‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 226 sur 397 · PROCÉDÉ DE L^S. BOITE DE VERRES · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DE L^S. BOITE DE VERRES

mente le numéro des verres spbériques positifs ajoutés à l'œil, est perpendiculaire au méridien M le moins hypermétrope, c'est-àdire dont la courbure est maxima ; ce méridien est d'ailleurs adapté en ce moment pour l'infini, grâce à l'accommodation. En continuant à faire augmenter le numéro des verres spbériques positifs, la vision continuera à être nette pour la ligne A, aussi longtemps qu'une diminution de l'effort d'accommodation pourra contrebalancer l'accroissement du pouvoir dioptrique du verre. Par suite, le degré d'hypermétropie du méridien M sera donné par le numéro N du verre spbérique positif le plus fort avec lequel la ligne A est encore vue nettement. Ce résultat acquis et le verre sphérique N étant laissé en place devant l'œil, le degré d'astigmatisme sera, comme toujours, donné par le numéro du verre plan-cylindrique convexe, dont l'axe coïncidera avec le plan du méridien M le moins hypermétrope, et grâce auquel toutes les lignes du cadran horaire seront vues avec une égale netteté.

L'essai des verres cylindriques et leur superposition à un verre sphérique sont facilités par l'emploi des lunettes d'essai que comporte toute boîte de verres. Ces lunettes sont munies de chaque côté d'une double bague dans laquelle on peut enchâsser deux des verres de la boîte ; de petits ressorts en acier /", f (fig. 254),

Fig. 254, — Lunette d'essai.

maintiennent d'ailleurs ces verres en place. Chacune des doubles bagues de bi lunette est en outre munie d'une graduation circulaire au moyen de laquelle on mesure t'angle que fait avec l'horizontale

la direction de l'axe du verre cylindrique, direction qui est marquéei sur chaque lentille. Généralement l'orientation des verres cylindri-i ques est réglée directement à la main ; dans la monture représentée^ •sur la figure 254, cette orientation est obtenue par l'intermédiaire? de vis G, G' que l'on manœuvre au moyen des boutons Q et Q'; et qui entraînent dans leur mouvement les bagues dans lesquelles! sont enchâssés les verres cylindriques.

Accommodation irrégulière de l'œil astigmate. — La déter-( mination pratique du degré de l'astigmatisme est en réalité moins facile qu'elle ne parait l'èlre d'après les indications précédentes.

Les réponses de l'astigmate, eu effet, manquent souvent dd précision ou sont même contradictoires. Gela tient à la correctioa plus ou moins complète, iiiconsciente et inconstante de l'astigma-i tisme par l'astigmate lui-même, grâce à l'intervention de raocom-i modation. Gette intervention est d'ailleurs mise hors de doute pan les faits suivants.

Le degré d'astigmatisme déterminé sur un œil atropinisé esta presque toujours plus élevé, quand le sujet est jeune, que le degré" trouvé avant l'instillation d'atropine. En outre, un astigmatisme» dont le degré est inférieur à deux dioptries peut passer complète-2 ment inaperçu à un examen subjectif de l'œil et ne pas être accom-i pagné des troubles caractéristiques de vision décrits plus haut,: lorsque l'astigmate possède encore un pouvoir accommodatif élevé;! ce même degré d'astigmatisme, au contraire, devient manifeste ets gênant à mesure que le pouvoir accommodatif diminue par suitet des progrès de l'âge.

Ces faits, dont l'exactitude ne peut être contestée, ne sont ex-s plicables qu'en admettant une correction, par le cristallin, dd l'astigmatisme cornéen. On ne peut dire encore, il est vrai, pan quel mécanisme cette correction s'opère ; peut-être le muscle^ ciliaire se contracte- t-il inégalement dans les plans des méridiens: principaux, de manière à donner au cristallin des courbures inégales: et compensatrices des courbures correspondantes de la cornée; il' est possible aussi que la contraction inégale des diverses fibres du' muscle ciliaire ait pour effet de faire basculer le cristallin (§ 333)^ et de corriger ainsi l'astigmatisme cornéen .

Quoiqu'il en soit de ce mécanisme, le fait même de l'existence' d'une accommodation irrégulière chez les astigmates ne saurait

OPTOMÈTRE DE JAVAL. 655 ,-tre contesté. Aussi la recherche du degré d'astigmatisme est-elle rendue plus facile et plus exacte par la paralysie temporaire du muscle ciliaire de l'œil examiné, paralysie obtenue au moyen de l iustillalion dans l'oeil d'une solution d'atropine.

Optomètre de JavaL— Aûn de faciliter la manœuvre des verres sphériques et cylindriques auxquels il faut avoir recours pour déterminer les éléments de l'astigmatisme, Javal a disposé les lentilles de la boîte d'essai le long delà circonférence de deux disques. L'un des disques, postérieur et invisible sur la figure 255, porte, sur chaque moitié de sa circonférence, la double série des verres positifs et négatifs ; l'autre disque, antérieur sur la même figure, porte de même la double série des verres plancyUndriques convexes et concaves. Les bagues, dans lesquelles s'enchâssent ces verres cylindriques, sont munies de dents qui engrainent avec celles de la circonférence d'un troisième disque, de diamètre plus petit, que l'on peut faire tourner autour de son centre au moyen d'un bouton représenté sur la partie inférieure du disque. Le mouvement du bouton faitdonc tourner simultanément d'un même angle tous les verres cylindriques; par ^uite, ceux-ci se présentent tous ivec une même orientation de leur axe lorsque, par la rotation lugrand disque antérieur qui les

Fig. 255. — Oploniètre de Javal.

porte, ils arrivent en face des ouvertures A, A en arrière desquelles OQ fait placer l'œil à examiner. L'orientation de l'axe des verres cylindriques est d'ailleurs donnée à chaque instant parle numéro

d'une graduation circulaire sur laquelle se déplace une aiguiU mobile avec le bouton dont il vient d'être parlé.

Ajoutons que l'indépendance des mouvements de rotation d? deux disques antérieur et postérieur permet de réaliser, en fac de chacune des ouvertures A, A, toutes les combinaisons de verres spbérique et cylindrique nécessaires pour la détermination des éléments de l'astigmatisme.

Ophtalmomètre pratique de Javal et Si'hiôtz. — La recherche des éléments de l'astigmatisme, orientation et degré d'amétropie des deux méridiens principaux de l'œil, est grandement facilitéepar l'emploi de i'ophtalmomètre imaginé, et très justement qualifiéi de pratique, par Javal etScbiôtz. Cet instrument, comme l'opbtaU

momètre de Helmhollz, dont il est une très heureuse simplification, permet de mesurer la grandeur des images obtenues pai4J

OPHTALMOMÈTRE PRATIQUE. 657

éflexion sur la cornée; mais, grâce à certaines particularités de lonstruction que nous allons faire connaître, l'instrument donne mmédiatement les éléments de l'astigmatisme, orientation etdifféence d'état de réfraction des deux méridiens principaux du dioptre ornéen.

L'opbtalmomètre pratique se compose d'une lunette GO (fig. 256) ormée de deux objectifs de même distance focale, entre lesquels st placé un prisme biréfringent, qui dédouble l'image catoptrique

mesurer comme le font les deux lames de l'opbtalmomètre de lelmhoitz. L'œil à examiner est placé, comme l'indique la figure, u foyer du premier objectif, derrière un cadre qui sert à fixer la ète, et il se forme, au foyer du deuxième objectif, une image, gale à l'objet et renversée, que Ton regarde à travers un oculaire, ja lunette est d'ailleurs portée sur un trépied auquel on peut onner de petits déplacements pour réaliser la mise au point exacte e l'image à mesurer. Un arc gradué, dont le centre coïncide avec œil à examiner et le long duquel peuvent courir deux mires Ï,M', est mobile autour de l'axe de la lunette, ce qui permet de lesurer les images obtenues par réflexion dans les divers mériiens cornéens; l'orientation de l'arc est d'ailleurs donnée à chaque istant par une aiguille qui se meut sur un cercle divisé E.

Les mires, en émail blanc sur fond noir, sont formées, l'une 'un rectangle A (fig. 257), l'autre d'un triangle rectangle B,

Fig. 257. — Images cornéennes des mires dédoublées par l ophtalmomètre.

Qoitié du rectangle A et dont l'hypoténuse présente une série de narches en escalier ; lorsque ces mires occupent une position [uelconque sur l'arc gradué, leurs images par réflexion sur la ioraée, dédoublées par le prisme biréfringent et vues à travers la uuette, offrent l'ensemble représenté par la figure 257.

Pour faire une détermination, on oriente l'arc dans le plan du néridien principal de courbure maxima de l'œil et l'on déplace la Imbert.— Physique biolog. 42

Tig. 258. — CoïDcideuce à établir dans le plan de la courbure maxima delà cornée.

mire M' (Bg. ?.56), de manière à ce que les deux parties A' et B de la figure 257 soient exactement affrontées comme l'indique la figure 258. On a ainsi dédoublé l'inlervaUea compris entre le bord

gauche de A (fig. 257) et le bord droit de la marcbe inférieure de B. Si l'on fait alors tourner l'arc gradué de 90°, de manière à le placer dans le plan du méridien principal de courbure minima, le rayon du miroir cornéen étant plus grand dans ce nouvel azimuth que dans le premier, l'intervalle î devient plus grand ; par suite, cette distance n'est plus qu'imparfaitement dédoublée par le prisme biréfringent, dont l'effet est invariable, et les images B et A' de la figure 257 empiètent l'une sur l'autre comme l'indique la figure 259.

Les directions des méridiens de courbure maxima et minima se< reconnaissent d'ailleurs à ce que ce sont lesi seules pour lesquelles la base de l'image de la mire rectangle soit le prolongement] du petit côté de l'angle droit de la mire effi escalier; dans tout autre méridien cornéen en effet, les images des mires sont déDi7e-< lées l'une par rapport à l'autre. Le méri-t dien de courbure maxima se reconnaît en outre à ce que, en passant de ce méri dien à l'autre, les mires empiètent comme sur la figure 259.

La grandeur des marches en escalier et le rayon de Tare qu: porte les mires ont été choisis d'après les considérations que noua allons indiquer et sont telles que le nombre des marches d'empièn tement (Bg. 259) est égal au nombre de dioptries qui mesuni l'astigmatisme de la cornée, lorsque celte surface agit comma dioptre réfringent.

Soient, en effet, y' la grandeur de l'image cornéenne que dédoubla exactement le prisme biréfringent de l'ophtalmomètre, i\ et le. rayons de courbure des méridiens principaux de la cornée. Lei objets, dont les images par réflexion dans l'un et l'autre de ce méridiens seront chacune égale à y', devront avoir des grandeun différentes, que nous représenterons par et y.; ces quantités son?'

Fig. 259. — Empiétement des images dans le plan de la courbure minima de la cornée.

OPHTALMOMÈTRE PRATIQUE. 659

onc les distances différentes auxquelles les mires doivent être lacées l'une de l'autre pour que, dans chacun des méridiens prin- ■paux, leurs images B et A' (fig. 257) soient exactement affrontées. D'après les formules des miroirs convexes, ou aura :

Vi 2p + 1\

exprimant la distance de l'objet à la cornée, c'est-à-dire le rayon ;e l'arc qui porte les mires .

On tire facilement de là, en exprimant rj et Vç^ en dioptries :

• R.-R.= '4Fr-'- (1)

Soient maintenant etn-^ les distances à la cornée des punctum emotum des deux méridiens principaux du dioptre cornéen, c'est- -dire les distances des deux points dont les images, dues à la éfraction à travers chacun des méridiens principaux, iraient se ormer au foyer principal postérieur de la cornée de l'œil emmérope. On aura :

étant l'indice de l'humeur aqueuse et fia. distance focale postéieure de la cornée de l'œil emmétrope.

On tire de là, en exprimant tti, tt^, r^, r, et fen dioptries : n^ — = (n — 1) (R^ - Ri) ;

Q substituant alors à Rg — R, sa valeur donnée par la formule Ij, il vient:

n2-n,= — — - (y, — yO- (2)

Il résulte de là que l'astigmatisme cornéen nj est proporlonnel à la différence y, — y^ des grandeurs linéaires des objets 'itués dans chacun des méridiens principaux de la cornée, dont es images pur réflexion sont égales entre elles et à y'.

Le rayon de l'axe qui porte les mires, c'est-à-dire la quantité p de la formule (2),est égal à 0"'.30; le prisme biréfringent de l'instrument est tel qu'il dédouble exactement une image dont le diamètre est de 0".003, et c'est à ce nombre, par suite, qu'est é'^ak la quantité y' de la formule (2). Si l'on prend, en outre, pour indice de

réfraction n de l'humeur aqueuse le nombre -, la formule (2) devient, en substituant:

1/2 — Vi

n„ — Hj =

ou:

n, — Hi =

Si l'on fait successivement i/»— y« égal à 0.0054, 2 X 0.0054.. les valeurs successives de l'astigmatisme cornéen u^-Ui seront i égales à 1, 2, 3.... dioptries. En d'autres termes, lorsque pour établir successivement l'affrontement des deux images (fig. 258)1 dans les deux méridiens principaux, il faudra augmenter la dis-' tance des mires de 0.0054, 2x0.0054..., l'astigmatisme de l'œil I examiné sera de 1, 2, 3... dioptries.

La largeur de chaque marche de la mire en escalier a précisément été prise égale à 0'".0054. Dès lors il est inutile de déplacer l'une des mires pour rétablir l'affrontement ; le nombre de dioptries qui mesure l'astigmatisme est, en effet, égal, dans chaque cas, au nombre de marches dont les images des deux mires empiètent dans le méridien de courbure minima.

On peut fixer, sur l'axe de la lunette de l'ophtalmomètre, un disque dit kératoscopique formé d'un certain nombre de circonférences dont le centre commun est sur l'axe. L'image cornéenne. de ce disque, lorsqu'on supprime le prisme biréfringeol de l'ophtalmomètre, donue immédiatement la topographie exacte et complète de la cornée et permet, par suite, de reconnaître l'existence d'un astigmatisme irrégulier ; les images des circonférences, en effet, au lieu d'être régulièrement elliptiques comme lorsquiii existe deux méridiens de courbure maxima et minima, apparaissent alors plus ou moins irrégulières.

Dans le modèle de 1889, la lunette de l'ophtalmomètre a été. inclinée de 20° par rapport à l'horizontale, de manière à ce que les

OPHTALMOMÈTKE PRATIQUE. «61 mires fussent plus uniformément éclairées dans toutes les positions de l'arc ; le disque kératoscopique est fixé à demeure perpen-

Fig 260. — Oplitalmomètre pratique de Javal (modèle de 1889).

diculaireraeiit à l'axe de la lunette, son diamètre a été agrandi et sa circonférence porte une graduation sur laquelle, au moyen d'une longue aiguille perpendiculaire à l'arc des mires, on peut noter la

direction des méridiens principaux, au moment môme de l'observation des images cornéennes.

L'opiitalmomètre pratique ne fait connaître que les éléments degré et orientation des méridiens, de l'astigmatisme cornéeamais ces éléments de l'astigmatisme cornéea sont presque toul jours, sinon égaux, du moins très voisins de ceux de l'asti^matisme total de l'œil. Si l'on remarque, en outre, que l'observation d une cornée, même par une personne peu exercée au maniement de 1 instrument, exige moins d'une minute, on conçoit combien cette méthode objective de mesure est précieuse dans la pratioue oculistique. ^

^ Ophtalmomètres divers. Kératoscopes. — Le prix élevé de l'instrument de Javal a poussé plusieurs ophtalmologistes à substituer à l'ophtalmomètre pratique des appareils plus simples et moins coûteux.

Leroy et Dubois, tout en conservant le principe du dédoublement, qui permet seul une mesure facile et précise des différences de courbure, sont revenus aux deux lames de verre à faces planes et parallèles de l'ophtalmomètre de Helmholtz; celte disposition rend possible la mensuration des rayons de courbures très différents que l'on rencontre chez les diverses espèces d'animaux.

De Wecker et Masselon utilisent, et observent à un faible grossissement, l'image cornéenue d'un carré que l'on peut transformer en rectangle; les côtés de cette image sont légèrement curvilignes et sa forme est celle d'un carré sur un œil à cornée symétrique autour d'un axe, celle d'un rectangle ou d'un parallélogramme sur un œil astigmate, suivant que les côtés du carré-objet sont ou ne sont pas parallèles aux méridiens principaux de l'œil. On doit orienter chaque fois l'objet de manière à ce que l'image soif, rectangulaire, puis on déforme cet objet (transformation en rectangle) jusqu'à ce que son image coroéenne soit jugée être carrée par Fœil observateur. Une simple lecture, sur une graduation dont l'instrument est muni, donne alors le degré d'astigmatisme. L'exactitude des déterminations dépend donc de l'exactitude avec laquelle un observateur juge qu'un rectangle a été transformé en carré ; aussi cet instrument ne peut-il fournir d'indications exactes qu'entre les mains de personnes exercées. Quelques ophtalmologistes apprécient l'astigmatisme au moyen

OPTOMÈTRE DE BADAL. ^^'^ kPramcoves ou disques analogues à celui que l'on peut placer r endS à l'axe de la lunette de l'op^taUnometre pra- S Les kératoscopes ne sont munis d'aucune graduât on et b ervateur ne peut conclure approximativement an egre d a iam.tisrae et à la direction des méridiens principaux, qu en Su avec le secours de sa vision seule, la forme elliptique plus oa radns accusée des images des cercles-objets et la direction des axes de ces images elliptiques.

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