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STRABISMES CONVERGENT ET DIVERGENT

nterne, c'est-à-dire de convergence exagérée ; il résulte de là que, )oar cet œil, l'image se forme sur les parties périphériques de la ■eiioe et qu'il est dès lors plus facile d'en faire abstraction. Javal i d'ailleurs observé que la plupart des strabiques règlent la conver- 'cnce de l'œil dévié de manière à ce que l'image correspondante ■0 forme sur la papille du nerf optique, région insensible à l'action lirecte de la lumière; dans ce cas, cette image cesse entièrement d'être perçue.

354. Strabisme convergent des hypermétropes et divergent des myopes. — Dooders a indiqué comme cause possible le ces deux espèces de strabisme la relation qui existe entre la convergence et l'accommodation.

Nous verrons bientôt, en effet, que, par suite de la virtualité de leur remotum, les hypermétropes doivent accommoder plus forteaieat que les emmétropes et que les myopes pour réaliser la vision nette à une distance donnée. Or, la dépendance relative de la convergence et de l'accommodation peut mettre les hypermétropes dans l'impossibilité de réaliser le surcroît d'accommodation qui leur est nécessaire pour voir nettement un objet situé au point de convergence de leurs axes visuels. Les hypermétropes dévieraient alors l'un de leurs yeux en dedans, augmenteraient ainsi le degré de convergence de leurs axes visuels et rendraient possible, par ce moyen, l'effort d'accommodation qui réalise la vision nette pour l œil dont l'axe visuel est dès lors dirigé seul vers l'objet à voir.

Des considérations analogues montreraient de même que les myopes peuvent être amenés à placer l'un de leurs yeux en état de strabisme externe; ils se donnent ainsi la faculté de réduire leur accommodation à ce qu'elle doit être afin d'obtenir la vision nette, pour l'œil non dévié, à la petite distance à laquelle les myopes sont obligés de placer l'objet qu'ils veulent voir lorsque leur anomalie n'est pas corrigée.

La majorité des cas de strabisme convergent ou divergent coïncidant avec un degré plus ou moins élevé d'hypermétropie ou de myopie, il y a lieu de croire que ces amélropies sont souvent, comme le pense Dotiders, la cause première du strabisme.

Cette opinion est d'ailleurs d'autant plus acceptable que ces amétropies sont généralement dues à une longueur trop grande ou '■l'op petite de l'axe antéro-postérieur de l'œil, fuit qui n'intéresse

en rien l'appareil de l'accommodation et qui ne peut modifier pan suite la dépendance physiologique de l'accommodation et de la coqvergence.

355. Pouvoirs accommodatifs relatif, binoculaire et absolu. — L'accommodation ayant pour résultat d'augmenter l'action convergente de l'œil, on conçoit qu'on puisse la mesurer par la lentille positive qui produirait le même effet qu'un accroissement de courbure du cristallin.

Soit, en effet, un œil (fig. 244) dont le proximum de l'accommodaiion est en S et le remotum en S'.

Disposons au foyer principal antérieur de cet œil une lentille L

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Fig. 244. — Mesure du pouvoir accommodatif au moyen d'une lentille.

dont la distance focale LP soit telle que l'image P'Q'de l'objet PQ, placé au proximum S, soit située au remotum S'. Pour faire^ former sur sa rétine l'image de cet objet, l'œil devra relâcher entièrement son accommodation, puisque les rayons, qui lui arrin vent après avoir traversé la lentille, ont les mêmes directions qutt s'ils émanaient d'un objet situé au remotum S'.

Grâce à la lentille L, l'œil voit donc nettement, sans que l'aM commodation ait à intervenir, un objet situé à son proximum.;

Nous prendrons en conséquence le numéro - = F de cette len-i

tille pour mesure du pouvoir accommodatif A de l'œil. Or le proximum et le remotum, dont nous représenterons pat»

POUVOIR ACGOMMODATIF. 625

p et R les distances respectives au foyer principal antérieur de cùi\ sont des foyers conjugués de la lentille ; on a donc (§ 290) :

A=P=P-R, (1) \l devant d'ailleurs être affecté du signe — parce que l'image P'Q' ■st virtuelle.

Donc, le pouvoir accommodatif de l'œil, c'est-à-dire le numéro

10 la lentille qui, placée au foyer principal antérieur, produit le uème effet que l'accommodation, est égal, dans tous les cas, à la lifférence algébrique des distances, exprimées en dioptries, du loximum et du remotum à ce même foyer principal.

Si le remotum est situé à l'infini, R = 0, et il reste :

Dans le cas où le remotum est virtuel et situé en arrière de œil, l'image P'Q' est réelle par rapport à la lentille et la formule 1) doit alors s'écrire :

On peut évaluer de même par le numéro d'une lentille la fracaon depouvoir accommodatif qu'un œil emploie pourvoir nettement i une distance de D dioptries comprise entre son proximum et son remotum. L'accommodation, en effet, produit, à ce moment, le même effet que la lentille qui ferait former au remotum, ou à R dioptries, l'image d'un objet situé à D dioptries ; or le numéro F Je celte lentille est donné par l'égalité :

si l'on suppose, par exemple, que R et D sont positifs.

On dira donc que, pour voir l'objet situé à la distance D, l'œil ( mploie D — R dioptries d'accommodation.

La quantité P — D représente de même le nombre de dioptries •l'accommodation que l'œil a en réserve lorsqu'il réalise la vision nette à D dioptries, P étant la distance en dioptries du punctum proximum.

Si, par exemple, un œil a son remotum à 1^.5 et son proximum i 12'', pour voir nettement un objet situé à 3^ cet œil devra faire intervenir 3d — l<i.5= l^.ô d'accommodation ; dans ces conditions,

11 aura 12'i — 3'> — d'accommodation non utilisées ou en réserve. D'ane manière générale, lorsqu'un œil passe de la vision nette

Imbrrt. — Physique biolog. ^0

à la distance de D dioptries à la visioQ uette à la distaoce de D dioptries, la variatioQ de son accommodation équivaut à l'adjonc tien à l'œil d'un verre de D — D' ou de D' — D dioptries ; on diti alors que l'accommodation avarié de D — D' ou de D' — D dioptries.

Les positions du proximum et du remotum variant avec le degré de convergence des axes visuels, il y a lieu de distinguer diverses espèces de pouvoir accommodatif.

On appelle pouvoir accommodatif relatif k une convergence; déterminée la différence algébrique des distances P et R relativesj à cette convergence. Pour l'œil auquel se rapporte le tracé continui de la fig. 243, on voit que le pouvoir accommodatif relatif est de! 3''. 3 environ sous la convergence 0'»-"»-,de 6"^. 5 — O'^.S — 6^ souslal convergence de 3« ™', de 1^.5 environ sous la convergence de M» »»-,' de 0^ sous la convergence de la plus forte convergence

que le sujet auquel se rapporte la figure ait pu réaliser.

On a donné le nom de pouvoir accomm.odatif binoculaire à la différence algébrique des distances P et R des deux points extrêmes vers lesquels nous pouvons faire converger nos axes visuels et don! les images rétiniennes sont encore nettes. Cbez le sujet du tracé continu de la fig. 243, ces deux points sont l'un en p' à 9^.i environ, l'autre en r à 0'^ Le pouvoir accommodatif binoculaire est donc, pour cette personne, de 9^.3—0^=9^.3.

Enfin le pouvoir accommodatif absolu est la différence algé-3 brique des distances P et R des points extrêmes dont l'image nettr peut encore se former sur la rétine de l'un des yeux, sans que lei axes visuels convergent nécessairement en ces mêmes points.

Ces points sont r etp pour la personne du tracé continu de lal fig. 243, Vm et pm pour celle du tracé discontinu, rn et ph poui celle du tracé pointillé. On voit que le pouvoir accommodatif absol.d est égal à :

10<i 0d= lO'i pour la première, 15d.5 — 4d=:ll'^.5 ponr la seconde, 5d -j- ld.5 = 6'ï.5 pour la troisième.

C'est le pouvoir accommodalif absolu que l'on détermine dans Ij pratique, et c'est à ce pouvoir accommodatif que se rapporte cequ suit.

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