PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES DE L'ÉTINCELLE
ployé la machine électrique et la bouteille de Leyde. Ces deux modes sont à peu près abandonnés aujourd’hui, et les médecins qui se servent de l’électricilé utilisent e.\clusivement les courants électriques obtenus par les méthodes qui seront décrites dans la suite rie cet ouvrage.
442. Propriétés mécaniques et physiques de l'étincelle. — L’étincelle électrique produit un ébranlement mécanique trèsintense dans le milieu oii elle se produit. On le démontre trèsclairement à l’aide du thermomètre de Kinnersley (flg. 373). Il se compose de deux tubes de verre d’inégal diamètre; le plus large est complètement fermé; quant à l’autre, il communique avec l’air. La partie supérieure du large tube est traversée par une tige métallique terminée en boule, qui peut se placer à une distance variable d’une autre boule communiquant avec la garniture inférieure de l’appareil. On place dans l’instrument un liquide assez mobile, de l’alcool par exemple, de façon que son niveau atteigne à peine la boule inférieure. Au moment où l’étincelle jaillit à l’intérieur, le liquide est projeté avec une grande violence, et peut s’élever à une hauteur de plusieurs mètres si l’étincelle est suffisamment forte.
La même propriété de l’étincelle se manifeste dans l’expérience du mortier électrique (flg.37(i); la figure dispense de toute explication.
L’étincelle peut se produire dans l’intérieur d’un liquide mauvais conducteur qu’elle ébranle d’une façon analogue ; si le liiiuide
Fig. .'*73.
Thennomètre de Kinncnley.
Fig. 374. — Mortier tMeciriquc.
076 KXl’ÉRIlîNCIiS DIVERSES AVEC L^V MACHINE ÉLECTRIQUE.
est renfermé dans un vase clos, celui-ci peut être brisé. Elle peut jaillir aussi à travere des corps mauvais conducteurs façonnés en lames ; il y a dans ce cas perforation de la lame ; mais il faut, pour ce genre d’expériences, des charges électiiques très-fortes, qu’on n’obtient facilement qu’avec les appareils qui seront décrits dans le chapitre suivant.
L’ébranlement moléculaire produit par l’étincelle doit inévilablemcut amener une élévation de température. On peut facilement déterminer l’inflammation de l’étber en approchant du conducteur de la machine électrique un vase présentant en son milieu une petite boule faisant très-légèrement saillie au-dessus du liquide; au moment où l’élincelle atteint la boule, l’éther s’enflamme. Avec des décharges plus fortes, on peut enflammer des matières moins combustibles que l’éther. C’est à l’élévation de température exclusivement que Klnnei-sley attribuait le mouvement du liquide dans son appareil ; de lù le nom qu’il lui donna et qui a été conservé. Ce n’est pas évidemment dans les corps mauvais conducteurs seuls que se produit un ébranlement moléculaire au moment de l’étincelle : un phénomène tout à fait analogue doit se rencontrer dans les corps conducteurs, et nous en avons vu la preuve dans rinflucnce que la nature du métal exerce sur la couleur de rétincellc. On pourrait d’ailleurs constater directement le fait en tirant d’une puissante machine électrique une étincelle à l’aide d’un conducteur en communication avec le sol, mais présentant sur son parcours un fll métallique très-mince; celui-ci, au moment de la décharge, peut s’échaulTer jusqu’à rougir.
443. Propriétés chimiques de l’étincelle. — L’étincelle électrique donne lieu à des phénomènes chimiques fort importants. Ainsi, quand elle se produit dans le mélange explosif de deux volumes d’hydrogène et d’un volume d’oxygène, elle détermine la combinaison des deux gaz. L’expérience se fait ordinairement dans le pistolet de Voila. C’est un vase en métal contenant le mélange et fermé par un bouchon. La paroi est traversée par une tige métallique isolée, terminée à l’extérieur et à l’intérieur par une boule ; celle dernière se trouve à une petite distance de la paroi, si bien (pie, si on produit à rextérieur une étincelle, celle-ci se reproduit à