DÉCLINAISON
Si la cliapo est placée de façon que raiguillc montée .sur son pivot .soit horizontale, on remarque qu'elle n'est point en équilibre dans une position quelconque, elle se fixe dans une position déterminée à laquelle elle revient constamment si on l’en écarte. Dans cette position, l’nne des extrémités se tourne à peu pris vers le nord, c’est le pôle nord ou pôle austral ; l’extrémité opposée, qui se tourne A peu près vers le .sud, s’appelle pôle sud ou pôle boréal. C’est sur cette importante propriété qu’est fondée la boussole. Ordinairement les aiguilles de boussole, primitivemcut trempées avec assez de force, sont recuites jusqu’à ce qu’elles aient pris une teinte bleue très-prononcée. Cette teinte est conservée sur la moitié de l’aiguille qui se tourne vers le nord ; on l’enlève sur faulre moitié, qui prend ainsi la teinte grise naturelle de l’acier.
490. Déclinaison. — En réalité le pèle austral de l’aiguille aimantée ne se tourne pas exactement vers le nord, il s’en écarte d’une certaine quantité variable d’un lieu à l’autre, et dans le même lieu d’une époque à une autre.
Cette différence porte le nom de déclinaison; elle peut êlrc orientale ou occidentale. A Paris, en ce moment, la déclinaison est occidentale et égale à 19° environ; le plan vertical qui contient l’aiguille aimantée s’appelle plan du méridien magtùikiue ; il fait avec le plan méridien du lieu un angle qui est précisément l’angle de déclinaison.
491. Inclinaison. — Si avant d’aimanter une aiguille d’acier on la fait travei-ser par un axe qui passe par son contre de gravité, et qu’on suspende celui-ci à un Û1 sans torsion, l'aiguille devra se maintenir horizontale et en équilibre dans une position quelconque.
PIIÏS. DE.SCIIAXEL. i 40
Fig. 415. — Di^dinaison.
6*ti DES AIMANTS.
Si alors on vient à l'aimanter, on reconnaît que raijîiiille cesse ri’cMre indifféremment en équilibre dans toutes les positions; elle s’oriente dans le plan du méridien magnétique et ne conserve pas
d’ailleurs dans ce plan une position horizontale (fig. !|16).
La portion qui se tourne vers le nord s'incline au-dessous de riiorizon et fait avec ce dernier un angle qu’on appelle inclinaiso». L’inclinaison varie comme la déclinaison ; elle est à Paris actuellement égale .'i OC".
Il suit <le cette circonstance (|iie, si l’on veut qu’une aiguille aimantée suspendue sur un pivot se maintienne horizontale, il faut <iue le pivot ne passe pas par le centre de gravit»; et «ju’il y ait un peu moins de matière du côté (|ui .tend à s’incliner sous l’horizon ; les aiguilles ainsi construites portent le nom d'aiguilles de déclinaison.
492. Actions réciproques des pôles. — Lumqu’on approche des extrémités il’une aiguille aimantée suspendue sur un pivot les pôles d’un autre aimant, on reconnaît «ju’il y a attraction ou répulsion, suivant que les pôles en regard sont de nom contraire ou de môme nom. Les pôles de nom conirnirc d'un aimant s'attirent ; les pôles de même nom se repoussent.
Cette propriété fournit le moyen de distinguer un corps simplement magnétique d’un corps aimanté. Le inemier est attirahle indifféremment aux deux p»des d’un aimant, tandis que le second pré.sente deux piMes dont l’un est attiré et l'autre repoussé. Les . attractions et les répulsions magnéli»iues se produisent d’ailleurs s<ins modification à travers un milieu quelconque, poun u qu’il ne soit pas magnétique,
493. Aimantation par influence. — Lorsqu’un morceau de fer est au contact ou seidement soumis à l’influence d’un barreau
fig. ilü. — Iiirliiiaifton.
AIMANTATION PAU INFLlliXCE.
iiimniitt^, il devient lui-niêiiic un iiiinant avec une ré;;ion moyenne et (leux pôles. Si, en effet, coniine le montre la figure /|17, on projette sur lui de la limaille, on voit cclle-d adluirer seulement aux
Fig. 417. — Aimaiiiutiou par influence.
extrémités. Si l’on enlève l'aimant inducteur, la limaille retombe et le fer n’a plus aucune aimantation appniciable. En employant l’acier au lieu du 1er, on oblient un résullat analogue, mais toutefois avec une différence très-importante. D'une i)arl, l’acier s’aimante moins et plus difficilement que le fer, mais, d’auli’C |)art, l’aimantation persiste après que l’infinence a cessé. La cause à lafpiellc on attribue cette propriéti! spéciale de l’acier a été d(''signée sous le nom de force cocrcilire. Quand le 1er est bien pur, qu’il est bien exempt d’aciération, il est tout h fait dépounu de force coercitive : on l’appelle fer doux.
Dans l’aimanlalion par infiuence on peut facilement reconnaître que le pôle qui est en regard du pôle inducteur a un nom contraire à ce dernier; il s’ensuit une action attractive mutuelle, à raison de la(iuelle le morceau de fer peut être supporté par l’aimant-, mais le fei' aimanté peut à son tour soutenir un deuxième morceau de fer et ainsi de suite (fig. '|18) en formant une chaîne magnélique.
Fig. H8. — CliaiiK’ inagiii!'lii|uf.
C’est en réaliKi par un mécanisme analogue que se forment les houppes de limailles adhcrenles à un barreau aimanté; elles sont en eiïet constituées par une série successive de grains, dont chacun, à raison de son aimantation temporaire, attire et retient au contact le suivant.
En comparant les phénomènes précédents à ceux de l’électrisalion par influence, on reconnaît entre eux une certaine analogie, mais avec une dilTérence considérable. En elfet, dans le cas des corps électrisés, il y a communication de rélcctricilé d’un corps à l’autre quand ceux-ci viennent au contact. Dans l’aimantation rien de pareil ; que l’action ait eu lieu au contact ou è distance, l'aimant consene toujoui’s son intensité initiale, ün doit conclure de là que, si, comme le supposait Coulomb, les phénomènes magnétiques doivent être attribués, comme les phénomènes électriques, à un fluide, celui-ci ne saurait passer d’un corps à l’autre.
494. Effet de la rupture d’un barreau aimanté. — L’expérience suivante permet d’aller plus loin. Si l'on vient à briser un barreau aimanté AU en plusieurs fragments, chacun d’eux devient un aimant complet avec les pèles disposés comme le montre la figure àl9.
Comme l'on peut imaginer que la division soit poussée jusqu’à la dernière limite possible, on doit se représenter un aimant quelconque comme le résultat de la juxUiposition d’un certain nombre d’éléments maijnèliques complets, indépendants, ayant chacun un
„ h i " i a j23^BS9^
Fig. ilO. — Rupture d’un barreau nimanlt'.
pèle austral et un pèle boréal et orientés tous de la même manière. Quant à la constitution des éléments magnétiques, elle a été l’objet de diverses hypothèses; nous verrons plus loin celle qui a été imaginée par Ampère et qui est fondée sur les propriétés des courants électriques.