Optique géométrique et Optique physique. — Oa
-appelle lumière l'agent spécial qui, par son action sur l'œil, nous donne la perception des corps extérieurs.
Cet agent, comme tous les agents physiques, est un mouvement d'une nature particulière .
Il existe toute une catégorie de phénomènes lumineux dont l'étude peut être faite et dont les lois peuvent être établies, avec une exactitude suffisante pour les nécessités de la pratique, sans qu'il soit nécessaire de connaître la nature intime de la lumière. Cette catégorie de phénomènes lumineux, la plus importante à connaître pour le médecin et pour le physiologiste, constitue ce que l'on appelle VOptique géométrique.
On a donné le nom d'Optique physique à l'ensemble des phénomènes lumiaeux dont la théorie ne peut être établie sans la connaissance de la nature de la lumière.
226. Sources lumineuses. Corps transparents. Corps opaques. — Tout corps émettant de la lumière est appelé source lumineuse.
Un corps peut être lumineux par lui-même, ou photogène,
comme le soleil et nos sources artificielles de lumière ; mais il peut n'émettre que la lumière qu'il reçoit d'un autre corps phologène, ce qui est le cas de la lune, des planètes et des corps placés à la surface de la terre.
On appelle corps transparents ceux que la lumière peut traverser; tels sont l'air, l'eau, le verre,etc. Les corps opaques sont ceux que la lumière ne peut pas traverser ; à cette catégorie appartiennent les métaux, le bois, etc.
227. Propagation rectiligne de la lumière dans un milieu homogène. — Nous admettrons que, dans tout milieu homogène, la lumière se propage en ligne droite.
On obtient une vérification grossière de cette hypothèse en interposant un petit écran opaque entre l'œil et une source lumineuse de faibles dimensions ; l'œil, en effet, cesse d'apercevoir la lumière lorsque l'écran se trouve sur la droite qui joint le centre de l'ouverture pupillaire au centre de la source.
Toutefois nons verrons, dans l'étude de l'Optique physique, que la lumière, grâce à sa nature, peut contourner les obstacles comme le fait le son, quoique dans des proportions infiniment moins grandes. Mais ces phénomènes de diffraction exigent, pour être constatés, de minutieuses dispositions expérimentales ; ils ne sont pas directement visibles dans les expériences d'Optique géométrique et n'entachent d'aucune erreur appréciable les résultats auxquels nous arriverons dans la première partie de ce livre.Nous regarderons donc comme rigoureux le fait de la propagation rectiligne de la lumière dans un milieu homogène.
On appelle raijon lumineux toute direction rectiligne menée par un point d'une source lumineuse.
228. Ombre et pénombre — Le principe de la propagation rectiligne de la lumière donne immédiatement l'explication des phénomènes d'ombre et de pénombre que l'on observe lorsqu'un corps opaque se trouve sur le trajet des rayons venus d'une source lumineuse.
En considérant les tangentes communes à la source et au corps opaque, on démontre facilement que :
1° Lorque la source est un point lumineux V (fig. 173), les divers points de l'espace situés au delà du corps opaque PQ sont dans une obscurité complète ou reçoivent autant de lumière que
OMBRE ET PÉNOMBRE. 'i-'^9 Si PQ a'existait pas, suivant qu'ils sont situés à l'intérieur ou à l'extérieur du côue.JVK ;
Fig. 173. — Ombre projetée par un point lumineux.
2° Lori -points situés
sque la source a des dimensions 6 nies VO (Bg. 174), les ués, au delà de PQ, à l'intérieur da cône JDK formé par
Fig. 174. — Ombre et pénombre projetées par une source lumineuse d'une certaine étendue.
les tangentes communes extéiieures à VO et à PQ sont dans une obscurité complète ; les points situés à l'extérieur de ce cône, mais à l'intérieur du cône GEF formé par les tangentes cônimunes intérieures reçoivent d'autant plus de lumière qu'ils sont plus près de la surface *de ce dernier cône ; enfin les points situés à l'extérieur du cône GEF reçoivent autant de lumière que si le corps opaque n'existait pas. ,
229. Vitesse de propagation de la lumière. — C est au moyen d'observations astronomiques qu'ont été faites les premières déterminations de la vitesse de propagation de la lumière ; ces déterminations datent déjà de plus de deux siècles.
Depuis cette époque, Fizeau, puis Foucault, au moyen de dispositions expérimentales extrêmement ingénieuses, out pu faire les mêmes déterminations sur des distances Je propagation (un
petit nombre de mètres) que l'on doit qualifier de très petites eu considération de la grandeur de la vitesse à mesurer.
Les nombres trouvés par ces diverses mélbodes, très différentes entre elles, sont assez voisins les uns des autres. Ceux qui paraissent être les plus exacts, ceux de Foucault, assignent à la vitesse de propagation de la lumière une valeur de 75 000 lieues ou 300 000 Mlom. par seconde, dans l'air à la pression atmosphérique normale.
Cette vitesse est variable avec les milieux dans lesquels la lumière se propage, et un corps est dit plus ou moins réfringent qu'un autre, suivant que la vitesse de propagation de la lumière est moins ou plus grande dans le premier que dans le second.
230. Images données par la chambre noire. — Oq appelle chambre noire un espace dos à parois opaques et munies d'une petite ouverture o (fîg. 175) par laquelle la lumière peut pénétrer.
En vertu du principe de la propagation rectiligne de la lumière, la chambre noire fait former, sur la paroi opposée à l'ouverture.'
Fi^. 173. — Image réelle et renversée des objets extérieurs, produite par les rayons lumineux qui ont traversé une petite ouverture (chambre noire.)
l'image des objets extérieurs, image d'autant plus nette que l'ou- • verture o est plus petite.
Chaque point de l'objet extérieur envoie, en effet, dans la chambre noire un petit cône de rayons, limité par l'ouverture o, lequel ira illuminer une petite portion de la surface de la paroi opposée. L'ensemble de ces petites surfaces formera une image renversée de l'objet extérieur.
A la vérité, toutes ces petites surfaces empiéteront un peu les unes sur les autres, ce qui nuira à la netteté de l'ensemble ; mais
PHOTOMÉTRIE.
irp netteté sera évidemment d'autant plus grande que l'ouverr; e 0 ser^ plus petite. En outre, si la paroi, sur laquelle l'image t se peindre, s'éloigne de l'ouverture o, l'empiétement recinne des petites surfaces éclairées augmente, puisque 1 étendue 'i ^surfaces augmente elle-même; mais comme l'image de 1 obt .randit en même temps, sa netteté n'est pas, en somme, sensiblement altérée par le déplacement de la paroi.
Nous aurons à rappeler ce mode de formation des images dans la chambre noire, lorsque nous étudierons le mécanisme de la vision et de ses anomalies.
m Variation de l'intensité de l'éclairage avec la distance - Si l'on considère une sphère de rayon r ayant pour centre' une source lumineuse S, la quantité totale Q de lumière émise par la source est reçue en totalité par la sphère et uniformément répartie sur celle-ci, en admettant que la source rayonne . également dans tous les sens.
La quantité de lumière reçue par l'unité de surface de la sphère
sera par suite égale à on voit que cette quantité de lumière,
reçue par une surface toujours égale à l'unité, varie eUe-mênie en raison inverse du carré vK Si nous remarquons en outre que la surface de la sphère est, en tous ses points, normale aux rayons lumineux qui lui arrivent, nous pourrons énoncer la loi suivante .
La quantité de lumière envoyée par une source lumineuse, réduite à un point, sur une surface normale à la direction des rayons lumineux est en raison inverse du carré de la distance de la surface considérée à la source. ,^^nonv Lorsque la surface est oblique par rapport aux rayons lumineux qui lui arrivent, on démontre facilement que, toutes choses égales d'ailleurs, la quantité de lumière reçue par cette ^^''fa^e proportionnelle au cosinus de l'angle d'incidence des rayons
^"232^''photomètres mesureurs d'intensité.- C'est sur laloi i précédente de la variation de l'intensité de l'éclairage avec la distance qu'est basée, en général, la mesure des intensités relatives des sources lumineuses au moyen d'instruments appelés photomètres ' On appelle intensité d'une source lumineuse la quantité de lumière que cette source envoie sur l'unité de surface placée, nor-
malement à la direction des rayons lumineux, à 1 mètre d. source. ' lucuo ae
La mesure des intensités relatives I et I' de deux sources S ( t resuite, lors de l'emploi d'un certain nombre de pbol' o des considérations suivantes : on réalise une disposition exn. mentale telle que chacune des deux moitiés juxtaposées d' même écran soit éclairée séparément par une seule des sources puis on règle les distances d et d' de ces sources à l'écran de tel sorte que les deux moitiés de celui-ci paraissent, à l'œil de l'ob servateur, également éclairées. Les quantités de lumière envoyée par chacune des sources sur l'unité de surface de chaque moitié d 1 écran supposé normal aux rayons incidents sont alors respecti vement égales à - et 1, et puisque ces deux moitiés sont éga lemeut éclairées, on doit avoir :
J^-¥^' dou: ^ =
La mesure des distances ^^et d' permettra donc de connaître 1; valeur du rapport des intensités I et Y.
Dans le photomètre de Foucault, l'éclairage de chacune des moi ties de 1 écran par une seule des sources est obtenu grâce à un cloison opaque disposée perpendiculairement à l'écran.
Dans le photomètre de Rumford, il existe, en avant de l'écran une tige opaque dont chaque source projette une ombre; à l'intérieur de chacune de ces ombres n'arrive, sur l'écran, que la lumièr de 1 une des sources, et c'est l'égalité d'intensité lumineuse de c deux parties moins éclairées que l'on doit réaliser pour pouvoi employer les formules précédentes.
Il existe d'ailleurs des photomètres basés sur des principe autres que celui des photomètres de Foucault et de Rumford.
233. Sensibilité de la rétine aux différences d'intensité lumineuses. — L'égalité d'éclairage que uécessite l'emploi des photomètres dont il vient d'être question est toujours appréciée avec le secours de l'œil. La sensibilité de ces méthodes photométriques dépend donc du degré d'exactitude avec lequel nous apprécions l'égalité de deux sensations lumineuses. Ce degré d'exac-
PHOTOMÉTRIE. ^43 tUude peut être déterminé de la manière suivante au moyen du nhntoraètre de Rumford. .
' ne bougie S étant placée à 1 mètre de l'écran, éloignons une .ocoode bougie S', identique à la première, jusqu'à une distance d lelle que l'ombre correspondante cesse d'être aperçue par l œil. A ,e moment, la quantité de lumière i envoyée par la bougie S' sur l unité de surface de l'écran cesse d'être appréciable, et on peut la prendre pour la mesure de la sensibilité de l'œil à des diÊférences d'intensité lumineuse dans les conditions de l'expérience.
Or il résulte d'expériences ainsi faites que d conserve une valeur coostinte, pour une même personne, lorsqu'on fait varier l'intensité commune aux deux sources lumineuses S et S'. La valeur de d variable dans une certaine mesure d'une personne a l'autre, est en moyenne égale à 10 mètres. On doit conclure de là que 1 œil humain peut apprécier l'intensité d'une source lumineuse a une
fraction près, fraction constante et égale en moyenne à ^ de la
valeur absolue de cette intensité. ^
Cette loi est d'ailleurs une conséquence d'une autre loi générale dite psycbo-pbysique, qui établit une relation entre l'mtensité 'd'une sensation et l'intensité de l'excitant à laquelle cette sensation est due. ,
La loi psycho-physique, (\ue Weber, puis Fechner, ont ventée par l'observation pour des sensations de natures diverses, peut s'énoncer ainsi:
Toute sensation croît en progression arithmétique lorsque 1 excitation augmente en progression géométrique; ou, ce qui revient au même : l'accroissement de sensation est proportionnel au rapport entre l'accroissement de l'excitation et l'excitation primitive elle-même.
$34. Inégalités de l'intensité d'une source suivant diverses directions. — Une source lumineuse n'envoie généralement pas la même quantité de lumière suivant les diverses directions. 611a forme delà source est celle d'une surface de révolution, la distribution de la lumière sera la même dans tous les méridiens; mais, dans chacun d'eux, des différences notables d'éclairement pourront exister sur des surfaces égales prises à la même distance delà source
suivuDt les directions Lorizontale ou verticale, ou suivant les dirr. tioiis intermédiaires à celles-ci. Il est en conséquence nécessau dans bien des circonstances, de mesurer l'intensité de la soui suivant ces directions diverses. Pour avoir une idée d'ensernL de la reparution de la lumière autour de la source il suffit alo de représenter graphiquement les résultats de la manière suivante Par un point pris sur un plan, point qui représente la soun Jumineuse, on mène des droites qui font avec une direction déte, minee des angles égaux à ceux que font avec la verticale les dire tions, situées dans un môme méridien, suivant lesquelles l'intensi de la source sera successivement mesurée; puis on porte sur ché cune de ces droites une longueur proportionnelle à l'intensi correspondante.
La courbe obtenue en joignant les extrémités de toutes ces loi gueurs représentera graphiquement les variations de l'intensité d la source suivant les diverses directions dans un même méridien ^ Lorsque la source lumineuse n'est pas de révolution autou d'un axe, ce qui est le cas, par exemple, des becs de gaz dits papil Ions, la répartition de l'éclairement n'est pas la môme dans le divers méridiens. Pour avoir une idée complète de l'effet lumineu de la source, il est alors nécessaire d'effectuer dans divers méri diens la série des mesures d'intensité dont il a été parlé ci-dessus Dans le cas d'un bec de gaz dit papillon, ou d'une lampe à in candescence dont les diverses parties du filament de charboi sont situées dans un même plan, on peut se borner à effectuer ce mesures dans le plan de la flamme ou du filament, dans le plai perpendiculaire et dans le plan bissecteur des deux précédents.
235. Répartition de l'éclairement. — Nous verrons, lors que nous étudierons la myopie, que l'apparition et les progrès d( cette anomalie de la vision cbez les écoliers sont étroitement lié, à l'éclairage des salles d'écoles. Aussi, en outre de la mesure de: intensités relatives des diverses sources lumineuses artificielles e des intensités d'une même source suivant diverses directions importe-t-il au médecin de savoir déterminer la quantité di lumière naturelle ou artificielle, ou V éclair ement, dont jouit uno unité de surface, de position et d'orientation quelconques dansunai salle de travail.
Dans le cas où l'éclairage est dû à une source artificielle, l'éclai-i
PHOTOMÉTRIE. 445
^ment sur une surface donnée pourrait être calculé, en supposant réilabieraent faites les mesures dont il a été question dans le ■ir'a^'raphe précédent, s'il n'y avait à tenir compte que delà umière venue directement de la source. En effet, une surface s, ont la normale fait un angle « avec la direction moyenne des ayons lumineux qui lui arrivent, reçoit la môme quantité de umière qu'une surface 5', perpendiculaire aux mêmes rayons lumieux, et déterminée par l'équation:
s' =s cos a.
L'éclairement de la surface s sera donc égal au produit du rapport -. par l'éclairement de s', dont la valeur peut être déduite des ntensités mesurées préalablement et de la distance de s' à la 'ource.
L'éclairement de la surface s pourrait de môme être calcule, ans les mêmes conditions, si plusieurs sources lumineuses conribuaient à cet éclairement.
Mais, en outre des rayons venus directement des sources, la urface considérée reçoit encore la lumière que lui envoient par "iffusion le plafond et les murs, et cette quantité de lumière, que 'on ne sait pas évaluer théoriquement, est considérable lorsque, 'nsi que cela arrive dans la plupart des salles d'écoles, les murs et e plafond sont blancs.
Aussi est-il nécessaire de déterminer directement par l'expérience 'éclairement total dont jouit la surface considérée. 236. Photomètres mesureurs d'éclairement. — Les hotomètres mesureurs d'intensité, décrits plus haut, ne peuvent as être employés, sous leur forme ordinaire, à la mesure de l'éclairement d'une surface orientée d'une manière quelconque, et des appareils de formes spéciales, quoique fondés sur les mêmes principes, sont donc nécessaires. En outre, lorsqu'il s'agit de l'éclairement produit par la lumière du jour, la différence entre la coloration de la lumière solaire et celle de toute source artificielle quelle qu'elle soit, constitue une difficulté spéciale qui a été la cause delà construction d'appareils fondés sur des principes différents de ceux des divers photomètres mesureurs d'intensité. Au nombre des photomètres mesureurs d'éclairement fondés sur
des principes utilisés déjà pour la mesure des intensité?, se trouvent les photomètres de Mascart, de Weber et de E. Bertin-Sans,
Photomètre de Mascart. — Ce photomètre, analogue à celui de Foucault, se compose de deux tubes parallèles T et T' qui portenta leurs extrémités en regard, l'un une lampe étalon muoie d'une plaque de verre dépoli V, l'autre une lame translucide L mobile de telle sorte que l'on puisse l'orienter parallèlement à la surface sur laquelle on veut mesurer leclairement. Un système de miroirs, de lentilles munies d'écrans à ouverture variable et de prismes à réflexion totale permet de faire former les images des lames V et L sur chacune des moitiés d'un écran en verre dépoli E porté par un tube qui réunit les autres extrémités des tubes T et T'. La théorie montre que l'éclairement des images de V et de L est pour chacune d'elles, proportionnel à l'ouverture de l'écran correspondant. Si donc on réalise l'égalité d'éclairement des deux images de V et de L et si on lit, sur les graduations dont l'instrument est muni, l'étendue des ouvertures des deux écrans, on pourra déterminer le rapport de l'éclairement existant en L à celui que fournit la source étalon sur la lame V.
Pour que les résultats de diverses observations soient comparables, il faut d'ailleurs que la source étalon soit toujours identique à elle-même. Cette source est une lampe dont la constance sera réalisée si on l'alimente toujours avec le même liquide et si la flamme a toujours la môme hauteur.
Le photomètre de Mascart, excellent dans les cas où l'éclairement à mesurer est dû à une source artificielle de lumière, est insuffisant lorsque les mesures doivent porter sur la lumière du jour. Dans ce dernier cas, en outre, la différence de coloration des lumières qui éclairent les deux moitiés de la plaque de verre dépoli E diminuent beaucoup la sensibilité de l'instrument, II convient d'ajouter d'ailleurs que ce photomètre n'a pas été combiné l pour être employé dans ces conditions.
Photomètre de E. Bertin-Sans. — Le principe de cet instrument est le suivant : Soit une planchette sur laquelle est collée une feuille de papier blanc et qui porte, à quelques centimètres audessus du papier, une tige opaque parallèle à la planchette. ■ Celle-ci étant disposée sur la table où l'on veut mesurer l'éclairement fourni par la lumière du jour, imaginons qu'une source
PHOTOMKTRIE.
irtiOcielle S d'intensité I puisse être déplacée verticalement aulossusde la planchette et qu'elle soit munie de réflecteurs de telle ,orte que les rayons qui en émanent soient renvoyés verticalement lo haut en has.
D'après ce qui a été dit plus haut (§ 233), il sera toujours lossible de placer la source S à une distance d de la planchette elle que l'ombre de la tige opaque cesse d'être distinguée par l'œil ibservateur. Or nous avons dit que, si l'on appelle E la quantité de umière qui arrive sur l'unité de surface du papier de la planchette,
est-à-dire l'éclairement qu'il s'agit d'apprécier, ete la quantité de umière envoyée sur cette même unité de surface par la source S, ma:
étant une quantité constante pour un même observateur.
Eq répétant la même détermination en un autre point oii l'éclaiementpar la lumière du jour seraE', on trouvera que l'ombre de a tige opaque disparaîtra lorsque la source S sera à une distance l' de la feuille de papier, auquel cas la quantité de lumière envoyée )ar S sur l'unité de surface du papier sera e'. On aura alors :
Or, d'autre part, on sait que :
a comparaison des égalités (1), (2) et (3) donne alors :
Le rapport — sera donc connu si l'on connaît les distances detd'.
Dans l'instrument de E.Bertin-Sans la source S est une lampe i pétrole contenue dans une lanterne mobile le long d'une règle • erticale graduée ; les rayons émis par la source suivant unedireclion voisine de l'horizontale sont rendus parallèles au moyen d'une lentille convergente, puis sont reçus sur un miroir incliné à 45°, qui [es renvoie verticalement de haut en bas .
m OPTIQUE.
Comme la quantité de lumière diffusée par la feuille de papier n'est pas la même suivant toutes les directions, il importe, pour que les conditions d'expérience restent les mêmes dans diverses observations, de regarder toujours sous la môme incidence.
La différence de coloration de la lumière du jour et de celle de la source n'est pas une cause spéciale de difficulté d'observation, grâce à la nature du phénomène utilisé dans le photomètre de E..I3 Bertin-Sans; mais, par contre, il est difficile, avec cet instrument, , s de déterminer exactement la position de la source 8 à partir de.-^ laquelle l'ombre de la tige opaque cesse d'être perçue; la sensibilitéilî vraie de ce photomètre est en conséquence moins grande que celle;! qu'on serait disposé à lui attribuer d'après sa seule description.
Photomètre de Weber. — Dans ce photomètre, comme dans celui i de Mascart, la lumière du jour qui produit l'éclairement d'une?) surface donnée et la lumière venue d'une source artificielle arriventij séparément sur les deux moitiés d'un écran ; une disposition! I spéciale permet en outre de faire varier la proportion de lumière;!", venue de la source artificielle, de manière que l'on puis seréaliserr| l'égalité d'éclairement des deux moitiés de l'écran, |
Cette égalité d'éclairement ne pourrait d'ailleurs en aucune façonil être appréciée exactement par l'œil si les lumières diversement CO--I lorées du jour et de la source devaient être directement comparées» entre elles. Aussi Weber interpose-t-il sur le trajet des deux fais- ' ceaux à comparer un verre rouge sensiblement monochromatique, c'est-à-dire un verre ne laissant passer que la lumière rouge simple qui existe dans chacun des faisceaux. L'observateur n'a plus ainsi qu'à apprécier l'égalité d'éclairement produit par deux faisceaux 1 lumineux qui possèdent la même coloration . En conséquence, avec le photomètre de Weber, on ne compare pas l'éclairement de la lumière du jour à celui d'une source étalon, mais seulement les éclairements que produiraient les rayons rouges simples conte-, nus dans les lumières complexes solaire et artificielle. |
Photomètres de Landolt et dUmbert. — Ces instruments repo. sent sur un même fait, la variation de l'acuité visuelle avec l'éclairement.
Le photomètre de Landolt se compose d'une feuille de papien blanc collée sur une planchette, que l'on pose sur la table où l'om veut mesurer l'éclairement et qui porte des groupes de points noirs
PHOTOMETRIE. " 4i9
dont le diamètre est égal à la distance de deux points successifs. L'observateur regarde l'image verticale du papier, donnée par un miroir plan réuni à la planchette au moyen d'une charnière, et s'éloigne jusqu'à une distance d telle qu'il cesse de distinguer nettement les points noirs les uns des autres. De cette distance d on peut déduire la valeur de l'acuité visuelle V au moment de l'observation, en admettant comme exacte la loi énoncée par Posch, à savoir que l'acuité visuelle Vest proportionnelle au logarithme de l'éclairement E sous lequel on la mesure ; la connaissance de V permet donc de déterminer proportionnellement la valeur de E.
Le photomètre de A. Imbert est disposé de manière à éviter l'emploi de la loi physiofogique de Posch et à permettre une graduation expérimentale directe de l'instrument. A cet eflet, la feuille de papier du photomètre de Landolt est remplacée par le cliché photographique de cette feuille ou par celui de caractères typographiques de grandeurs différentes. Oe cliché est logé dans une ouverture de la paroi supérieure d'une petite boîte que l'on pose sur la table où l'on veut mesurer l'éclairement. Au-dessous du cliché et à l'intérieur de la boîte se trouve un miroir plan inchné de manière à renvoyer les rayons diffusés par le cliché vers une paroi latérale percée de deux ouvertures à travers lesquelles l'observateur regarde l'image par réflexion du cliché. Enfin, immédiatement au-dessous du cliché sont disposés deux prismes en verres fumés, juxtaposés par leur face hypoténuse et formant ensemble une lame à faces parallèles dont l'épaisseur peut être augmentée ou diminuée lorsqu'on fait tourner un bouton extérieur. Oe bouton est d'ailleurs muni d'une aiguille qui se meut sur un cercle gradué concentrique au bouton.
Si l'on dispose l'instrument de manière à ce que le cliché soit normal aux rayons venus d'une source étalon, que l'on fasse varier la distance à laquelle la source est placée et que l'on règle chaque fois l'épaisseur de la lame de verre fumé de manière à ce que l'observateur cesse de distinguer nettement les points ou les caractères typographiques, on aura établi la graduation expérimentale de l instrument. Cette graduation servira alors, pour l'observateur qui la établie, à évaluer l'éclairement d'une surface quelconque d'une salle, en fonction de l'intensité de la source étalon.
Imbert. — Physique biolog. 29
Sans être considérable, la sensibilité de ce dernier photomètre est cependant sufflisanie pour permettre d'évaluer à 1/3 de bougie près l'éclairement des divers points d'une salle.
237. Unité d'intensité lumineuse. — Faute de pouvoir réaliser, par suite de difficultés pratiques considérables, une unité C. G. S. d'intensité lumineuse, le Congrès des électriciens de 1881, ou plus exactement la Conférence internationale de 1884, à laquelle le Congrès en avait donné mission, a déterminé du moins rigoureusement les conditions d'expériences dans lesquelles on obtient l'unité d'intensité provisoirement adoptée.
A la suite des recherches de Violle, on a pris pour unité l'intensité lumineuse d'une surface de 1 centim. carré de platine à la température de solidification du métal.
En outre de cette unité, on emploie couramment des unités pratiques, plus facilement réalisables, et qui sont différentes d'ailleurs dans les divers pays.
On se sert, en Angleterre, de la candie, bougie en blanc de baleine qui doit brûler 86'-.26 de matière à l'heure et dont la flamme doit avoir 45 millim. de hauteur.
En Allemagne, l'unité pratique d'intensité est une bougie en paraffine, vereinskerze, de 20 millim. de diamètre et dont la flamme doit avoir une hauteur de 50 millim.
L'unité la plus couramment employée en France est une lampe Carcel, qui doit brûler 42 gram. d'huile d'olive épurée à l'heure et dont la flamme doit avoir un diamètre de 23-"'".5 et une bauteur de 40 millim. On se sert quelquefois aussi d'une autre source unité, la bougie dite de l'Étoile, unité moins constante que la pré-
Le tableau suivant donne les valeurs des intensités de ces diverses sources en fonction de celle de l'étalon Violle pris pour unité :
Etalon Violle 1
Oarcel 0.481
Bougie de l'Etoile 0-062
Candie anglaise 0.054
Bougie allemande O.Obi
L'étalon Violle étant assez notablement supérieur aux diverses