POUVOIR RÉFLECTEUR
liqucs de iiiêiiie nature. Ainsi, par exemple, on ne peut, en aucune façon, comparer le pouvoir émissif du carbonate de plomb chaulTé à 100“ avec son pouvoir absorbant pour les rayons solaires.
La mesure des pouvoii’s émissifs à des lempératurcs élevées est assez limitée, de sorte <iue l’égalité, à toute température des pouvoir émissifs et absorbants pour la chaleur, constitue plutôt une conception théori<iue qu'une vérité expérimentale.
319. Pouvoir réflecteur. — Le pouvoir réflecteur d'un corps est mesuré par la [U'oportion de la chaleur incidente que la surface de ce corps réfléchit régulièrement. .Melloni , d'une part ,
Kig. *201. — Mutmre du pouvoir rcflucteur.
■MM. LÎîprovoslaye et Üesains, de l'autre, ont étudié les pouvoii's réflecteurs en disposant le thermo-multiplicateur comme l’indique la figure 291.
En un point II de la règle de l’a|>pareil, se trouve un support portant une plate-forme circulaire divisée Ü. Une seconde règle !>' mobile, à charnière autour de l’axe même du support, porte l’appareil thermoscopi(pic E.
Sur le support on place une plaque de la substance à étudier, et on dirige la règle mobile de façon (|ue les rayons émis par la lampe, après leur réfle.xion sur la plaque, viennent aboutir à l’ouverture de la pile; la division tracée sur lu plate-forme permet d’obtenir facilement ce résultat.
Pour faire une observation, on commence par placer la règle D'
iU
CHALKL'H HAYONNANTE.
sur lo proioiigeinont (l(î la rt^glp pi incipalo, et on observe ainsi l'intensité (le la radiation directe. On |dace ensuite la pile sur le trajet du faisceau rénéchi, et le rapport de l'inlensité obtenue dans ce cas à celle (|ue produit le faisceau dirccl donne la mesure du pouvoir rédecteur.
Voici queKpies nombres empruntes aux recbercbes de M.M. Laprovoslaye et Desaiiis; la source de chaleur employée était une lampe de Localelli :
P*>l'VOlK P<H-VÜII»
rénwtour. rénwteur.
Pliiipié d'ar^’Ciit 0,97 l'Ialine poli 0,80
Or 0,9o Acier 0,8.1
Laiton 0,9.7 Zinc 0.81
Métal (les miroirs 0,8(i Fer 0,77
fetain 0,8.7
Les mêmes observateurs ont constaté (jue, dans le Cits des sulislances dialbermanes, le pouvoir réllecleur varie nolablement avec l’incidence, aiti.si (juc cela arrive pour l(*s rayons lumineux.
Pour les mélatix celle inllueuce de rincidence est Ivcaucoup moindre; ainsi le pouvoir réneclettr reste à peu près constant jusqu'à 70 ou H0°; pour une incidence plus grande, il ditiiinue coiitrairement à ce (|tii a lieu pour les substances Iran.spareiites.
Enriii ,M.\I. Laprovoslaye et l)(xsains ont constaté, conlrairement à ce qu’on avait cru jus(|ue-là, que le pouvoir réflecteur varie avec la nature de la source. Ainsi, le pouvoir réflecleur de l’argenl poli, qui est de 0,07 pour les rayons de la lampe de Locatelli. toiiibc à 0,02 pour les rayons solaires. On voit que dans tous les cas le pouvoir réflecteur de l’argent poli est extrêmement considérable; connue il n'-sulte d’ailleurs d’expériences comparatives trf’s-nombreuses, (|ue dans les radialions à la fois lumineuses et calorilîques In cbaleiir et la luniièn! se réfltk'bi.ssent en (‘gale proportion, on comprend tout l'avanlage ([ue présentent les miroirs argentés employés deimis quehjue tenqjs dans la coustruclion des télescopes.
320. Pouvoir diffusif. — La dilTusion est la réflexion irrégulière de la chaleur, produite sans doule par la multitude des aspérités qui se rencontrent à la surface des corps les plus polis. On
l’OüVOIR UIKKÜSIK.
peut Irès-aiséiiipiit constater la réalité de la diffusion. 11 suffit de faii’o loinber un faisceau calorifiiiue sur une plaque d’une uialière male, telle que du carbonate de plomb par exemple. En plaçant la pile au-devant de la plaipie et dans une position quelconque, on observe une déviation du galvanomètre. Il est impossible d’attribuer l’effet produit A réchauffement de la plaque; ellc-mémc; car, d'une part, cet effet est instantané et atteint immédiatement son maximum, tandis que s’il [irovenait de réchauffement il faudrait pour cela un temps assez considérable. D’ailleurs on peut interposer sur le trajet de la chaleur diffusée une lame dialhermane capable d’arrêter presque complètement les rayons à basse température, une lame d’alnn par exemple: il n’en l'ésulle qu’une faible diminution dans l’indication de la pile, tandis qu’il en serait tout autrement si cette indication avait pour origine l’écbauffemcnt de la plaque diffusante.
Le pouvoir diffusif des matières males, surtout quand elles sont blanches, est extrêmement considérable, comme le prouve le tableau suivant, emprunté aux recherches de MM. Laprovoslaye et Desains :
l’üUVOlIt DI F F U. SI K.
Céruso t'.SS
Foudre d’argent 0,76
Ctiromalc de plomb 0,66
On SC rend compte ainsi de l’intensité de la chaleur que l’on éprouve dans le voisinage d’un mur blanc éclaire par le soleil, bien qu’on soit à l’abri des radiations directes. Cette diffusion se fait d’ailleurs en proportions variables suivant la direction, et c’est dans le voisinage du faisceau, régulièrement réfléchi, (|ue celle proportion, est la plus considérable.
L’intensité du faisceau diffusé varie très-notablement avec la nature de la source, et c’est IA une analogie très-réelle avec la difl'usion de la lumière. Melloni mettait le fait en évidence de la manière suivante :
11 faisait tomber un faiseau de chaleur sur une matière diffusante étalée à la surface d’un disque de carton très-mince; sur la
CHALEUR RAVO.NNANTE.
fiice opposée du carton était étendue une couclie de noir de fumée. Lorsiiue l’équilibre de température était établi, on plaçait la pile successivement en avant de la placpie diffusante et en arrière du côté du noir de fumée, dans une position symétrique. On obtenait ainsi deu.v indications très-différentes. La première provenait, en effet, et de la diffusion de la chaleur, et de son émission par la plaque échauffée; la seconde avait pour origine l'émission seulement. ür on constate que le rapport de ces deux indications est très-différent suivant qu'on emploie une source ou une autre; en général la diffusion est proportionnellement Ix'aucoup plus forte pour les nidiations lumineuses el à température élevée.
321. Propriété particulière du noir de fumée. — Quand on fait l’expérience précédente en recouvrant les deux faces du dis(]ue de noir de fumée, on trouve cju’il y a une très-i)etite différence entre les effets des radiations do la face postérieure ou antérieure du disijiie. Cette différence doit être attribuée naturellement au léger abaissement de température i)ioduit par l'épaisseur du disque. On peut donc conclure «pie la totalité de la chaleur a été alrsorlwe par le noir de fumée. Ce résultat important est confirmé par des expériences dii'ecles dans lesquelles il a été itnpossible de constater la moindre trace de pouvoir réffecteur ou diffusif dans cette substance. D’ailleurs les rapports des deux effets restent constants quand on emploie une source ou une autre; d’où on voit que l’absorption des radiations adoriflques par le noir de fumée est dans tous les cas indépendante de la nature de la source.
Cette propriété intéressante justitie la pratique constante qui consiste à recouvrir les appareils thermoscopiques de noir de fumée; on augmente ainsi leur sensibilité sans nuire à leur exactitude, puisque l'absorption est indépendante de la nature de la source.
322. Pouvoir diathermique. — La diathermanéité, c’est-à-dire la propriété qu’ont certaines substances de se laisser travei'ser par la chaleur rayonnante, n’a été constatée d’une manière explicite qu’à une époque relativement récente. On admettait bien le passage à travers le verre, par exemple, des radiations très-lumineuses comme celles du soleil, mais on ne supposait pas qu’il pùt en être de meme