POUSSÉE DE L’AIR
146. Baroscope. — L’air atmosphérique exerce, ainsi que nous l'avons indiqué déjà (101), une poussée sur les corps plongés dans son intérieur. Cette poussée, d’après le principe d’Aréliiinédo, applicable au.x gaz aussi bien qu’aux liquides, est égale au poids de l’air déplacé. 11 suit de là que le poids d’un corps dans l’air n’est pas son poids réel, il en diffère d’une quantité égale à la poussée. Le liaroscope est fondé sur celle remarque.
C’est une sorte de balance dont le fléau supporte à ses e.\trémités deux boules d’un diamètre très-difféi’cnt et qui se font écpiilibre dans l’air. Si l’on place l’appareil sous le récipient de la machine pneumaticpie, on voit, dès les premiei-s coups de piston, le fléau s’incliner du côté de la grosse sphère, et de plus en plus à mesure que l’air se raréfie davantage.
En effet, la quantité de gaz qu’on enlève donnait lieu pour sa part à fig. ,53. Bïro,cop«. une poussée qui n’existe plus. Le
poids de chaque boule se trouve donc accru de celui d’un volume égal d’air ayant pour densité la différence entre la densité initiale et la densité actuelle; cet accroissemcjtt est donc plus grand pour
ÎOO POLSSÉK DE 1,’AIR.
la sphère dont le tliaiii(’'tre est le plus considéi'able, ce qui explique le phénomène observé.
Si, loreqiron a fait le vide, on laissait rentrer sous le récipient de l’acide carbonique, gaz plus dense (jne l’air, il en n'sulterait un accroissement de poussée plus considérable pour la grosse sphère que pour la petite et le fléau s’inclinerait du côté de cette dernière.
147. Aérostats. — Si l’on imagine nn corps dont le poids soit plus faible que celui du même volume d’air, ce corps s’élèvera dans l’atmosphère.
Si, par exemple, on remplit des bulles de savon avec du gaz hydrogène, et qu’on les détache par un mouvement brusque de
Fig. 151. — Ascension des bulles de savon remplies d’hydrogène.
l’extrémité du tube où elles se forment, on les verra, si leur volume est suffl.samment grand, s’élever dans l’atmosphère. Cette curieuse expérience est due au physicien Cavallo, qui la fit connaître en 1782 '.
I. La première idée des aérostats doit être attribuée au père François Lana, qui, vers 1G70, proposa de taire le vide dans des ballons de cuivre assez grands et assez minces pour que leur poids fut intérieur à celui de l'air déplacé. L'expérience ne fut point tentée et elle n'eùt certainement pas réussi, car la pression atmosphérique aurait écrasé les sphères. Mais te principe théorique en est parfaitement bien saisi par l'auteur, qui fait un calcul exact de la force ascensionnelle.