CII OH
CH.OH\^yCH.OH cil. OH
L’inosite, qui se trouve dans beaucoup de plantes, existe dans tous les muscles et spécialement dans le cœur. On l'a trouvée dans les urines de quelques diabétiques [inomrie) ; de plus, la glycosurie par piqûre du quatrième ventricule et le diabète pancréatique s’accompagneraient d’inosurie transitoire (Meillche*, 1906, 1909). Ces faits tendent à montrer que, malgré leur diH'érencede constitution, l’inosite et le sucre ne sont pas étrangers l’un à l’autre au point de vue biochimique.
B. Choiestérine. — Comme l’inosite,la cholestérine est un alcool, mais de formule beaucoup plus compliquée. On la considère généralement comme un alcool monovalent (C^''[1^®.0H). Cependant sa constitution chimique n’est pas encore exactement connue.
C’est une substance cristallisable, insoluble dans l’eau, dans les acides étendus et dans les alcalis, soluble dans l’alcool bouillant, dans l’éther, le chloroforme, la benzine, la glycérine bouillante, ^tc.
La cholestérine se trouve normalement dans un grand nombre de plantes et dans beaucoup de tissus animaux ainsi que dans le lait. On l’a en effet trouvée dansles globules rouges et les globules blancs du sang, dans la substance nerveuse (nerfs, moelle, cerveau), dans le foie et la rate, dans le jaune d’œuf, etc., et, d’autre part, dans la bile, le sérum sanguin, le lait, la sueur, la matière sébacée, le vernix caseosa ou enduit graisseux du fœtus, le sperme, les fèces. Du sérum sanguin et de la lymphe on a extrait deux éthers de la cholestérine, l’éther cholestériloléique et l’éther cholestérilpalmitique, qui ont les réactions de la cholestérine, légèrement modifiées. Les calculs biliaires, chez l’homme, sont presque toujours et à peu près complètement formés de cholestérine.
La présence de ce corps dans les éléments en voie de formation (comme les graines), dans les éléments figurés du sang et dans le tissu nerveux et sa présence constante à côté de la lécithine paraissent être des preuves de sa valeur histogénétique. — L’importance de son rôle physiologique, en tant que lipoïde, a été signalée plus haut (p. 28).
La cholestérine serait d’origine exclusivement alimentaire.
G. Protagon. — Le protagun, qui fut d’abord retiré du cerveau et auquel on a de divers côtés refusé le caractère d’un individu chimique, est cependant, en général, considéré maintenant comme une espèce chimique. 11 y a probablement d’ailleurs plusieurs protagons.
1, Chimiste et pharmacien français contemporain.
COMPOSITION CHIMIQUE DU CORPS HUMAIN
quelque peu différents les uns des autres, suivant les organes d’où ils ont été extraits.
Ce sont des substances contenant C, H, Az, O, P et quelquefois S; oxydées par l’acide azotique, elles donnent des acides gras supérieurs; traitées par l’acide sulfurique ou chlorhydrique bouillant, elles donnent des corps réducteurs (hydrates de carbone); par l’action ménagée des alcalis, elles donnent des cérébrosides qui, à leur tour, se décomposent en ammoniaque, en sucre (galactose) et en un troisième groupement : celui-ci, oxydé par l’acide azotique ou traité par la potasse, donne des acides gras supérieurs (palmitique, stéarique). D’où la conception que les protagons sont des corps azotés et phosphorés qui peuvent être décomposés avec formation de cérébrosides.
Ceux-ci sont des corps azotés, mais non phosphorés, ainsi dénommés parce que leur constitution paraît rappeler celle des glycosides (voy.p. 25); ils sont au nombre de trois, la cérébrine, Y homocérébrine et Y encéphaline. Leur composition centésimale n’est pas encore tout à fait fixée. Traités par les acides dilués, ils fournissent un sucre réducteur que l’on a démontré identique à la galactose; soumis a Taction de la potasse ou oxydés par l’acide azotique, ils donnent un acide gras supérieur.
Le protagon (C*®''H308Az5PO33) (?) a été obtenu sous forme cristalline ou à Tétat de précipité amorphe. 11 est peu soluble dans l’alcool et dans l'éther à froid, mais soluble dans les liquides chauds et dans l’acide acétique glacial. 11 est insoluble dans l’eau, il s’y gonfle en donnant une masse gélatineuse.
Le protagon n’a pas été trouvé seulement dans le système nerveux, où il est abondant, mais dans beaucoup d’autres tissus; il existe peut-être partout où il y a de la lécithine. Uni à cette dernière et à la cholestérine, il constitue ce que l’on appelle quelquefois les substances myéliniques (myéline des fibres nerveuses, suivant le mot employé par les histologistes).
D. Jécorine. — C’est un corps très complexe; parmi ses produits de décomposition on note la choline, l’acide glycérophosphorique, des acides gras, un sucre réducteur, qui est probablement la glycose. D’où la suppo.sition que la jécorine est une combinaison de lécithine et de glycose. Son importance est due à ses propriétés réductrices * et au phosphore qu’elle contient.
On a trouvé de la jécorine dans le foie, la rate, le sang, les muscles, le cerveau, etc.
E. Pigments. — Ce sont des substances colorées qui existent, en général, dans les cellules sous forme de fines granulations. Leur
1. Le pouvoir réducteur du sang ne serait pas dû seulement à la glycose préformée dans ce liquide, mais dépendrait aussi pour partie d’autres substance» parmi lesquelles la jécorine.
PHYSIOLOGIE CELLULAIRE
constitution chimique n’est pas encore bien connue. On peut les diviser en lipochromes, pigments non azotés, et en pigments azotés, dérivés des matières protéiques.
a. LipociiaoMES. — Ce sont les pigments du tissu adipeux et des graisses en général (de là est venu leur dénomination), qui forment un groupe considérable de substances jaunes ou rouges, non azotées.
Les jaunes ont un spectre d’absorption formé d’une ligne dans la raie F et d’une autre entre F et G ; les substances rouges n’ont qu’une ligne d'absorption dans la raie F. A la lumière et à l’air, les lipochromes s’altèrent et pâlissent. Comme les graisses, ils sont solubles dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, la benzine et insolubles dans l’eau.
A cette classe appartiennent le pigment du jaune d’œuf et celui du sérum sanguin de beaucoup d’animaux. La principale substance de ce groupe est la lutéine. Ce nom désigne spécialement le pigment du jaune d’œuf et celui des corps jaunes.
La tétronérythrine, le pigment rouge qui se trouve dans la peau èt autour des yeux de beaucoup d’ Oiseaux et dans les téguments d’un grand nombre d’invertébrés, est un lipochrome.
Dans le règne végétal, ces substances sont largement représentées. La mieux connue est la carotine, pigment des carottes et des tomates, et dont l’existence a été démontrée aussi par A. Arnaud^ dans un grand nombre de feuilles.
b. Pigments azotés. — Il ne sera pas parlé ici des pigments hémoglobiniques et de leurs dérivés, dont l’existence a déjà été signalée p. 42. Leur étude sera faite avec le sang, avec la bile, avec l’urine, etc.
La chlorophylle, si importante dans la vie végétale, est une substance de ce groupe.
Dans cette classe des pigments azotés se trouvent aussi les mélanines.
Les mélanines proviennent-elles de la matière colorante du sang, comme l’hémato'idine, l’urobiline, les pigments biliaires, etc.? ou ont-elles, au contraire, une autre origine et dérivent-elles des matières protéiques, de fragments non colorés de celles-ci qui, par des transformations encore indéterminées, produiraient des matières colorantes? Les deux théories ont été soutenues. La seconde paraît plus en faveur. Du moins on en conçoit la possibilité, depuis que l’on a vu. se former des matières colorantes foncées dans l’hydrolyse des albuminoïdes par les acides (Schmiedeberg*), et depuis aussi que l’on voit des oxydases (les tyrosinases) produire des pigments foncés
1. Chimiste contemporain, professeur de chimie au Muséum d’histoire naturelle.
2. O. ScHMiEDEBERG, Contemporain, professeur de pharmacologie à l’Université de Strasbourg.
COMPOSITION CHIMIQUE DU CORPS HUMAIN
avec des substances comme la tyrosine (formation de l’encre de Seiche, noircissement de l'hémolymphe de divers insectes, formation des tumeurs mélaniques du cheval, etc.)- Or, les processus d’auto- 2yse, qui se passent à peu près dans tous les organes, donnent naissance à des produits aromatiques, analogues à la tyrosine ; des tyrosinases transformeraient ensuite ces produits en mélanines. Comme il y a divers lipochromes, il y a sans doute des mélanines différentes, quoique assez voisines les u*nes des autres.
Ce sont des pigments bruns, amorphes, pouvant prendre en couche épaisse une teinte tout à- fait noire, très résistants aux divers réactifs. Ils se présentent ordinairement sous la forme de granulations. Si on les fait bouillir avec une solution concentrée de potasse caustique, ils se dissolvent en donnant un liquide brun, qui se décolore quand on le soumet à l’action du chlore; c’est là uncaractèi’e par lequel ces grains se différencient de la poudre de charbon.
Outi’e le carbone, l’hydrogène, l’oxygène et l’azote, ces substances contiennent généralement du fer et du soufre. Cependant le pigment choroïdien est privé de soufre, tandis que le pigment des cheveux en est relativement riche. Le rôle des matières minérales dans les pigments et la place qu’elles y occupent ne sont d’ailleurs pas encore exactement déterminés. Ar-mani) Gautier a démontré la présence de l’arsenic dans les cheveux et les poils et il pense que ce corps joue un rôle important dans la coloration des appendices cutanés d’un grand nombre de Vertébrés (Oiseaux surtout).
On trouve des mélanines spécialement dans la peau et les poils, dans la choroïde, dans les tumeurs dites mélaniques.
c. Pigments azotés de la série aromatique. — Quoique l’on ne trouve pas de ces pigments dans l’organisme humain, il convient d’en signaler ici l’existence, parce qu’on en rencontre dans une classe d’êtres qui intéressent le médecin au plus haut point.
11 y a, en effet, un assez grand nombre de bactéries dites chromogènes, qui produisent des pigments rouges (tel le Bacillus prodigiosus), violets, bleus {Bacillus prjocijaneus ou du pus bleu), verts (même bacille), orangés, bruns, jaunes {Staphylococcus aurews), etc. Ces bactéries sont surtout des saprophytes, qu’on trouve sur le pain, la viande, le lait. Les espèces à pigment rouge paraissent être les plus fréquentes (bacilles de la sardine, de la morue, du lait, etc.). Plusieurs auteurs ont montré que la plupart de ces pigments, produits au contact de l’air, ont, par l’ensemble de leurs réactions et de leurs propriétés optiques, une grande analogie avec les couleurs d’aniline. Il est bon d’ajouter que l’on n’a pas encore pu déterminer la véritable nature chimique de ces matières colorantes.
La fonction pigmentaire des bactéries peut être modifiée et môme Gley. — Physiologie. 4
PHYSIOLOGIE CELLULAIRE
supprimée sans que soit diminuée la vitalité de l’être. En changeant les conditions de milieu, on a transformé des microbes chromogènes en espèces incolores. De la même manière, on le sait, on modifie aussi la virulence des espèces microbiennes pathogènes. « On pourrait presque dire que le pouvoir chromogène et la virulence sont des fondions de luxe, puisque, en somme, ces fonctions, distinctes de la nutrition élémentaire et de la multiplication, ne sont indispensables ni à la vie, ni à la reproduction du microorganisme L »
1. L. Guignard, Notions générales sur les bactéries (in Traité de pathol. générale de Ch. Bouchard, t. II. Paris, iSgS).