TÉLESCOPES DE FOUCAULT. !J
des inconvénients graves qui les avaient fait délaisser presque complètement, il partir du moment où l’on a su fabriquer du flinl assez, pur pour les objectifs acliromatiques.
D’une part, le métal des miroirs, (jui est une espèce de bronze, tout eu ayant une rigidité spéciale et supérieure à celle des métaux élénientaires qu’on pourrait employer, n'est pas toutefois tellement rigide qu’il ne soit nécessaire de lui donner une épaisseur considérable pour prévenir les fle.xions; cette épaisseur doit même s’accroître beaucoup quqnd les dimensions du miroir deviennent un peu grandes, et dès lors, par suite de la foi-te densité do l’alliage, le poids du miroir devient énorme. En s<?cond lieu, le pouvoir réflecteur du métal des miroirs n’est pas très-considérable, et, à grossissement égal, les images obtenues par un réfracteur sont beaucoui) plus lumineuses que celles que fournit un télescope. Enfin le défaut le plus grave tient à l'altération progressive du poli de la surface par l’action de l’air. A mesure que ce poli diminue, la clarté de l’instrument diminue avec lui, et au bout d’un certain temps il faut procéder à un polissage nouveau.. Mais ce travail doit être dirigé de façon à nepas compromettre la forme curviligne, sphérique ou parabolique du miroir; il constitue donc un travail tout à fait équivalent au travail primitif, travail difficile, délicat, et qui doit être répété autant de fois que l’altération du poli l’exige. Malgré ces inconvénients, les télescopes ont été et sont encore employés, quand on veut avoir de très-grands grossissements, dans le but de pouvoir observer les détails des objets c(‘lestes, dans les études d’astronomie physique. C’est qu’en effet, si la construction de très-grands miroirs, grossissant plusieui’s milliers de fois, comme ceux de W. Herscliel ou de lord Ross, est une opération extrêmement difficile, elle n’est pas en définitive irréalisable, tandis que la fabrication d’objectifs d’un diamètre supérieur à 75 ou 80 centimètres présente des difficultés absolument insurmontables.
Vers 1859, .M. Foucault en France et M. Steiulieil à Munich proposèrent dans la construction des miroirs de télescopes une modification qui constitue une révolution véritable, et qui permet de substituer avantageusement les télescopes aux réfracteurs, dans tous les cas et quel (jue soit le grossissement. Elle consiste à em-
VISION ET INSTUUMENTS O OPTIQÜE.
l)loycr (les iniroii-s en verre argenté. Le verre, plus rigide que l’alliage des niiroii's et d’une densité presque quatre fois plus faible, fournit des miroirs d’un poids beaucoup moindre. L’argent poli, déposé sur sji surface, possède un pouvoir réQecteur extrêmement considérable et (lu’on peut évaluer à 95 ou 96 pour 100 *. Enfin, et c’est le point le plus essentiel, si on a travaillé la surface du verre de manière lui donner toute la rectitude possible, ce travail se trouve délinilif, car loreque la pellicule d'argent se ternit, il suffit de l’enlever et de la remplacer par une autre, et cela autant de fois qu’on le jugera nécessaire.
Quant nu travail de la surface du verre, M. Foucault a fait connaître une méthode d’exploration rationnelle et de retouches locales qui permet d'amener, à coupsilr, un miroir approximativement travaillé par les méthodes ordinaires d’atelier à une forme strictement paraholi(iue. La description de cette méthode, aussi précise qu’originale, excéderait les limites d’un traité élémentaire. Le lecteur la trouvera détaillée dans le tome V des .4n»ia/es de l' Observatoire.
1. M. Foucault SC servait, pour argenter le miroir, du procédé Drayton, dont FcDtploi estassca délicat. M. Adolphe Martin, collaborateur do M. Foucault, a fait connaître un procédé d'une cxécuiio:i beaucoup plus sûre et plus prompte. L’autour en a donné la description détaillée daus le tome \V (4' série) des Annales de physique et de chimie.