Da Ltlo furr, couler
l'état liquide à l'état solide. Nous verrons plus tard que les gaz, à un certain degré de compression, ne différent pas sensiblement des liquides.
7. Classification des propriétés de la matière. — La plupart des propriétés qui nous révèlent, par l'intermédiaire des phénomènes, l'existence de la matière, sont accidentelles où particulières. Celles qui définissent les états physiques, la ténacité, la fluidité, l'expansibililé, en sont un exemple; de mème celles qui caractérisent telle ou telle substance, comme la transparence, la coloration, etc. Ces propriétés particulières ne peuvent donc nullement servir à caractériser l'essence même de la matière.
D'autres propriétés sont appelées propriétés générales, parce qu'elles sont communes à tous les corps. Ce sont la compressibilité, priélés essentielles de la matière que l'étendue et l'impénétrabilité, qu'on peut rattacher elles-mêmes à une autre propriété essentielle, et seule primordiale, l'inertie.
$. Inertie. — On ne peut concevoir l'existence de la matière indépendamment de l'espace qui la contient. En même temps que nous percevons un corps, nous percevons aussi les corps environnants, ainsi que les rapports de distance qui existent entre eux. Suivant que ces rapports sont variables ou constants, le corps nous parait être en mouvement ou en repos. Ces deux termes sont tellement clairs par eux-mêmes, que nous en obscurcirions le sens en essayant de les définir.
Or, tandis que les êtres animés se meuvent ou s'arrêtent par l'effet d'une volonté intérieure, on constate que tous les corps matériels sont dépourvus de spontanéité, soit pour se mouvoir, soit pour s'arrêter : on exprime ce fait général en disant que ces corps sont inerles. L'inerlie est done la résistance qu'opposent lous les corps soit au mouvement, soit au changement de mouvement.
Cette résistance est plus où moins grande, suivant la quantité de matière que le corps contient sous un volume déterminé. L'inertie est donc une propriété susceptible de mesure. Nous la mesurerons plus tard et nous en définirons la mesure sous le nom de masse.
9. Étendue. — Impénétrabilité. — On appelle étendue la propriété qu'ont tous les corps d'occuper une portion de l'espace, limitée et figurée, c'est-à-dire douée d'un volume et d'une forme déterminés.
L'impénétrabililé des corps consiste en ce que deux portions
distinctes de matière ne peuvent jamais s'identifier lune avec
l'autre, de manière à coezister dans un même lieu de l'espace.
10. Compressibilité — C'est une propriété générale de la matière qu'on définit, conformément à l'étymologie du nom, la propriété qu'ont tous les corps de pouvoir se réduire à un moindre volume par l'effet de la pression. :
La compressibilité est très variable d'un corps à un autre, et surtout d'un état physique à un autre. Elle est très grande pour tous les gaz, beaucoup moindre, et à des degrés divers, pour les soldes, et presque nulle pour les liquides, qu'on a longtemps considérés comme des fluides incompressibles. Mais nous verrons plus bin qu'on 2 pu constater par l'expérience et mesurer avec précision la compressibilité des liquides.
Remnques. — {1° Élasticité. — À la compressibilité on doit rattacher l'élasticité, propriété que possèdent la plupart des corps comprimés, de reprendre leur forme et leur volume primitifs dès que la cause de compression a cessé d'agir.
9° Dilalabilité. — Le volume extérieur des corps est une grandeur qui varie non seulement avec la pression extérieure, mais encore avec la température. Lorsque la compressibilité résulte de la variation de température, et non de la variation de pression, on lui donne plutôt le nom de dilatabilité.
11. Divisibilité. — On appelle ainsi la propriété que possèdent tous les corps de pouvoir être divisés en particules indéfiniment petites, sans perdre pour cela aucune des propriétés caractéristiques de leur substance.
On peut opérer cette division sur les solides par un grand nombre de procédés que nous fournissent les arts mécaniques et les sciences physiques. Ainsi, l'on souffle des objets en verre de { micron1 d'épaisseur; on étire des fils de platine de 0s,8 de diamètre; on bat des feuilles d'or de 02,1 d'épaisseur; on recouvre des fils d'argent d'une couche d'or qui ne dépasse pas 02,004.
Les liquides volatils et certaines substances colorantes ou odorantes nous offrent des exemples non moins étonnants de divisibilité. On a calculé que le diamètre moyen des globules d'eau qui constituent les nuages prêts à se résoudre en pluie varie de 25 w à 56 p : de sorte que le nombre de ces globules que contient une goutte d’eau de À millimètre de diamètre varie entre 5000 et 50 000. Un cent-millième de centimètre cube de rosaniline sufiit pour colorer sensiblement 1 litre d'alcool. 5 centigrammes de musc suftisent pour répandre une odeur sensible pendant plusieurs
f. On désigne habituellement par mscron le millioniéme du mètre, ou le willième de millimétre; on le représente par la lettre pe
1ù MATIÈRE, MOUVEMENT ET FORGES.
années dans un appartement où l'air est fréquemment renouvelé.
Tous ces exemples de division sont peu de chose à côté de ceux que la nature nous fournit par milliers dans le monde microscopique des cellules organisées et des infusoires. La goutte de sang humain qui peut être suspendue à la pointe d'une aiguille contient plus d'un million de globules rouges sphériques. Si l'on regarde au microscope une gouttelette d'eau corrompue, ou de bouillon fermenté, ou de vinaigre altéré, on voit une multitude d'animalcules s'y mouvoir en Lous sens, avec une extrème vivacité.
12. Atomes et molécules. — Tous ces exemples prouvent que la divisibilité de la matière est indéfinie, puisqu'elle peut être réalisée jusqu'à un degré où les particules échappent à la percéption de nos sens; mais est-elle pour cela infinie, c'est-à-dire peut-elle être poussée au delà de toute limite ?
Si l'on veut parler d'une divisibilité abstraite et géométrique, il n'y à aucun doute qu'elle ne soit illimitée. En effet, quelque petite qu'on suppose une parcelle de matière, on pourra toujours la supposer divisée en deux moitiés, puis chacune de ces moitiés divisée en deux autres, et ainsi de suite jusqu'à l'infini. Mais s'il s'agit d'une divisibilité réelle et physique, nous ne pouvons rien prononcer d'absolu, puisque aucun des procédés dont nous disposons actuellement ne nous permet de pousser l'expérience au delà d'un certain degré de division, assigné par le degré d'acuité de nos sens et le degré de précision de nos instruments de mesure.
On admet, dans la science actuelle, que la divisibilité de la matière n'est pas infinie. En supposant qu'on employät des procédés de division beaucoup plus parfaits que ceux dont on dispose aujourd'hui, on serait arrêté à une limite infranchissable, l'atome, qu'on peut concevoir comme un volumé de figure déterminée, que l'action des forces naturelles est impuissante à diviser ou à altérer.
On appelle molécule un groupe d'atomes qui représente la plus petite parcelle d'une substance chimiquement définie qui puisse exister à l'état individuel et isolé.
Les molécules seules sont quelque chose de semblable aux corps, elles en partagent les propriétés et elles n'en différent que par les dimensions. Par les rapports de position qu'elles ont entre elles, les molécules déterminent ce que nous appelons le volume et la forme des corps, tandis que les rapports de position qu'ont entre eux les atomes dont elles sont formées différencient ces mêmes corps au point de vue de la substance, au point de vue des
Propriétés chimiques.