CIIALEL'R DÉVELOPPÉE PAU LE FROTTEMENT
leur que développe le frottement ù l’aide de l’expérieucc suivante, imaginée par M. Tyndall :
Ln tube de verre, contenant de l’eau (lig. 31 1), et fermé par un bouchon, peut recevoir un mouvement de rotation rapide autour de son axe. Pendant son mouvement, on le presse avec une pince en bois, recouverte de cuir. L’eau s’échauffe graduellement, elle finit par atteindre le point d’ébullition, et à un certain moment le bouchon est projeté, suivi d’un jet abondant de vapeur. Loi-sfju’on frotte deu.v corps il se produit donc un phénomène calorifique qui peut être fort intense, et l’on ne voit aucun autre corps dont le refroidissement corresponde à la chaleur développée.
Au commencement de ce siècle , Humford avait étudié avec beaucoup de soin la chaleur développée dans le tournage d’une pièce de canon ; il avait reconnu que cette chaleur est énorme, et avait été conduit ù renoncer à l’idée de la matérialité du calorique. Mais les partisans de cette hypothèse supposaient que la capacité calorifique de la matière pulvérisée est moindre que celle de la matière solide; dès lors on concevrait que 1’e.vcès de chaleur nécessaire pour porter à la même température le métal sous son état primitif est précisément celle qui apparaît dans l’opération mécanique. .Mais celte supposition est entièrement gratuite, il n’y a pas de différence sensible, appréciable, entre la capacité calorifique du métal agrégé et celle du métal en poudre. D’ailleurs, une expérience célèbre sur cette question met à néant cette explication d’une façon tout à fait décisive. Davy imagina de frotter l’un contre l’autre deux morceaux de glace, et il reconnut que la glace fondait par le frottement. Or, bien loin que la capacité calorifique de l’eau soit plus faible que celle de la glace, elle est beaucoup plus considérable.
Il faut donc nécessairement avoir recours ù un ordre d’idées tout différent pour se rendre compte de la production de la chaleur par le frottement. Or, pour produire le mouvement du corps frottant sur le corps frotté, il faut évidemment développer, consommer une certaine quantité de travail; c'est ce travail qui reparaît sous forme de chaleur. Les deux phénomènes sont donc non-seulemeut deux choses corrélatives pouvant naître l’une de l’autre, ce sont