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Correction de la presbytie par les verres positifs

— L'œil presbyte est celui dont le proximum est situé au delàd la distance à laquelle se trouve l'objet à voir; eu d'autres termes, cet œil ne peut pas rendre les rayons, venus de l'objet, assez convergents entre eux et l'on conçoit dès lors que l'on puisse lui venir en aide avec un verre positif dont l'effet s'ajoutera à l'effet propr" de l'œil.

Soient, en effet, 0 l'œil presbyte (fig. 279) dont le proximuûi: est en P et le remotum en R et BD l'objet, situé en deçà de P, que cet œil doit voir nettement. Plaçons au foyer principal ante-. rieur de cet œil une lentille positive LL' dont la distance focale OF soit supérieure à OD, et qui donne de l'objet BD une image B'D' située entre le proximum P et le remotum R. L'œil, c""" du verre LL', sera dans les mêmes conditions que s'il avait à

CORRECTION DE L^V PRESBYTIE, nettement un objet situé en B'D', ce qu'il lui est possible de faire avec le secours de l'accommodation .

Fig. 279. — Correction de la presbytie.

Il suffit donc, pour corriger la presbytie, d'armer l'œil presbyte d'une lentille positive qui substitue à l'objet placé à la distance habituelle du travail une image virtuelle située entre le proKimum etleremotum.

La position à donner à l'image entre le proximum et le remotum n'est d'ailleurs pas absolument indéterminée. Si cette image, en effet, se forme au proximum ou très près de ce point, l'œil, pour la voir nettement, devra faire de tels efforts d'accommodation que les douleurs péri-orbitaires de Vasthénopie accommodative rendront bientôt le travail impossible. D'un autre côté, l'observation journalière démontre qu'on n'éprouve aucune fatigue oculaire pourvu que la vision s'effectue dans des conditions telles que

-ou - du pouvoir accommodatif A soit inutilisé. 4 5

Soient dès lors P et D les distances, eu dioptries, du , proximum et de l'objet à voir au foyer principal antérieur 0 de l'œil, et F le numéro de la lentille qui fait former en P l'image de l'objet BD ; 00 aura, en remarquant que cette image de BD est virtuelle :

Pour que la vision s'exerce sans fatigue» il faudra ajouter à cette lentille F une autre lentille, ou, ce qui revient au même, il faudra augmenter le numéro F de cette lentille de manière à sup-

primer une fraction d'accommodation égale à — par exemple. Or,

d'après ce qui a été dit précédemment (§ 355), il suffira pour cela d'augmenter de - le numéro F déduit de; la formule (1). Le numéro N de la lentille à prescrire sera donc donné par la formule: N = P + | = D-P+è.

En réalité, on ne se sert pas de cette formule dans la pratique. On cherche, en effet, par tâtonnement le verre positif qui fait former au proximum l'image de l'objet à voir, c'est-à-dire le verre positif le plus faible avec lequel la vision est nette à la distance habituelle, du travail et l'on augmente le numéro de ce verre d'une 1 1

quantité égale à ^ ou g du pouvoir accommodatif du sujet. Ce

pouvoir accommodatif est d'ailleurs déduit des figures 245 ou 246 (pag. 627 et 628) quand on s'est enquis de l'âge du presbyte.

Il résulte de ce qui précède cette conséquence importante : pour deux personnes d'âges différents dont le proximumfest situé à la même distance et qui se livrent au même travail, les verresa correcteurs de la presbytie devront être différents, puisque leurs pouvoirs accommodatifs sont inégaux.

Un même verre correcteur ne peut d'ailleurs servir indéfini-: ment, à cause du recul continu du proximum; mais si ce verre a été choisi d'après les conditions indiquées ci-dessus, il sera suffisant» pendant trois ou quatre années. Quand les phénomènes d'astbénopiei se manifestent de nouveau, il ne faut pas hésiter à augmenter lel numéro du verre correcteur.

388. Détermination de l'âge auquel la presbytie com-imence. — Le pouvoir accommodatif étant à peu près indépendant) de l'état d'amétropie de l'œil et variable seulement avec l'âge, lall position du proximum dépend à la fois de l'âge du sujet et de lali position du remotum. A un même âge, le proximum sera doncK situé plus près de l'œil chez les myopes, plus loin chez les emmé-r tropes, plus loin encore chez les hypermétropes ; par suite, lai presbytie commence plus tôt chez les hypermétropes que chez lesî emmétropes et surtout que chez les myopes. Ceux-ci pourront) même ne jamais devenir presbytes si leur degré d'amétropie est un j peu élevé ; par contre, les enfants et les adolescents peuvent être?

CORRECTION DE L'HYPERMÉTROPIE. 69.5 presbytes si leurs yeux sont affectés d'un fort degré d'hyper-

""iresrfàcile de déterminer l'âge auquel une personne, dont le remotum est connu, commencera à être presbyte pour un travai nui exi-e la vision nette à une distance connue. Supposons qu il Lisse° en effet, d'un hypermétrope de 2<i.5 qui travaille à la distance de 3^. Cet hypermétrope sera presbyte à partir du moment où son proximum, par suite des progrès de l âge, se sera éloigne a la distance de 3^ auquel cas le pouvoir accommodatif de cet œi sera (§ 355) égal à 2^.5 + 3^ = 5^.5. Or la figure J46 (pag. 628 montre que le pouvoir accommodatif est réduit a 5<i.5 vers 36 ans, c'est donc à cet âge que l'hypermétrope considéré commencera a sentir le besoin de se servir de verres positifs pour travailler a la distance de S**.

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