MYOPIE SCOLAIRE
pays d'Europe et d'Amérique ont nettemeot mis eo évidence les faits suivants :
Le nombre des myopes augmente, en môme temps que le degré Je la myopie, depuis les classes inférieures jusqu'aux classes supé- 'ieures, dans lesquelles la proportion des myopes peut atteindre et ]]éme dépasser 50 % ;
Toutes choses égales d'ailleurs, le nombre des myopes est plus >levé parmi les élèves internes que parmi les externes du même itablissement;
Lorsqu'on mesure l'état de réfraction des mêmes écoliers penlant plusieurs années consécutives, on constate, sur un grand lombre d'entre eux, une augmentation progressive et continue du )ouvoir réfringent des yeux; en d'autres termes, des hypermétropes ieviennent emmétropes, puis myopes, des emmétropes deviennent nyopes, et le degré d'amétropie des myopes augmente progressiement.
Il est, d'après cela, hors de doute qu'il doit exister dans les coniitions de la vie scolaire des circonstances qui favorisent la pro- ;ression de la myopie. Les progrès de cette anomalie étant, autre part, imputables, d'après ce qui a été dit plus haut, aux fforts d'accommodation et de convergence nécessités par le travail petite distance, il y a donc lieu de chercher si les conditions de 1 vie scolaire ne comportent pas certaines causes qui obligent u tout au moins incitent l'écolier à travailler à une distance trop approchée.
Or ces causes sont aujourd'hui bien connues ; les mesures à rendre pour les supprimer ont été, en outre, nettement formulées ar Javal, dans le remarquable Rapport général adressé en 1884 au 'linistre de l'Instruction publique au nom de la Commission
Hygiène des Ecoles, a chargée d'étudier les questions relatives, oit au mobilier, soit au matériel d'enseignement, soit aux méthodes t aux procédés d'instruction dans leurs rapports avec l'Hygiène» .
394, Causes de la progression de la myopie chez les écoliers. — Nous signalerons, tout d'abord, la tendance des coliers à prendre, pendant le travail, une attitude penchée au lieu e l'attitude droite qu'ils devraient garder constamment ; les Ijservations des maîtres et des parents, prévenus des dangers que resente, pour la vue et sous d'autres rapports d'ailleurs, le
oPïiguE.
Fig. 283. — Appareil pour empêcher les écoliers de travailler à trop courte distance.
travail effectué daas de pareilles conditioQs, suffiront pour habitue l'écolier à se tenir correcteoaent. S'il était nécessaire d'ailleurs, on
pourrait, au moyen de l'appareil de la figure 283, mettre l'écolier^É dans l'impossibilité de prendreune altitude penchée pendant le travail.
Les causes de progression de li myopie plus directement imputables à l'Ecole sont relatives au mobilier scolaire (tables et bancs),) à l'impression des ouvrages clas siques et à l'éclairage des salles Mobilier scolaire. — Lorsque»
le siège est éloigné de la table l'écolier est obligé de se pencheR pour lire et pour écrire et dë travailler par suite à trop courte distance. Aussi, est-il nécessaire que « le mobilier soit à distance négative, c'est-à-dire que la tablf surplombe le banc
Il importe d'ailleurs que la distance verticale entre le banc et h table soit appropriée à la taille des enfants ; la différence de hauîeu de la table et du banc doit être « telle que l'avaot-bras vienne s(; poser horizontalement sur la tablette quand on laisse pendre M bras sans effort*.»
Impression des ouvrages classiques. — On conçoit sans peinr. que, si les livres sont imprimés avec des caractères usés, trop petitst ou trop serrés, l'écolier sera dans la nécessité de travailler à un» distance inférieure à 0'".33; or cette distance doit être regar dée comme un minimum en deçà duquel le travail peut pro^ Yoquer la progression de la myopie. Si, en outre, les lignei sont trop longues, les yeux des enfants seront soumis aux effortvariables d'accommodation dont nous avons montré plus ham l'influence sur la pro^^ression de la myopi. . Aussi ne peut-OJ^
< E. Javal ; Hyj. des écol. prîm. et des ècol. mat. Rapport d'ensem ble. Paris, 1884.
2 E. Javal ; ibid.