POLARISATION ROTATOIRE
telle, que le plan de polarisation soit vertical et passe par l'axe de l'appareil.
A sa sortie du prisme biréfringent, le faisceau polarisé rencontre une plaque à double rotation, dont nous avons expliqué l'usage.
Après avoir traversé le quartz q, le faiscean polarisé passe dans le liquide que contient le tube mr, et de là rencontre un compensateur, formé d'un quartz simple # et du double quartz m. Le mouvement des deux moitiés du compensateur s'obtient au moyen d'une double crémaillère et d'un pignon qu'on tourne à l'aide d'un bouton à (fig. 512 et 515, 1).
Quand les lames se déplacent respectivement dans le sens indiqué par les flèches (fig. 615, 1), il est évident que la somme de leurs épaisseurs angmente ; elle diminue au contraire quand les plaqnes avancent dans le sens opposé, Une échelle e etun vernier à (fg.-515, [) suivent les plaques dans leur mouvement, et servent à mesurer les variations d'épaisseur du compensateur. Cette échelle, représentée ainsi que son vernier dans ln figure 515 (M), porte deux divisions ayant un xéro commun, lune de gauche à droite pour les liquides dextrogyres, l'autre de droite à gauche pour les liquides lévogyres.
Lorsque le vernier est an aérû dé l'échelle, la somme des épaisseurs des plaques N ot N'est précisément égale à celle de la plaque 5, et comme la rotation de cette dernière est contraire à celle du compensaleur, l'effet est nul. Mais
(it) (En) (IN)
Fig. 515.
si l'on fait marcher dans un sens où dans l'autre les plaques du compensateur, celui-ci où le quarts à l'emporte, et il y a rotation à droite ou à gauche.
Après le compensateur est un prisme biréfringent o (fig. 515, 1) servant d'analyseur pour observer le faisceau polarisé qui à traversé le liquide et les diverses plaques de quartz,
Opération. — Négligeons pour un instant les cristaux ct les lentilles représentés à sa gauche dans le dessin. Si l'on fait d'abord coincider le xéro du vernier » avec celui de l'échelle, et si le liquide contenu dans le tube est inactif, les actions du compensateur et de la plaque À se détruisent, et, l'effet du liquide étant nul, les deux moitiés de la plaque g, vues au travers du prisme €, donnent rigoureusement la même leinté, ainsi qu'on l'a déjà observé, Mais si l'on remplace le tube plein de liquide inactif par un second tube rempli d'une dissolution sucrée, le pouvoir rotatoire de celle-ci s'ajoute à celui de même sens de l'un des quarts de la plaque à double rotation p, et diminne d'autant le pouvoir rotaloire de l'autre quartz. 1 résulte de \a que \es deux
moiliés de la plaque q ne présentent plus la même teinte, el que ln moitié a (üg. 515, IV) est rouge, par exemple, landis que 1a moitié best ble On fait alors marcher les prismes du compensateur, en-lournant le bouton b versl droite ou vers la gauche, jusqu'à ce que la différence d'action du compersatent et de la plaque à compense le pouvoir rolaloire de la dissolution, ee qui aie lorsque les deux moitiés de la plaque g à double rotation reviennent à leur teinte primitive,
Quant au sens de la déviation et à l'épaisseur du compensateur, on les me sure par le déplacement relatif de Féchelle # et du vernier ». Les divisions de l'échelle sont telles, que 10 dé ces divisions correspondent à ne variation du 1 millimètre dans l'épaisseur du compensateur, et comme le vernier donne lui-même les dixièmes de ces divisions, il en résulte qu'il mesure sr tions de 1/100 de millimètre dans l'épaisseur du com
% Calcul de l'expérience. — Une fois que la teinte des deux moitiés de l plaque g est redevenue uniforme, comme avant l'interposilion de {x disselution sucrée, on lit sur l'échelle ’a quelle division correspond le vernier : le nombre correspondant donne immédiatement le titre de la dissolution. effet, nous avons vu que 16,35 g de sucre candi, bien desséché et bien étant dissous dans l'eau, et la liqueur élant amende nu volume de 4 mètre cube et observée dans un tube de 2 décimètres de longueur, la viation prodnite est précisément celle que comporte une épaisseur de 1 millimètre. Cela posé, pour faire l'analyse d'un sucre brat, toujours un poids de 16,55 g qu'on fait dissoudre dans de l'eau, et, de la dissolution étant amené à 100 centimètres cubes, on en de 20 centimétres de longueur, On observe ensuite le le vernier quand on a retrouvé la teinte primitive, Ce no exemple, 4, on en conclut que cette dissolution contient, en sucre eristallisable, 42 pour 100 de ce que contenait la dissolution de sucre candi,
5° Vérification par l'interversion. — Ce résultat n'est exact qu'autant qu'on est assuré que le sucre soumis à l'expérience n'est pas mélangé de sucre lt cristallisable, ou d'une autre substance lévogyre, Alors on a recours à l'interversion du sucre en expérience, Cette opération consiste à transformer, a moyen de l'acide chlorhydrique, le sucre cristallisable, qui est dextrogyre, en sucre incristallisable, qui est lévogyre; puis on fait une nouvelle mesure qui, combinée avec la première, donne la quantité de sucre eristallisable,
4" Producteur des teintes sensibles. — 11 nous reste à faire connaître l'usage des cristaux et des lentilles 0, g, f, à, placés à la suite du prisme © (fig. 518, 1). Leur ensemble forme ce qué Soleil a nommé le producteur des leintes sensibles, En effet, la teinte la plus sensible, c'est-à-dire celle qui permet de dislinguer une différence très faible dans la coloration des deux moitiés de la plaque de rotation, n'est pas la même pour tous les veux : pour le plus gran nombre, c'est la nuance d'un bleu violacé rappelant celle de la flewr de lin que nous avons définie ci-dessus, L'appareil de Soleil permet de produire à wolanté la leinte sensible, ou loute autre nuance plus sensible pour l'observateur:
Pour cela, en avant du prisme € est d'abord une plaque de quartz 0 taillée pérpendiculairement à l'axe, puis une petite lunette de Galilée formée d'un verre biconvexe g et d'un verre biconcave /, pouvant so rapprocher entre eux, ou s'écarter suivant la distance de la vue distincte de l'observateurt enfin l'appareil se termine par un prisme de Nicol 4, qu'on tourne à wolanté sur lui-même. Le prisme biréfringent © agissant comme polariseur par rapport au quartz 0, el le prisme a comme analyseur, lorsqu'on tourne €e dernier à droite ou à gauche, la lumibre qui a traversé Le prisme c et Ja plaqué o echange
de teinte, et finit par donner celle que l'expérimentalent à Añoplée ANT oise fixe.
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d LE
501. Saccharimétre à pénombres. — Dans Le sacchatnktre ile Sels, carats,
vues n'apprécient qu'avec difficulté l'instant précis où les deux plaques q reviennent exactement à leur teinte rose-violacé primitive, Pour obvier à cet inconvénient, M. Jellet à imaginé le saccharimétre à pénombres. Dans cet appareil l'éclairage est produit avec une lumière monochromatique (le jaune de In raie du sodium), et le polariseur est modifié de manière que l'œil n'ait plus à comparer deux couleurs différentes, mais deux intensités d'une même couleur, ou plutôt de deux pénombres; — car la lumière du sodium s'ellace en réalité dans l'appareil pour ne donner que deux pénombres dans le champ de l'oeuaire — : ce qui permet à l'œil d'obtenir beaucoup plus exactement les moindres variations, C'est donc l'égalité de ces deux pénombres qui remplace la teinte de passage du saccharimètre de Soleil; et alors, c'est l'angle de rota- Lion qu'il faut imprimer à l'analyseur pour égaliser les deux pénombres qui fait connaitre la richesse du liquide sucré.
OZ. Analyse de l'urine des diabétiques. — Mans la maladie connue sous le nom de diabète sucré, les urines sont chargées d'une forte quantité d'un sucre fermentescible qu'on nomme sucre de diabète, Ce sucre, 4 l'état naturel dans les urines, fait tourner le plan de polarisation à droite, Pour le doser dans les urines des diabétiqués, on commence, si celles-ci né sont pas assez limpides, par les clarifier par le sous-acétate de plomb; on filtre, on remplit le tube m de l'urine clarifiée, puis on tourne le bouton b jusqu'à ce qu'on obtienne, pour la plaque à deux rotations, li même leinte qu'avant l'interposition de l'urine, On sait d'ailleurs, par un essai préalable, que 100 parties de l'échelle du saccharimètre représentent le déplacement à donner aux quartz compensateurs larsqu'il entre dans l'urine 235,6 g de sucre par litre; il en résulte que chaque division de l'échelle représente 2,266 g de sucre, Donc, pour obtenir la quantité de sucre contenue dans une urine donnée, il suffit de multiplier 2,256 g par le nombre qu'indique le vernier au moment où l'on retrouve la Leinte primitive.