‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 151 sur 397 · ACUITÉ AUDITIVE · texte numérisé non relu

ACUITÉ AUDITIVE

nturelle De là l'utilité, pour le médecin, d'explorer et d'appréquantitativement, dans certains cas, la transmission par la

,oie crânienne. ., .

A cause de la difficulté avec laquelle les vibrations se commuuquent d'un gaz à un corps solide, il faudra mettre la source onore en relation directe avec les os du crâne. A cet effet, on sert généralement d'un diapason que l'on applique directement ;ur telle ou telle région de la tête . O'est pour faciliter la communication des vibrations aériennes uxos du crâne, que les personnes atteintes de surdité, par alté- :tions survenues dans l'oreille externe ou moyenne, se servent ie Vaudiphone. On appelle ainsi une plaque mince de caoutchouc durci ou de carton que l'on tient à la main par le bord inférieur et dont le bord supérieur est appliqué contre les dents de la mâchoire supérieure. Une telle plaque, large et mince, estémiiiemment propre, comme l'expérience le montre, à être ébranlée par les vibrations aériennes d'une durée quelconque et ne renforce pas sensiblement celles qui correspondent à ses sons propres. Les vibrations aériennes communiquées à la plaque se transmettent dès lors, par les dents et les os du crâne, jusqu'à l'oreille mterne et aux terminaisons du nerf acoustique.

216. Acuité auditive. — L'évaluation de l'acuité auditive, c'est-à-dire la recherche de la plus faible intensité sonore qu'une oreille peut encore percevoir aune distance donnée ou la mesure de la plus grande distance à laquelle l'oreille perçoit encore un son d'une intensité donnée, présente un très grand intérêt pratique.

Le médecin, en effet, en tire des indications relatives au plus ou moins de gravité de l'affection otique présentée par le malade, et l'évaluation de l'acuité auditive peut fournir encore de précieuses indications sur la marche de la maladie et sur l'effet des moyens thérapeutiques employés.

L'acuité auditive devrait en outre être mesurée chez tous les enfants qui fréquentent les écoles. Pour des causes très diverses, en effet, l'acuité auditive des écoliers peut être amoindrie, non au point d'entraîner une véritable surdité dont s'apercevrait leur entourage, mais dans une proportion suffisante pour empêcher ces enfants de suivre facilement les exercices oraux de la classe. Remarquons encore que les maîtres ont souvent l'habitude de

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donner leurs explications ou de dicter les devoirs tout en se promenant, et de parler, en conséquence, en tournant le dos à une partie de leurs auditeurs ; on conçoit que, dans ces conditions, tout élève un peu dur d'oreille arrive à se désintéresser d'explications qu'il n'entend qu'imparfaitement et commette, en écrivant sous la dictée, des fautes que l'on mettra souvent sur le compte d'un manque d'attention. De là des réputations imméritées de paresse et de légèreté, inconvénients qui disparaîtraient si chaque écolier occupait, par rapport au maître, une place en rapport avec son acuité auditive préalablement mesurée, et si le maître était astreint à ne parler qu'en faisant face à ses élèves.

L'acuité auditive normale est très grande ; en d'autres termes, l'oreille normale perçoit des vibrations dont l'amplitude est extrêmement faible. Lord Rayleigh a constaté, par exemple, qu'on entendait jusqu'à 820 mèt. un sifflet qui donnait le fa^ (2730 vibrations doubles par seconde) par l'action d'un courant d'air qui débitait 196 centim. cubes de gaz par seconde sous une pression de 9'"5 d'eau. De ces données on a pu conclure que l'amplitude des vibrations que l'oreille perçoit encore à la distance de 820 mèt. est inférieure à un millionième de millimètre.

Celte finesse de l'ouïe permet d'expliquer comment, dans l'obscurité et au milieu de ce que nous appelons un profond silence, nous pouvons avoir, grâce à l'oreille, la perception de l'existence des ! corps solides situés à une certaine distance autour de nous. L'air, , en effet, est toujours sillonné par un grand nombre de vibrations ? dues à tous les bruits qui ne cessent de se produire à une distance ; plus ou moins grande ; ces bruits nous arrivent après des réflexions i et des diffractions multiples, et ce que nous appelons le silence $ correspond, en réalité, à l'arrivée de mouvements vibratoires i d'amplitude faible et sensiblement constante. Si nous nous appro- • chons alors d'un corps solide, la quantité de mouvements vibra- • loires qui arrive à l'oreille située en face de l'obstacle est modifiée, , augmentée ou diminuée suivant les cas, et notre oreille perçoit t cetfê modification que nous rapportons ensuite à l'existence d'un i

corps solide voisin.

Quant aux conditions dans lesquelles doit être faite l'exploralion de l'acuité auditive chez les malades, c'est à l'observation clinique à les indiquer. Or cette observation montre que si, à l'étal

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