POROSITÉ
assez étroits pour arrêter au pas.sage les petits corps solides tenus en suspension dans l'eau elle-iuêine.
C’est h raison de la perméabilité que se fait dans l’organisation la communication, le contact des liquides qui doivent agir l’un sur l'autre; car nulle part les vaisseaux ne sont ouverts et c’est toujours à travers la substance de leurs parois que se font les derniers échanges d’éléments néccs.saires fi l’action vitale.
En faisant intervenir une pression considérable, on jjeiit faire passer les liquides à travers les métaux. Ces derniers, ou du moins quelques-uns d'entre eux, le fer et le platine par exemple, portés à une température élevée, livrent un passage des plus faciles à dilTérenls gaz. C’est ainsi que les poêles en fonte peuvent, quand ils sont rouges, laisser passer au dehors quelques-uns des produits insalubres de la combustion, et donner lieu à des accidents plus ou moins graves.
Mais alors même qu’on ne peut constater aucun degré de perméabilité, on doit toujours admettre qu’il existe des pores, et on en trouve la preuve dans ce fait que tous les corps peuvent augmenter ou diminuer de volume, qu’ils sont tous dilatables et compressibles. La dilatation des corps |>ar l’action de la chaleur e.st un phénomène général (]ui sera étudié plus loin; nous parlerons seulement ici de la compressibilité.
22. Compressibilité. — La compressibilité consiste dans la réduction de volume qu’éprouvent les ditTérents corps sous l’action d’une pression extérieure. La compressibilité des solides e.st extrêmement faible, c’est-à-dire qu’il faut une pression extrêmement considérable pour produire une diminution de volume, sensible. Toutefois le fait a été plus d’une fois constaté, notamment dans les constructions où l’on a souvent besoin d’en tenir conqjtc.
I.a compressibilité des li<|uides, plus forte (jue celle des solides, est encore extrêmement faible. Aussi, en les comparant aux gaz, les a-t-on appelés souvent fluides incompressibles. On peut très-aisément, à l’aide de l’appareil imaginé par (F.rstedt et que représente la figure 12, constater que les liquides sont plus compressibles que les solides, et mesurer approximativement le degré de leur compressibilité. Le liquide à comprimer est renfermé dans une sorte de
28 CONSTITUTION DES CORPS
gros IhermoinfMre b. appelé piézoïnètre, dont le tube est soigneusement divisé et dont on a jaugé le réservoir de façon que l’on sait à combien de divisions du tube équivaut son volume. Une bulle de mercure placée au-dessus de la colonne li(|uide sert d’index, et l’appareil est placé dans un vase a à parois Irés-épaisses.
On exerce alors à l'aide du bouchon à vis kth une pression plus ou moins considérable, et on voit l’index de mercure descendre et accuser ainsi une diminution de volume du liquide.
Quant à la pression, elle se déduit du volume do l’air contenu dans le tube c qui sert de manomètre. Dans cette expérience, le nombre de divisions dont se meut l’extrémité de la colonne li<iuide indique la diminution appareille de volume, c’est-à-<lirc l’excès de la diminution du volume du liquide sur celle de l’enveloppe. Il est aisé en effet de concevoir que le vase tbermométri(jue lui-même doit, sous la pression qu’il subit, éprouver une variation de capacité dont il est nécessaire de tenir compte. OKrstedt supposait que cette variation est insensible ou nulle, puis([ue la pression se manifeste à l’extérieur aussi bien (ju’à l’intérieur du piézomètre. .Mais cette conclusion est erronée, car si l’on suppose le vase Ibermométrique plein et qu’on le soumette à une compression, les couches intérieures devront réagir avec une force précisément éijuivalente à celle qui SC produit loi’sque le liquide occupe l’intérieur de l'instrument creux. 11 suit de cette remarque que le piézomètre, dans l’expérience d’OEretedt, éprouve une diminution de volume égale à celle qu’éprouverait un piézomètre plein dans les mômes circonstances.
Digilized by C^iiogle