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II. — POUVOIR RÉDUCTEUR

Le protoplasma vivant est réducteur. Chez tous les animaux dont le sang contient de l’oxyhémoglobine, c’est-à-dire la substance par le moyen de laquelle s’opère la respiration, un seul lait suffirait à le prouver, à savoir que dans les tissus l’oxygène, nécessaire à la vie des éléments cellulaires, est enlevé à l’oxyhémoglobine par un phénomène de réduction. — L’organisme accomplit d’autres actions analogues ; il réduit les sels ferriques en sels ferreux, les iodates et les bromates en iodures et bromures; si l’on fait ingérer à des chiens des iodates, on retrouve des iodures dans les urines.

On a étendu l’importance de ces phénomènes de réduction. Dès 1881 et dans les années suivantes A. Gautier, se fondant sur ce fait que les processus de désassimilation des matières azotées du protoplasma vivant commencent par des dédoublements qui ont lieu avec hydrolyse, sans intervention d’oxygène, s’est efforcé de montrer que des acides aminés ainsi formés proviennent des composés basiques, véritables alcaloïdes, les leucomaïnes. De même, les ptomaïnes, autres substances alcaloïdiques, découvertes aussi ])ar A. Gautier, résultent de la putréfaction des matières albuminoïdes (décomposition de ces matières par des bactéries vivant et opérant sans air — vie anaérobie).

Des preuves directes du pouvoir réducteur du protoplasma ont d’ailleurs été données par Eiirlich, à l’aide d’une ingénieuse méthode. Si on injecte dans le sang d’un animal des matières colorantes, telles que le bleu d’alizarine ou de céruléine, qui se décolorent en fixant de l’hydrogène, on constate que certains organes prennent une teinte bleue, mais que d’autres restent incolores, parce qu’ils ont réduit la substance injectée; celle-ci a donc été désoxydée par des corps réducteurs intracellulaires. Ainsi les muscles, le foie, la partie corticale des reins, le parenchyme pulmonaire ont un pouvoir réducteur, hydrogénant, marqué. Si on pratique une section sur ces organes et qu’on les expose à l’air, ils deviennent bleus ; ce qui Gley. — Physiologie, Ç

PHYSIOLOGIE CELLULAIRE

prouve que leurs cellules avaient bien réduit la couleur sous forme d’un leucodérivé (Xsuxoç, blanc, incolore).

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