PLASTICITÉ DE LA GLACE
LtT conséquence de celte curieuse propriété est de donner à la glace, au moins dans le résultat, la physionomie d’une matière plasticpie. N’est-ce pas, en elîel, le propre de la plaslicilé de permettre le moulage sous toutes les formes possibles?
C'est aussi en raison de cette plasticité que s’eiïeclue la progression des glaciers qui du sommet des hautes montagnes descendent lentement mais srtrement vers les vallées, se moulant sur les accidenis <le terrain, surtout dans les parties déclives, s’accommodant enfin comme le ferait une masse molle aux formes et aux dimensions des intervalles à franchir. Toulefois cette plasticilé n’est pas réelle; la glace est vérilahlemeut un corps dur et élastique dont on ne saurait changer la forme qu’en le brisant ou en le fondant. .Mais la regélation produit, quand cela est néces.saire, tous les effets qui résulteraient d’une plasticité véritable. Ainsi, dans la descente du glacler,le bloc se divi.se sous l’action des obstacles qu’il rencontre, des fissures se forment d’ailleurs par suite de la fusion produite cA et là ; mais les fragments se ressoudent pour se briser et regeler encore, de sorte que, dans cette masse gigantesque en mouvement, l’esprit doit remarquer la progression majestueuse de l’eusemble et les mouvements particuliers des diverses parties dont la fragilité est, pour ainsi dire, rachetée par la puissance du regel.