naturels. L’étude de ceux-ci et a fortiori des colloïdes protoplasmiques est beaucoup moins avancée. Toujours esMl cependant que les constituants des cellules animales ou végétales sont tous des colloïdes et que les liquides de l’organisme sont des solutions de colloïdes et par conséquent que les réactions qui se passent dans et entre ces cellules ne se font pas sans l’intervention de colloïdes. Ainsi Ton a essayé d’expliquer l’action des sels sur les tissus par l’action physicochimique de ces corps sur les colloïdes des cellules ; des variations de la tension osmotique peuvent dépendre de réactions intra-cellulaires faisant passer des colloïdes (le glycogène, par exemple) à l’état de cristalloïdes (glycose);il est probable que, dans l’absorption et l’assimilation, des phénomènes d’adsorption entre colloïdes jouent un grand rôle ; la fixation des toxines par les antitoxines est peut-être souvent liée à des réactions d’adsorption (voy. p. 102). Mais toutes ces données ont encore besoin de déterminations précises.

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2* Les matières protéiques, comme les colloïdes en général, sont incristallisables. On sait pourtant que cette règle n'est pas absolue et que beaucoup de substances peuvent exister sous les deux états, cristalloïde et colloïde. Ainsi la silice et l’alumine, qui se trouvent dans la nature à l'état cristallisé (quartz, rubis), sont connues aussi sous la forme de solutions colloïdales. Pendant longtemps les matières albuminoïdes n’ont été connues qu’à, l’état de colloïdes, exception faite pour la seule oxyhémoglobine. Puis on a trouvé dans les tissus végétaux des matières albuminoïdes cristallisées, les cristaux d’aleurone, microscopiquement constatés dans les semences et les tubercules de diverses plantes et qui sont constitués par une globuline, puis on a obtenu une autre globuline végétale cristallisée, Védesline, extraite des semences du chanvre, et, enfin, on a pu, par des artifices de laboratoire, faire cristalliser plusieurs albuminoïdes naturelles, la sérumalbumine, l’ovalbumine; on a aussi préparé de la fibrine cristallisée.

3° Les matières protéiques dévient la lumière polarisée à gauche. Cependant, A. GAMGEE^a découvert que l’hémoglobine est dextrogyre, ayant un pouvoir rotatoire [a]^ = + 10®,4; et, d’autre part, en collaboration avec le physiologiste américain Walter Jones, il a montré que les nucléoprotéides extraits du pancréas, des capsules surrénales et du thymus sont également dextrogyres, ayant un pouvoir rotatoire variant de [a]^ = -f- 37®,58 à

[a]^ = 97®, 9 (nucléoprotéide du pancréas). En conséquence, A. Gamgee

et W. Jones se sont demandé si tous les nucléoprotéides et les nucléines qui en dérivent ne formeraient pas une classe de substances protéiques dextrogyres.

b. Propriétés chimiques. — Parmi les propriétés chimiques des matières protéiques, il faut signaler les principales réactions de coloration et de précipitation, employées par les physiologistes.

■/. Réactions de coloration. — Réaction xanthoprotéique. — Sous l’influence de l’acide azotique à h’oid et mieux à l’ébullition, les substances albuminoïdes ou leurs solutions se colorent en jaune-serin clair. Si l’on ajoute de l’ammoniaque jusqu’à réaction alcaline, la coloration devient jaune orangé foncé. Cette réaction serait due aux groupes phénylés des matières protéiques.

Réaction du biuret. — Les substances albuminoïdes ou leurs solutions, en présence d’un excès d’alcali (potasse ou soude caustique) et d’une très petite quantité de solution de sulfate de cuivre, se colorent en violet ou en rose, suivant la nature de la substance. Cette réaction est extrêmement sensible. On l’a appelée réaction du biuret, parce que ce corps, qui est un produit de condensation de l’urée, donne cette môme réaction. On ne sait pas à quel groupement elle est due, peut-être à un complexe aspartique ou glycocollique.

Réaction de Millon. — Le réactif de Millon est une solution de nitrate de oiercure dans l'acide nitrique nitreux; il donne lieu, dans les solutions de

1. Ancien professeur de physiologie' à l’Université de Manchester (1841-1909).

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substances albuminoïdes, à un précipité blanc. Ce précipité se colore rapidement en rouge-brique par l’ébullition. Cette réaction est due à la présence du noyau aromatique de la tyrosine ; elle se produit en effet avec la tyrosine.

2. Réactions de précipitation. — Coagulation par la chaleur. — A l’exception des peptones, la plupart des matières protéiques sont coagulables par la chaleur, de 53“ à 100°, suivant la substance. Ce phénomène est une précipitation, c’est-à-dire un passage à l’état solide, mais accompagnée d’un changement d'état du corps, tel que ce corps ne peut plus se redissoudre.

Précipitation par l’alcool, par les acides minéraux, par les sels, etc. — h’alcool précipite les matières protéiques. La plupart des acides minéraux et quelques acides organiques, comme Y acide acétique en présence du feixocyanure de potassium (réaction très sensible), Yacide trichioracétique, etc., font de même. Les solutions saturées de sulfate d' ammoniaque ou de sulfate de magnésie les précipitent également (sauf les peptones). Le réactif de Tanret (acide acétique, iodure de potassium, bichlorure de mercure et eau) les précipite aussi; le précipité est insoluble dans l’alcool, tandis que le précipité que donne le réactif de Tanret avec les alcaloïdes est soluble dans l’alcool.

Il convient maintenant de passer en revue les différents groupes de matières protéiques qui ont été distingués p. 29.

D. Matières albuminoïdes naturelles. — Ce sont les albumines et les globulines.

Les albumines sont solubles dans l’eau distillée, les globulines y sont insolubles et sont solubles dans les solutions étendues de sels neutres (à 1 p. 100, par exemple), comme le chlorure de sodium; le sulfate de magnésie dissous à saturation précipite totalement les globulines à la température ordinaire, tandis qu’il ne précipite pas les albumines.

Ces substances se trouvent en grande quantité dans l’organisme, en particulier dans le sang, dans le lait, dans les muscles.

Groupe des histones. — On peut rapprocher des globulines ces corps, dont l’importance est très grande, mais dont l’étude est loin d’être terminée.

Les histones possèdent les propriétés générales des globulines. Deux caractères principaux les distinguent, d’après Kossel, des autres matières albuminoïdes naturelles : leur teneur élevée en bases hexoniques (arginine surtout) et la propriété basique de leur molécule globale. L’histone que Kossel a isolée des globules rouges nucléés de l’oie, en solution neutre, n’est pas coagulable par la chaleur, précipite par l’ammoniaque, le précipité étant insoluble dans un excès de réactif, et enfin précipite par l’acide nitrique, le précipité se dissolvant à chaud et reparaissant par le refroidissemènLMais d’autres histones ontété isolées, du thymus, des ganglions lymphatiques, de la rate, de l’hémoglobine du cheval et du chien, qui ne pré-

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sentent pas toutes ces propriétés; il en est qui sont coagulables par la chaleur, vers 60® par exemple, qui sont précipitées par les alcalis, tels que la soude, mais le précipité est soluble dans un excès de réactif.

Il existe donc, selon toutes probabilités, différentes histones. La globine de l’hépioglobine, que l'on a longtemps considéré comme une globuline, est une hirtone. L’histone des leucocytes aurait la propriété, injectée dans les vaisseaux, de retarder ou d’empécher la coagulation du sang. Ainsi, certaines histones, par cette remarquable propriété physiologique, se rattacheraient aux albumoses. L’attention se porte donc justement sur ces corps.

E. Protéides. — La matière protéique est ici unie à une autre substance organique non protéique. Il y a trois grands groupes de protéides : les glyco-proléides, les nucléo-protéides et les chromo-protéides.

a. Glvco-protéides. — Composés résultant de la combinaison d’une

albumino'ide avec un groupement hydrate de carbone. Telle est la mucine qui, traitée par les acides à l’ébullition, donne un corps réduisant la liqueur de Fehling; ce corps réducteur est un sucre aminé, la glycosamine, AzHL Telles sont aussi Vovomucoïde,

un des constituants de l’albumine de l’œuf de poule, la substance chondrogène des cartilages, etc.

Les mucines sont insolubles dans l’eau; elles se dissolvent dans le» alcalis dilués ; leurs solutions sont fdantes. L’acide acétique les précipite; le précipité est insoluble dans un excès d'acide. L’acide chlorhydrique et l'acide azotique les précipitent également, mais le précipité est soluble dans un excès d’acide; à, cet égard elles se comportent donc comme les matières albumino'ides proprement dites.

On trouve la mucine dans le tissu conjonctif, dans les tendons et dans plusieurs liquides de l’organisme, le mucus nasal, la salive, le suc gastrique. 11 y a dans la bile du bœuf un corps analogue, mais qui n’est pas une vraie mucine ; c’est une pseudo-mucine, car, traitée par les acides bouillants, elle ne donne pas de substance réductrice; c’est en réalité unenucléo-albumine ; la bile humaine contient au contraire une mucine vraie.

b. Nucléo-protéides. — Ce sont des corps formés par la combinaison d’une protéine avec une nucléine, composé organique phosphoré.

11 y a lieu de distinguer les nucléo-protéides vrais des nucléo-albumines, dont les produits de dédoublement sont différents.

Les nucléo-protéides, hydrolysés par digestion chlorhydropepsique, donnent des protéoses solubles et laissent un résidu insoluble de nucléine, corps azoté et phosphore; celle-ci, hydrolyséc à son tour par

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1 action des acides minéraux dilués et bouillants, se dédouble en une substance protéique et en acide 7iucléinique; et enfin celui-ci, traité encore par les acides dilués, se dédoubleen bases puriques (bases nucléiniques ou xanthiques ou alloxuriques) (adénine, guanine, xanthine, hypoxanthine) et bases pyrimidiques (ui'acile, thymine, cytosine) et en acide phosphorique.

On peut représenter schématiquement de la façon suivante la série des décompositions que subissent les nucléo-protéides :

Nucléo-protéide.

ÂlLumliioïde Nucléine (ou paranucléine)

Albuminoïde Acide nucléinique (dit aussi nucléique)

Acide Bases Bases Hydrates de carbone

phosphorique nucléiniques pyrimidiques (pentoses, hexoses)

ou alloxuriques

Les nucléo-protéides présentent la plupart des réactions des globulines. Ils sont insolubles dans l’eau et dans l’alcool; ils se dissolvent dans les alcalis dilués ou les sels alcalins (carbonates, phosphates). En solutions neutres ils sont coagulés par la chaleur. Cette dernière propriété n'appartient pas aux nucléo-albumines; et c’est pour cette raison que le lait, porté à l’ébullition, ne se coagule pas (incoagulabilité de la caséine, qui est une nucléo-albumine, par la chaleur).

Les nucléo-protéides forment la matière principale des noyaux des cellules; la chromatine des histologistes est sans doute une nucléine; on les trouve donc dans tous les tissus. Us y jouent un rôle très actif. On a montré que ceux de divers organes, du foie, de la rate, etc., possèdent un remarquable pouvoir oxydant; ce pouvoir serait dû à un noyau organique ferrugineux faisant partie de leur molécule et capable de transporter l’oxygène. Ces substances auraient aussi par elles-mêmes le pouvoir de détruire le glycogène, la glycose, l’oxyhémoglobine. Plusieurs des propriétés des globules blancs sont peut-être également attribuables aux réactions des

1. Les nucléines sont donc elles-mêmes des proléides, puisqu’elles sont constituées par une matière albuminoïdeuniseà un autre groupement. Ellesprésentent les réactionsde coloration desmalières albuminoïdes. Elles conliennentdu soufre et du phosphore. Les acides qui en dérivent ne contiennent que du phosphore, environ lop. loo, tandis qu’elles-mêmes n’en contiennent que 3 à 4 P- loo. Ces acides nucléiniques sont des corps très complexes ; ainsi, quand on les attaque par les acides étendus bouillants (hydrolyse acide), ils fournissent, outre les composés énumérés ci-dessus, divers hydrates de carbone. C’est là un fait physiologiquement très intéressant. Quant aux bases qui dérivent des acidesnucléiniqiies, leur importance physiologique est également très grande, à cause des relations constatées entre elles et l’acide urique. Les bases .xanthiques et l’acide urique proviennent en effet d’une combinaison hypothétique, la purine (E. Fischer), groupement commun à tous ces corps. Nous verrons quels sont ces rapports entre les bases puriques et l’acide urique, quand nous é’.udierons ce dernier.

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nucléo-protéides de ces éléments. On peut par suite se demander si les actions chimiques que l’on considère encore généralement comme le résultat de la vie même des cellules et qui sont caractéristiques de leurs fonctions physiologiques, ne seraient pas dues en réalité à des propriétés spéciales de diverses substances constitutives de ces cellules, telles que les nucléo-protéides, propriétés indépendantes de tout phénomène vital, au sens métaphysique de ce mot.

Un des principaux nucléo-protéides est la nucléo-histone, corps soluble dans l’eau et dans les alcalis dilués, insoluble dans les acides étendus, que l’on a isolée des cellules du thymus, des ganglions lymphatiques, de la rate, des testicules (dont elle forme la principale matière protéique), et qui, sous l’influence de l’acide chlorhydrique étendu, se dédouble en histone et en une nucléine appelée leuco-nucléine. Les bases nucléiniques qui dérivent de celle-ci sont surtout l’adénine et l’hypoxanthine. Quant à l’histone, comme il a été dit p. 38, c’est le type d’une classe d’albuminoïdes basiques, possédant les propriétés générales des albuminoïdes, mais se rapprochant en même temps, plusieurs d’entre elles du moins, des albumoses par leur action anticoagulante. Laleuconucléine, au contraire, quand on l’injecte, comme l’histone, dans les vaisseaux augmente la coagulabilité du sang.

Paranucléoproléides ou 7iucléo-albumines (protéines phosphorées). — On donne de préférence aujourd’hui à ces corps le nom de protéines phosphorées, les autres dénominations étant impropres, puisque ces composés, à l’inverse des nucléoprotéides, ne se trouvent pas dans les noyaux cellulaires, mais bien dans les protoplasmas.

Soumis à la digestion pepsique, iis fournissent des protéoses solubles et laissent un résidu de pseudo-nucléine, dit Q.uss\paranucléine, dédoublable à son tour en protéine et acide paranucléique. Mais ce sont là des combinaisons mal définies. D’ailleurs l’hydrolyse de ces corps ne donne ni bases puriques ni bases pyrimidiques.

La caséine, principale matière albuminoïde du lait, les caséines végétales, la vitelline du jaune d’œuf (ovovitelline), d’où Bunge ‘ a extrait un corps phospboré très riche en fer qu’il a appelé hémalogène, sont des repré.sentants de ce groupe.

Nucléone. — On peut encore placer ici un corps décrit sous le nom de nucléone. C’est un composé phospboré, résultant de la combinaison de l’acide phosphorique avec Vacide cantique — acide phosphocaniique — et avec une substance réduisant la liqueur de Fehling (groupement hydrocarboné).

L’acide carnique estprécipité par quelques-uns des réactifs des matières

1. G. VON Bunge, contemporain, professeur de chimie physiologique à l’Universilé de Bâle, auteur d'un volume de Leçons de chimie physiologique et pathologique, qui a été très remarqué (trad. fr. sur la 2' édit, allemande, Paris, 1891). .

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protéiques et donne la réaction du biuret, mais non celle de Millon. Il a d’abord été trouvé dans les muscles, puis dans le lait et dans les urines; on l’a trouvé aussi dans le cerveau, dans les testicules, dans le sang, dans lesperme humain; les musclesencontiennent deO,l à0,2 p. 100; le sangetlo cerveau en contiennent un peu plus ; le lait de femme en contient deux fois plus que le lait de vache. — 11 est intéressant de remarquer que l’acide phosphocarnique, par simple hydrolyse, indépendamment de toute oxydation, peu! fournir de l’acide carbonique; c’est ce qui arrive quand on le chautfe au dessous de 100“ avec les acides minéraux étendus. Or, on sait de date déjà ancienne que, dans l’activité musculaire, il y a une partie de l’acide carbonique produit qui ne correspond pas à une consommation équivalente d’oxygène. Il est d’autant plus permis de penser que cette portion du CO^ qui l'ésulte du travail musculaire provient de l’acide ])bosphocarnique, que l’on a montré que cette substance diminue dans les muscles par l’effet du travail. Elle serait donc une source d’énergie pour le muscle, — A un autre point de vue, cette substance n’est pas moins intéressante. Traitée à chaud par le perchlorure de fer, elle donne un composé ferrugineux, insoluble dans l’eau, soluble dans les alcalis, la carniferrine, qui, comme l’hématogène de Bunge, est facilement assimilable et non toxique; et, comme dans l’hématogène, le fer est ici masqué, c'est-à-dire difficilement décelable par les réactifs ordinaires, parle sulfhydrate d’ammoniaque par exemple. C’est en effet le propre de certaines combinaisons organiques du fer que ce métal y soit en quelque sorte dissimulé, parce qu’il est étroitement uni à la matière protéique.

c. Chromo-protéides, — On appelle ainsi les substances résultant de l’union d'une matière protéique avec un noyau coloré ou pigment. Les diverses hémoglobines ou matières colorantes du sang des Vertébrés constituent ce groupe. L’hémoglobine est formée par la combinaison d’une globuline, la globine % avec une substance organique ferrugineuse, l’hématine; son étude sei-a faite avec celle du sang.

d. Lécithalbumines. — Parmi les protéides se trouvent encore les lécithalbumines. Ces composés, qui ont été obtenus comme résidus de la digestion chlorhydro-pepsique de beaucoup d’organes, muqueuse gastrique, foie, rein, rate, poumons, sont des combinaisons très stables et non encore définies d’une lécithine avec une albuminoïde. Leur réaction est acide. Elles contiennent jusqu’à 7 p. 100 environ d’anhydride phosphorique.

Ce sont des corps dont le rôle physiologique est probablement fort intéressant en raison de leur propriété de fixer les alcalis, les alcaloïdes, quelques glycosides, c’est-à-dire des substances toxiques. D’autre part, cette propriété interviendrait dans la sécrétion des

1. Plusieurs de ses propriétés ont fait placer la globine parmi les histones, comme il a été indiqué plus haut, p. 39.

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liquides acides. Si, par exemple, on filtre sur une couche de lécithalbumine un liquide alcalin ou une solution saline, dans le premier cas le filtrat est acide et le résidu, resté sur le filtre, alcalin, et, dans le second cas, la plus grande partie est retenue, pendant que l’acide passe facilement à travers le filtre. Ainsi pourraient s’expliquer la formation de l’acide chlorhydrique du suc gastrique et la production de l’acidité des urines chez les animaux carnivores.

F. Albuuioïdes. . — Ce sont des matières protéiques qui, tout en ayant quelques caractères communs avec les matières des groupes précédents, offrent aussi des différences, de composition, de réaction, de solubilité, etc.

Ainsi elles contiennent moins de carbone et plus d’oxygène ; le noyau benzénique, d’où provient la tyrosine dans la décomposition des albuminoïdes, y fait en général défaut; elles ne coagulent pas par la chaleur ; elles ne précipitent pas par les acides. Elles ne peuvent suppléer les albuminoïdes dans l’alimentation.

Parmi ces corps se trouvent les substances collagènes, l’élastine, la kératine.

a. SuBST.xNCES coLL.\GÉNES ET GÉLATINE. — Les collagènes sont les substances fondamentales des fibres conjonctives, des os (osséine), des tendons, etc.

Elles sont insolubles dans l’eau, dans les solutions salines neutres, dans les acides et les alcalis dilués ; elles se gonflent dans les acides dilués. Dans l’eau bouillante elles se gonflent et se transforment en gélatine.

Celle-ci est un produit d’hydratation du collagène. Par l’action de la chaleur (130<>), d’après Halliburton i, la gélatine perdrait de l’eau et régénérerait le collagène.

La gélatine est un produit artificiel, ce n’est pas un principe immédiat de l’organisme; le principe immédiat dont elle provient, c’est le collagène. 11 en faut dire cependant quelques mots, à cause de l’intérêt qu’elle présente au point de vue physiologique, en raison de son rôle comme aliment.

La gélatine est une substance amorphe, incolore, transparente ; insoluble dans l’eau froide, l’alcool, l’éllier, le chloroforme, etc.; soluble dans l’eau et la glycérine chaudes ; cette solution dans l’eau chaude, visqueuse et filante, se prend en gelée par le refroidissement [gélificalion). Les solutions de gélatine ne dialysent pas; ce sont des colloïdes ; elles ne coagulent pas par la chaleur; elles donnent la réaction du biuret, mais non

1. W. D. Halliburton, contemporain, professeur de physiologie à King’s College, à Londres.

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celle de Millon (due à la présence de la tyrosine dans la molécule protéique) ni la réaction xanthoprotéique.

Les gélatines, même dites pures, du commerce contiennent une grande quantité de cendres.

b. Élastine. — Partie fondamentale des fibres et des membranes élastiques dans les tendons, les ligaments, les aponévroses, surtout les ligaments jaunes intervertébraux, la tunique moyenne des artères. La diffusion du tissu élastique dans tout l’organisme et les différences de l’élastine suivant les organes et suivant l’âge des animaux, suffisent à montrer l’importance de cefte substance.

Elle e.st insoluble dans l’eau, soluble dans la lessive de potasse. Elle donne les réactions du biuret, de Millon et xanthoprotéique. Elle contient un peu de soufre, encore que le contraire ait été longtemps soutenu. — Sous l’influence de l’acide sulfurique bouillant, elle se décompose lentement en fournissant les produits de dédoublement des albuminoïdes. Les sucs gastrique et pancréatique la digèrent, mais plus difficilement que l’albumine.

c. Kératine. — La kératine est la substance essentielle des cellules superficielles de l’épiderme, des ongles, des cheveux et despoils, delà capsule du cristallin, du sarcolemme des muscles, du névrilème, etc. Chez les animaux, elle forme le principal constituant de la corne, des écailles des Reptiles, des plumes des Oiseaux, etc. Suivant leur provenance, les kératines présentent une composition centésimale différente, surtout au point de vue de leur teneur en carbone et en soufreC Elles se distinguent de toutes les matières protéiques par la forte proportion de soufre qu’elles présentent. Ce sont les poils roux qui contiennent le plus de soufre, jusqu’à 8 p. 100, la laine blanche en contient très peu.

On ne saurait dire si la substance trouvée par Ranvier dans le stratum granulosum et dans le stratum lucidum de l’épiderme, sous forme de granulations, et qu’il a décrite sous le nom d'éléidine, en la représentant comme un stade de formation de ta kératine, peut être considérée comme un individu chimique (F. BottazzC).

La neurokératine, que l’on a extraite des libres nerveuses à myéline, et qui constituerait en quelque sorte le squelette de la myéline, présenterait tous les caractères de la kératine.

1. Il n’y a donc pas une kératine, mais plusieurs substances voisines les unes des autres par leur composition et ayant des propriétés communes, dont l'ensemble forme un groupe que l’on peut appeler le groupe des kératines (Hammarsten).

2. Physiologiste italien contemporain, professeur de physiologie à l’Université de Naples.

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La kératine est une substance amorphe, de consistance cornée, insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, se dissolvant lentement dans la lessivée de potiisse ou de soude. Elle se gonfle dans l’eau chaude, mais sans se gélifier par le refroidissement, elle se gonfle plus facilement encore dans l’acide acétique. Elle donne la réaction de Millon. Ilydrolysée par les acides bouillants, elle fournit les produits généraux de décomposition des albuminoïdes (beaucoup de tyrosine).

d. Réticuline. — Matière protéique découverte dans le tissu de soutien des ganglions lymphatiques, de la rate, de la muqueuse intestinale, du foie, des poumons et des reins.

La réticuline contient du phosphore. Parmi ses produits de décomposition on a trouvé de l’hydrogène sulfuré, de l’ammoniaque, de la lysine, de l’acide amino-valérianique, etc., mais non de la tyrosine. Elle est insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, les acides minéraux étendus, le carbonate de soude, ainsi que dans les sucs gastrique et pancréatique. Elle donne la réaction xanthoprotéique et celle du biurct, mais non celle de Millon.

Outre les hydrates de carbone, les corps gras et les matières protéiques, on trouve dans le corps divers autres composés organiques,^ dont plusieurs ont une grande importance physiologique.

A. Inosite. — L’inosite, que l’on a longtemps considérée comme un sucre répondant à la môme formule (CMI'^0®) que les glycoses, mais non réducteur ni fermentescible, n’est pas un sucre. En réalité, c’est un alcool hexavalent, une véritable mannite, produit d’addition de la benzine dont elle dérive par substitution du groupe CH. 011 aux six groupements CH de l’hexagone :

Elle doit donc s’écrire C®H®(0H)® et s’appeler l’hexahydroxybenzine (Maquenne>, 1887). Sous l’influence des agents réducteurs ou oxydants qui détruisent ses fonctions d’alcool, elle se transforme uniquement en corps de la série aromatique.

C’est un corps solide, blanc, de saveur sucrée, soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool absolu, l’éther, l’acide acétique, sans action sur le plan de polarisation de la lumière, ne fermentant pas avec la levure de bière..

1. Chimiste français contemporain, professeur au Muséum d’histoire naturelle.

4° Autres composés organiques.

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