DÉTAIL DES AXES
se rend dans v pour passer ensuite dans l’dleclro-aimant de l’appareil et de là sur la ligne. C'est en cela que consiste la vianipulation : nous allons voir maintenant comment par l’émission de ce courant une certaine lettre (la même) est imprimée par la roue des types dans les deux appareils, qui sont d’ailleurs complètement identiques, et dans lesquels se trouvent réunis le manipulateur et le récepteur.
Le courant passe sur deux électro-aimants E placés au-dessus des pôles d’un aimant permanent en fer à cheval et il est dirigé de façon à contrarier l’action de l’aimant sur une palette p en fer doux qui est attirée par les noyaux des Irobines, mais qui est sollicitée à s’écarter par l’action d’un ressort. Le courant pourra donc être trèsfaible si la dilTérence de force de l’aimant et du ressort est peu considérable; c’est là une des particularités originales de l’appareil de Hughes et la cause de son extrême sensibilité.
L’axe imprimeur se compose de deux parties : l’une I porte le
volant V et tourne constamment sous l’action du moteur; l’autre, qui se termine à la partie antérieure de l’appareil, est tenue en repos par un cliiiuet articulé U ; mais lorsque l’armature de l’électro-aimant se soulève, elle produit l'embrayage de la partie antérieure, qui se trouve ainsi entraînée; au
Fig. 52H. — Mêcauisiiic de rimpression.
bout d'un tour le cliquet se dégage et l’axe s'arrête.
L’axe I porte à son extrémité antérieure située au-dessous de la roue des types une came p (flg. 529) étroite et aiguë qui soulève
rapidement le levier a 6, mobile autour d’un point fixe à son extré-
mité T, fait buter le papier contre la roue des types et la lettre
qui passe sc ü’ouve imprimée. Pour prendre ainsi une lettre au vol sur une roue qui ne' s’arrête pas, il est indispensable d’opérer trèsrapidement ; c’est pour cela que le ressort de l’électro-aimant a une
grande force et que la came p est très-aiguë. Le mouvement du
MACHLNES ÉLECTROMOTRICES.
levier qui produit l’impression soulève la pièce J L' munie d’un ressort r dont l’extrémité glisse le long des dents d’une roue à rochet E, fait tourner celie-ci dans son mouvement descendant, et produit un déplacement du papier correspondant à l’espacement des lettres. Quant à l’espacement des mots, on le ])roduit à l’aide du blanc de la roue des types.
La roue des types doit pouvoir être facilement déplacée pour la correction des erreurs et pour rétablir la coucordance avec le chariot lor^ue celte concordance a été troublée; c’est pour cela que l’axe G est creux, et la solidarité avec la partie intérieure n’est due qu’à l’action du clitjuet m. Cette solidarité s’établit par l’action d’un courant venant dans un sens ou dans l'autre et se maintient indéfiniment. Mais si l’on appuie sur la pièce Q (fig. 527), le cliquet m est soulevé par E, la solidarité cesse, et par l’action d’une goupille qui vient s’engager dans une encoche correspondante la roue des types s’arrête; cet arrêt correspond au blanc. L’embrayage peut d’ailleurs se produire directement A la main.
Enfin, l’axe 1 porte une troisième came qui, à cliaque révolution de cet axe, pas.se entre les dents d'une roue T’ largement dentée fixée au même axe <iue la roue des types, et fait avancer et reculer cette roue sans rompre sa liaison avec le rouage moteur; les petits écarts qui pourraient se produire entre le chariot et la roue des types sont ainsi corrigés toutes les fois qu’une lettre s'imprime.
11 résulte de la description qui précède que, la roue des types d’un apiiareil étant au repos, le blanc en face du papier, si on produit une émission de courant, l’embrayage de l’axe des types a lieu immédiatement, et le papier est porté sur le blanc. Aux émissions suivantes les lettres correspondantes aux touches mises en mouvement seront imprimées par l'appareil même. Mais il en sera de même A l’appareil qui est à l’extrémité de la ligne si les roues qui ont commencé A marcher au même moment marchent exactement d'accord. C’est sur cette concordance qu’est fondée en réalité l’appareil Hughes, et il est possible de l’établir d’une manière rigoureuse. On commence par s’assurer qu’en agissant successivement sur la même touche on envoie la môme lettre, A par exemple. Si des lettres différentes s’impriment à l’arrivée, c’est que les hor-
TÉLÉGRAPHES Él.ECTROCHIM IQÜES. 7S3
loges ne sont pas d’accord ; on fait varier aloi-s le conire-poids de la lame vibrante jusqu’à ce que l’accord soit établi. Cela fait, les roues des types sont amenées au blanc par le mécanisme indiqué plus haut et les appareils .sont préis à fonclionner.
592. Télégraphes électro-chimiques. — Imaginons un cylindre métallique en communication permanente avec la terre, supposonsle en mouvement et entraînant avec lui, sur sa surface, une bande de papier imprégnée fraîchement de cyanure de potassium. Concevons en outre une pointe très-légère en communication avec le fil de la ligne et s’appuyant constamment sur le papier. Cbaijuc fois qu’on lancera un courant dans la ligne, il y aura une réaction chimique au contact de la pointe d’acier et de la feuille de papier, formation de bleu de priisse et, par conséquent, production d’un trait bleu plus ou moins long suivant la durée du courant. Tel est le principe du télégraphe éleclro-cbinii<|ue de M. Bain ; les signaux et le manipulateur sont les mêmes que pour l’appareil Morse. Il ne faut pas que le papier soit trop humide, ce qui donnerait lieu à l’extension des traits et à des signes indécbilTrabIcs; il ne faut pas non plus qu’il soit trop sec, la décomposition chimique n’aurait plus lieu.
593. Télégraphe autographique de Caselli. — Le papier chimique de M. Bain est utilisé dons le télégraphe autographique de Caselli , lequel transmet un fac-similé de la dépêche écrite par l’expéditeur. Voici le principe de ce curieux appareil ; A la station de départ on dispose, sur une surface cylindrique M (lig. 530), une feuille de papier métallisée sur laquelle la dépêche est écrite en encre grasse; à la station d’arrivée, et sur une surface cylindrique pareille H, on dispose une feuille de papier imprégnée de cyanure de potassium. Deux styles, mis en mouvement par des pendules qui oscillent avec un synchronisme
MACHINES EI.ECTROMOTRICF.S'. ’
rigoureux, s’appuient sur les feuilles en décrivant dos traits |)aralléles, (kjuidistants et trés-rapprocliés; ces styles sont en communia cation perinanonle avec le fil de ligne. Le courant de la station de