‹ Traité élémentaire de physiologieChapitre 86 sur 510 · I. — DIFFUSION · texte numérisé non relu

I. — DIFFUSION

Pour étudier le mécanisme du ]>assage des substances étrangères du milieu extérieur jusque dans l’intérieur des éléments anatomiques, il faut d’abord savoir de quelle manière les li(iuides agissent sur les liquides.

Supposons deux liquides miscibles; sans qu’on les agite, ils se mélangent peu à peu au bout d’un temps plus ou moins long. C’est, par exemple, ce qui arrive avec l’eau et l’alcool qui, à cause de leur différence de densité, peuvent être placés en contact sans se mélanger tout d'abord ; au bout de quelque temps on constate que les deux liquides se sont pénétrés. Cette diffusion se fait plus ou moins rapidement, suivant plusieurs conditions que les physiciens ont déterminées ; les principales sont : 1° la nature des substances ; les acides diffusent très vite, les sels alcalins et la glycose plus lentement, la gomme et l’albumine plus lentement encore ; le physicien anglais CiBAiiAM^ a appelé cristalloïdes les substances qui se diffusent aisément (sels solubles, sucre) et colloïdes les substances dont la diffusion est plus ou moins lente (gomme, albumine, etc.); — 2° \o. chaleur (\\x\ accélère la diffusion dans de certaines limites ; — 3° la quantité de substance ; la diffusion est à peu près proportionnelle à la quantité de substance contenue dans la solution donnée; etc.

On a vu la cause de la diffusion dans les actions qui se passent entre les molécules liquides (actions moléculaires d’attraction et de répulsion). 11 y a en effet de très grandes variations dans l’intensité de la force de cohésion qui unit entre elles les molécules des divers liquides ; et il en est de môme pour les attractions que les différents liquides exercent les uns sur les autres. 11 suffit d’une attraction moléculaire, môme faible, d’un liquide pour un autre, pour que les forces répulsives qui écartent les molécules homogènes, n’étant plus exactement balancées par l’attraction réciproque de ces molécules (cohésion), entrent en jeu et ajoutent leurs effets à ceux de l’attraction entre molécules hétérogènes; dès lors se produit le phénomène de la diffusion.

Cette force, qui tend à faire passer les molécules d’un corps d’un liquide dans la masse d’un autre liquide, doit jouer un grand rôle, chez les êtres vivants, dans l’absorption.

Page 1