INERTIE
l'être, le principe de rinerlic n’est point snsceplilile d'une vêriflcalion expérimentale. Car nous ne saurions obseiTerun point matériel, qui estime abstraction, et encore moins un point matériel isolé. Le principe de l’inertie est un de ces principes synlliétiqnes et abstraits qui se sont présentés A l’esprit des fondateurs de la mécanique et de Newton en particulier, comme la clef, la raison d’être des caractères multiples et complexes des phénomènes extérieurs. Mais s’il esl impossible de vérifier exactement le principe de l’inertie, il est au contraire très-aisé d’en montrer l’inlluence dans les phénomènes extérieurs, cette inlluence se réduisant évidemment à la tendance des corps à persévérer dans leur état de repos ou de mouvement.
La persévérance dans le repos se manifeste è l’observaiion la plus superficielle ; quant à la persévérance dans le mouvement, une étude un peu attentive des faits la fait concevoir avec netteté. Si, par exemple, on fait osciller un pendule, l’amplitude des oscillations décroît de plus en plus et finit, au bout d’un temps plus ou moins long, par devenir nulle. C’est que le pendule éprouve de la part de l’air une résistance due au déplacement successif des particules de ce lluide. Kn outre, l’axe de suspension frotte sur les appuis qui le supportent, et cette double circonstance a pour résultat de diminuer la vitesse de l’appareil jusqu’à ce qu’elle soit compléleinent anéantie. Qu’on atténue par des moyens convenables le frottement au point de suspension, qu’on fa.sse osciller l’appareil dans le vide, et la durée du mouvement s’accroîtra d’une manière sensible.
L’analogie indiijne évidemment que, s’il était possible de supprimer complètement ces deux causes de destruction de, la vitesse du pendule, celui-ci conserverait indéfiniment son même mouvement.
C’est A cette persévérance dans le mouvement que sont dus les effets qui .se produisent lorsqu’une voilure ou un convoi de chemin de fer éprouvent un ari-êt brusque : les voyageurs sont projetés pour ainsi dire dans le sens du mouvement, en vertu de la vitesse qu’ils possédaient au moment où l’arrêt a eu lieu. Si l’on conçoit que l’on pût trouver un frein assez puissant pour arrêter tout à coup un convoi dans sa marche, les effets d’un arrêt aussi suhil seraient identiquement les mêmes que ceux qui résulteraient du choc d’un