Variations du pouvoir accommodatif avec l'âge
L'observatioQ montre que le pouvoir accommodatif diminue pro- ,'ressivemeDt à mesure qu'on avance en âge. Cette diminution est i ailleurs dus aux déplacements qu'éprouvent, dans le cours delà ae, le proximum et leremotum absolus.
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Fig. 245. — Graphiques des déplacements du proximum et du remotum avec l'âge.
Ces déplacements ont été mesurés par Donders au moyen 'observations prises sur un grand nombre de personnes d'âges ifférents. Les moyennes des résultats obtenus sont représentées
graphiquement par les courbes de la fig.245, construites au moyen de deux axes sur l'un desquels, l'horizontal, on compte les années,* tandis que sur le second, qui est vertical, on porte les distance dioptriques du proximum et du remotum au foyer principal antérieur de l'œil. La courbe PP indique les positions successives du proximum, la courbe rr celles du remotum. Cette figure est> d'ailleurs relative à une personne dont le remotum est, dans le jeune âge, situé à l'infini.
On voit immédiatement sur la figure que :
1° Le proximum s'éloigne de l'œil dès la naissance et devient virtuel vers 63 ans ;
2" La position du remotum reste invariable jusque vers 50 ans;* ce point devient alors virtuel et se rapproche progressivement d l'œil ;
3" Le pouvoir accommodatif, représenté par la longueur de ordonnées comprises entre les deux courbes PP et rr, diminu progressivement à mesure qu'on avance en âge et devient nul ver 70 ans, le proximum et le remotum étant alors confondus.
La figure 246, construite par Monoyer en prenant pour ordonnée les différences des ordonnées correspondantes des courbes PP e
20 3o 5o 6o jo
Fig. 246. — Courbe des variations du pouvoir accommodatif avec Tâge.
rr de la figure 245, représente isolément les variations du pouvoiri accommodatif avec l'âge. Ces mêmes variations peuvent encor être données par la formule :
A=16— O.Saj+O.OOlœ-,
dans laquelle A est le pouvoir accommodatif correspondant à l'âg
DÉPLACEMENTS DU PROXIMUM ET DU REMOTUM. 629 X, formule qui n'est autre que l'équatiou de la courbe de la figure 246.
357 Indépendance du pouvoir accommodatii et aes positions du proximum et du remotum. - Les courbes des figures 245 et 246 représentent également, sauf dans les cas de mVpie progressive, les déplacements du proximum et du remotum ainsi que les variations de grandeur du pouvoir accommodatif pour des yeux dont le remotum est, dans le jeune âge, situé à distance finie en avant ou en arrière de l'œil. En particulier, il suffit de déplacer les courbes de la figure 245 en haut ou eu bas de manière à faire aboutir la courbe rr à la division qui représente la position première du puuctum remotum, les distances de ce point devant d'ailleurs être regardées comme positives ou négatives suivant qu'elles sont comptées en avant ou en arrière du foyer principal
antérieur de l'oeil.
En d'autres termes : le pouvoir accommodatif ne dépend physiologiquement que de l'âge de la personne sur laquelle on le mesure; il est indépendant des positions absolues des proximum et remotum.
Donc, si l'on néglige les variations individuelles que l'on rencontre dans la valeur du pouvoir accommodatif comme dans celles de tous les autres éléments dioptriques de l'œil, on peut dire que :
Le pouvoir accommodatif est le même chez toutes les personnes du même âge, que leurs yeux soient ou ne soient pas exempts des anomalies de la vision que nous étudierons dans les chapitres suivants .
358. Causes des déplacements du proximum et du remotum. — Le recul dupunctum proximum résulte tout naturellement de l'accroissement de consistance que subit le cristallin à mesure qu'on avance en âge. La lentille oculaire, en effet, ne peut éprouver que des déformations moindres si elle est plus consistante ; les courbures maxima que ses faces peuvent acquérir sont en conséquence de plus en plus petites, et le proximum est par suite de plus en plus éloigné.
Il est moins facile d'expliquer l'invariabilité de position du remotum jusqu'à 50 ans et le déplacement de ce point à partir de cet âge. Les mesures d'indices effectuées par Woinow sur trois criatalliDs frais et sains appartenant à des sujets de 3, 16 et l'^^^ns et celles de H. Bertin-Sans sur des cristallins d'animaux d'âges
différents ont montré en effet que, contrairement à l'hypothèse' admise, l'accroissement de consistance de la lentille oculaire n'a pas pour résultat d'augmenter l'iodice des couches périphériquesii seules et de diminuer par suite l'indice total du cristallin. C'est cej que montre nettement le tableau suivant des résultats obtenus pan Woinow:
Indices
Enfant de 2 à 3 ans..
— 16 ans.. , .
Adulte de 47 ans.. . ,
de la couche périphér.
de la couche moyenue
dn noyau
total
L'augmentation de l'indice total du cristallin, mise en évidence par les nombres précédents, a pour effet d'augmenter l'actioQi réfringente de l'œil. Le remotum devrait en conséquence se rap-» procher de l'œil à mesure qu'on avance en âge, contrairement à ce que l'on admet depuis les observations de Donders, dont il a étél parlé plus haut.
Mais il faut ajouter que, d'après les mesures effectuées pan H. Bertin-Sans sur des cristallins frais de diverses espèces d'ani-i maux d'âges différents, les courbures des faces de la lentille oculaire't diminuent progressivement, ce qui entraîne une diminution deji l'action réfringente de l'œil.
Ces deux modifications, augmentation de l'indice total du cris-s tallin et diminution de la courbure de ses faces, entraînent don» des conséquences inverses l'une del'autre. Il est possible que l'ini' . mobilité du remotum jusqu'à 50 ans et son déplacement après eets âge résultent de la valeur relative que ces deux modifications entrai-, nent dans l'action réfringente de l'œil aux diverses époques dek la vie.
EMMliTROPlE.