‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 176 sur 385 · CAUSES D ERREUR · texte numérisé non relu

CAUSES D ERREUR

le calorique spticifique de la matière qui forme le calorimètre et l'agitateur; celte matière est ordinairement du laiton, et on peut considéi’er son calorique spècitique comme suflisamment connu par des expériences antérieures. Quant aux deux termes dépendant du thermomètre, on peut les déterminer directement dans une expérience spéciale en expérimentant sur un corps dont le calorique spécifique soit connu.

II. Le calorimètre, échaulTé par le corps que l’on immerge dans son extérieur, perd par le rayonnement une certaine quantité de chaleur, dont il est néce.ssaire de tenir compte si l'on veut opérer rigoureusement. Rumford avait proposé dans ce but une méthode dite de compensation, fpii est fort simple. Elle consiste fi abaisser la température initiale du calorimètre au-dessous de la température ambiante d'un nombre de degrés précisément égal à celui qui marquera l’excès de la température finale; un làtonnement préliminaire permet d’arriver facilement ù ce résultat. De cette façon, on peut diviser l’expérience eu deux périodes : l’une i)cndant laquelle le calorimètre gagne de la chaleur par rayonnement, l’autre pendant laquelle il en perd; et comme les excès sont les mêmes, on peut admettre que ces quantités de chaleur sont égales. Toutefois cette compensation n’est pas rigoureuse, parce que les deux périodes n'ont |)as la même durée; aussi les expérimentateui’s ont-ils généralement suivi une méthode dilTércntc. Ils déterminent par le procédé indi(jué (307) la constante propre fi la vitesse du refroidissement du calorimètre, et ils s’en servent pour calculer directement le nombre de degrés perdus par rayonnement. Pour faire ce calcul, au lieu de supposer que la variation de température se fait d’une manière continue, ils divisent la durée de l’expérience en un certain nombre de parties pendant lesquelles ils supposent l’excès constant; ce procé<lé approché est toujours suffisant.

III. Le calorimètre perd aussi de la chaleur par les supports. Ou ne peut à cet égard qu’atténuer l’efTet produit; mais en employant des supports très-mauvais conducteurs, en diminuant leur section et l’étendue des surfaces sur lesquelles le calorimètre repose, on pourra négliger tout h fait la chaleur perdue par cette voie.

.^joutons que des précautions spéciales doivent être prises pour

CALORI.MÉTRIE.

que la lempürature initiale du corps soit bien connue, et pour éviter le refroidissement dans le trajet de l’enceinte où il est cbaufTé au calorimètre.

344. Appareil de H. Régnault. — .M. Régnault a fait sur les chaleurs spéciûques des solides et des liquides un très-important travail, en se servant d’un appareil où sont réunies les meilleures conditions de commodité et d’exactitude. Le corps à étudier, divisé en petits fragments, est renfermé dans une corbeille cylindrique G en üls de laiton très-minces. Cette corbeille est portée dans une

Fig. 305. — Appareil de .M. Régnault.

étuve \ fermée supérieurement par le bouchon K et inférieurement par un registre E tjue l’on peut tirer à volonté. La corl)eille, supportée par un ül, est suspendue au bouchon K, qui laisse passer la tige d’un thermomètre dont le réservoir occupe un petit tube placé au centre de la corbeille et formé de même matière qu’elle. L’étuve est entourée d’une double enveloppe ; dans l’une B circule de la vapeur d’eau qui, produite dans la chaudière V, va se condenser par le moyen du tube Ddans un réfrigérant; la seconde enveloppe C renferme de l’air, elle est destinée à empêcher la partie intérieure de se refroidir par le contact de l’air extérieur.

Tout le système repose sur la portion ,M d’un vase métallique

APPAREIL DE M. REGNAULT. 44.n

creu-x en forme tl'équcrre, rempli d'eau el dont la face verticale N sert d’écran et protège le calorimètre contre l’action du foyer. Ce calorimètre est formé d’un vase en laiton très-mince et poli, reposant sur des üls de soie tendus au fond d’un second vase plus grand qui l’enveloppe. Ce dernier est porté par trois points sur un petit chariot en bois pouvant glisser facilement sur une règle servant de rail. Une petite potence dépendant du chariot supporte le thermomètre qui est destiné à donner la température de l’eau du calorimètre. Cela posé, voici la marche d’une e.vpérience :

Le corps étant introduit dans la corbeille, on place celle-ci dans l’étuve et on fait circuler la vapeur. Pendant que cette opération s’exécute, le calorimètre est éloigné autant que possible de l’appareil. Au bout d’un temps variable, mais qui est toujours assez long, le thermomètre de l’étuve atteint une température stationnaire.

Ou amène <i ce moment le calorimètre au-dessous du registre E, on tire celui-ci, et décrochant rapidement la corbeille, on la descend dans le calorimètre, qu’on ramène immédiatement dans sa position initiale. On agite l’eau qu’il contient et on note la température finale du mélange. On a ainsi tous les éléments nécessaires pour l'établissement de l’équation indiquée plus haut.

Pour opérer sur les liquides, on les renferme dans de petits tubes de verre très-mince, et on tient naturellement compte dans l’équation des mélanges de l’cllet dû à celte enveloppe auxiliaire.

On prend la même précaution pour les corps solubles dans l’eau ou attaquables d’une manière quelconque par elle. On peut aussi employer au lieu de l’eau un autre li<iuide, i>ar exemple l’essence de térébenthine.

Voici le tableau de la chaleur spécifique de quelques substances :

Eau ■ <,00000

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