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COMPRESSIBILITÉ DES LIQUIDES

Il faut donc, pour avoir la diininulion véritable du volume du liquide, ajouter à la contraction apparente celle de l’enveloppe. Cette dernière est assez délicate à connaître, et les différents auteurs n'ont pas été d’accord sur la manière de la calculer. Ce qu’il y aurait de ])lus simple, ce .serait, ainsi que le fait M. Jamin dans des recherches qui ne sont pas encore terminées, de la mesurer direclement.

Il résulte des evi)éi’iences faites sur ce sujel, que la compressibilité de l’eau est de 0,000048 pour une pression de 1 kilogramme par ceutimôlro carré de surface (une atmosphère); elle diminue ([uand la température augmente. L’alcool et l'éther sont un peu plus compressibles; mais, conlrairement à ce qui a lieu pour l'eau, la compressibilité augmente avec la température. Le mercure est beaucoup moins compressible, ;'i peu près 16 fois moins que l’eau : on peut donc, dans les e.vpériences ordinaires, négliger tout à fait la variation de son volume.

Les gaz sont énormément plus compressibles que les solides et les liquides; il suffit pour s’en convaincre de se sei'vir de l’instrument appelé, on verra plus tard pourquoi, briquet à air.

C’est un cylindre de verre à parois épaisses, fermé à une de ses e.vtrémités. On adapte à l’autre un piston qui joint e.vactement le tube ; il suffit alors de presser avec Fisune certaine force pour réduire le gaz è la moitié, au

à air.

tiers, au di.viôme de son volume.

On doit conclure de 1:\ que dans les gaz les particules sont incomparablement plus écartées que dans les solides et les liquides, et par conséquent qu’il e.xiste beaucoup moins de matière sous le même volume. Pour donner une idée de cette différence, il nous suffira de dire qu’un centimètre cul>e d’eau réduit en vapeur à la température de 100" occupe, sous ce nouvel état, un volume de 1700 centimètres cubes environ.

23. Élasticité. — La constitution moléculaire des corps conduità la notion de l’élasticité. 11 résulte, en effet, des e.vplications précédentes que, si des forces extérieures viennent à agir sur un corps, les

CONSTITL'TION DES COUPS

molécules se rapprochcronl ou s’éloigneront les unes des autres, jus<iu'à ce (lu’un nouvel état d’équilibre .se .soit établi entre les forces e.vtéricures et les forces moléculaires. Si alors les premières cessent d’agii-, il pourra arriver <iue les molécules reprennent exactement leurs positions primitives. Toutefois elles ne s’arrêteront pas immédiatement dans CCS positions, elles les dépasseront en vertu des vitesses acquises et exécuteront autour d’elles un ccrUûn nombre d’oscillations. C’est ainsi, |>ar exemple, (lu’une lame d’acier tixée à une de ses extrémités et dont on écarte l’autre, revient à sa première position en exécutant autour d’elle une série de vibrations. On donne le nom iVélasiiciié à la propriété en vertu de laquelle les molécules des corps, écartées de leurs positions d’équilibre par des forces extérieures, y reviennent quand ces forces ont cessé d’agir. Il y a sous ce rapimrt de très-grandes dilîérences entre les corps solides; les uns, comme le caoulclmuc, peuvent subir de très-grandes déformations sans cesser de revenir à leur premier état; tandis que d’autres, comme la cire molle, la terre glai.se, conservent successivement les diverses formes ([u’on leur imprime. Dans les premiei-s la limite d’élasliciié est Irès-étenduc, dans les seconds elle est trèsfaible on nulle. On dil aussi (]ue les premiers corps sont très-élastiques, tandis que les seconds le sont très-peu. Toutefois ces expressions ne sont pas très-précises et peuvent donner lien à des équivoques. On peut dire en elTct (|ii’un corps est très-élastique lorsqu’une certaine action extérieure développe une très-forte réaction moléculaire, circonstance (jui ne suppose pas du tout que la limite d’élasticité .soit étendue. A ce point de vue, les corps analogues au caoutchouc seraient peu élastiques.

Dans les liquides et les gaz il n’y a pas de limite d’élasticité. Eu elTet, la forme et la disposilion des molécules n’ayant aucune inlluence sur l’éiiuilibre, celui-ci ne dépend que de l’intervalle qui les sépare. Il en résulte que ces molécules reviendront <\ la même distance lorsque les forces auront la mémo valeur. Aussi, quelqno compression que l’on exerce sur un liipiide ou sur un gaz, ceu.x-ci reprennent toujours leur volume primitif, loi'S((ue la force qui produit la compression ces.se d’agir.

Les applications de l’élasticité des solides sont nombreuses et

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