ÉLECTRICITÉ DANS LU VIDU
Si 011 fait le vide absolu dans un tube, aucun mouveinenld'ülectricité et, par suite, aucune lueur ne peut se produire. L’appareil iiidiqiK* par la figure 368, qui a été construit par M. Alvergniat, permet de constater le fait. Dans le tube T on a fait le vide aussi complètement que possible à l’aide de la machine de Geissler, puis on fa poilé et maintenu quelque temps h une température voisine de celle de la fusion du verre.
Il se produit sans doute dans cette circonstance une absoption des dernières particules d’air, car alors aucune étincelle ne peut plus se produire. En effet, dcu.\ fils de platine, passant à travers le tube, s’approchent à une distance
H Fig. 308. — Expi'rieiicc montrant que l'tileclricité
de 7^ de millimètre; on «e passe pa» danslo vide.
met les pôles de la machine de lloitz en communication par le moyen des bornes B et B', d’une part avec ces dcu.v fils, d’autre part avecdeu.v tiges dont les extrémités p et p' arrivent à une petite distance l’une de fautre dans fair. Or, pendant tout le temps que la machine fonctionne, on voit des étincelles se produire entre ces dernières, tandis que, malgré la distance extrêmement petite qui sépare les fils de platine intérieurs, il ne se produit entre eux aucune lueur perceptible. Au lieu de ramener les fils extérieui’s dans l’air à une petite dislance fun de l’autre, on peut les adapter à l’extrémité d’uii tube à gaz raréfié et d’une longueur considérable; celui-ci se remplit de lueurs sur des parties d’autant plus grandes d’ailleui's que la force élastique de fair est plus petite; on voit donc qu’à mesure que le gaz devient plus rare, la longueur de la lueur devient de plus en
plus considi‘rable pour devenir nulle lorsque la densité du gaz est nulle elle-inéme, ainsi que nous le disions en comnienrnnt.
439. Couleur de l’étincelle. — La couleur de l’étincelle électrique dépend de deux causes : 1“ de la nature des conducteurs métalliques entre lesquels elle jaillit; 2“ du milieu gazeux au sein duquel elle se produit. Lorsque l’étincelle est forte, la première influence tend à prédominer; c’est le contraire quand l’étincelle est faible. La modification qu’introduit le métal parait due à une portion de la substance qui se vaporise; ou remarque en effet, eu étudiant l'étincelle an spectroscope, que le spectre présente des raies brillantes qui, ainsi que nous le verrons plus loin, se produisent exclusivement dans les sources lumineuses renfermant des vapeurs métalliques.
Pour étudier l’influence du milieu ambiant, on emploie des étincelles faibles, et à cet effet on opère dans des tubes contenant des gaz raréfiés (flg. 369).
Les extrémités sont traversées par des fils de platine, métal difficilement vaporisable d’ailleurs, que l’on met en communication avec les pôles de la machine de tloltz. C’est ainsi que l'on reconnaît que l'étincelle est blanche dans l’air ou l’oxygène avec une nuance de bleu, bleue dans l’azote, rouge dans l’hydrogène, verte dans l’acide carbonique, etc.
440. Multiplication de l’étincelle électrique. — Les anciens électriciens avaient imaginé un certain nombre d’appareils dans lesquels on produit des effets lumineux plus ou moins intéressants par la multiplication de l’étincelle électrique. Le principe do tous ces appareils est le même. On dispose sur une lame isolante de petits losanges en étain dont les extrémités successives sont très-rapprochées les unes des autres. Le premier losange
Kig. 30».
ThIk' pour les gaz rarOfli's.
TÜBE ÉTINCELANT.
de la série esl en communication avec une boule métalli(|ue qu'on peut approcher de la machine électrique, tandis que le dernier touche une autre boule communiquant elle-méine avec le sol. Lorsque une étincelle jaillit de la machine, elle se reproduit à toutes les solutions de continuité, ce qui donne lieu à un trait lumineux instantané, d’un effet souvent assez curieu.v.
Dans le tube étincelant (flfç. 370). les losanges d’élain forment une ligne en spirale autour d’un cylindre de verre qui communique avec les deux garnitures inétalliques du cylindre. On inet en com-
Fig. 371. — Globe étincelant. Fig. 37‘L — Carreau gtincclant.
munication la garniture supérieure avec la machine et la garniture inférieure avec le sol.
Lorsqu’on emploie un globe de verre au lieu d’un cylindre, l'appareil prend le nom de globe étincelant (fig. 371).
Dans le catreau étincelant (tig. 372), une languette d’étain est disposée d’une manière continue en lames parallèles, cominuniquanl par ses deux extrémités avec deux boules placées en haut et en bas du carreau. A l’aide d’une pointe on établit sur la languelte une
série de solutions de continuité dont l’ensemble peut représenter un dessin quelcoïKjue. Lors du passage de l’étincelle, un trait brillant apparaît à cbacune des interruptions, d’où résulte sur le verre un dessin en traits de feu.
441. Propriétés physiologiques de l'étincelle. — Électrisation du corps humain. — Lorsqu’on approche le doigt d’une inacbine électrique en acti\ité de manière à en tirer une étincelle, on éprouve une sensation d’une nature spéciale et assez difficile à décrire. C’e.st comme une sorte de choc douloureux dans les articulations du bras qui les fait fléchir spontanément. L’effet, tout ii fait passager lorsque la machine est peu puissante, donne lieu, dans le cas contraire, à une impression pénible qui peut persister plus ou moins longtemps après le choc. Avec des machines dont le plateau a de 1"‘,50 à 2 mètres de diamètre et un système convenable de conducteui-s' secondaires, les étincelles peuvent devenir véritablement redoutables. Nous remarquerons ù ce sujet que ce sont les machines :'i plateau de verre du .système Ramsden qui sont seules susceptibles de produire directement de grandes étincelles. Dans la machine de llollz il se produit comme une sorte de courant continu d’électricilé à faible tension; si l’on veut avoir des étincelles véritables, il faut mettre les deux conducteurs en communication avec les armures d’un condensateur.
Dans le voisinage d’une forte machine électrique fonctionnant par un temps bien sec, on éprouve comme le sentiment d’un voile léger sur la figure, les cheveux s'impressionnent à leur base et tout le corps se trouve sous une impression spéciale due au mouvement de l’électricité développée par l’inlluence du conducteur. Ces phénomènes se présentent avec plus de netteté encore lorsqu’on moule sur le tabouret isolant et qu’on place la main sur le conducteur. La personne qui fait cette ex])érience devient ainsi une dépendance ou un prolongement du conducteur lui-mème, elle s’électri.se, ses cheveux se hérissent et deviennent lumineux dans fobscurité. Si on approche d'elle un corps conducteur, les cheveux relombent à chaque étincelle produite pour se relever immédiatement après.
On a essayé autrefois d’introduire ces effets spéciaux de l’électricité dans la thérapeulique médicale. On a successivement em-