CONSÉCUTIVES
408. Persistance des sensations lumineuses. — Quelle que soit la nature du mouvemeut que la lumière détermine dans l'appareil nerveux oculaire, on conçoit, a 'priori, qu'il s'écoule un certain temps entre le moment précis où la lumière commence à a^ir et celui oii la sensation provoquée par celle excitation est perçue ; ce temps perdu résulte d'ailleui's de l'inertie que l'appareil nerveux oculaire oppose à la comraunicatioQ du mouvement et du temps nécessaire pour que l'excitation subie par la réline soit transmise au cerveau. Nous avons dit, d'ailleurs, dans le Chapitre précédent, comment Charpentier avait pu constater et comparer entre eux les temps perdus nécessaires aux diverses radiations simples pour produire une sensation lumineuce.
On conçoit de môme que, lorsque l'excitation lumineuse cesse d'agir, le mouvement communiqué à l'appareil nerveux persiste et que la sensation lumineuse soit encore perçue pendant un certain temps. Celte persistance des impressions lumineuses est facile à constater par l'expérience ; il suffit j)ar exemple de regarder pendant quelques secondes un objet brillant, puis de fermer les ■yeux ou de diriger le regard vers un champ obscur pour constater que l'on continue, pendant un certain temps, à percevoir cet objet comme si ses images se formaient encore sur nos rétines.
C'est à la persistance des sensations lumineuses qu'il faut rapporter l'uniformité de sensation produite par l'arrivée intermittente de la lumière dans l'œil, quand les intermittences sont assez rapprochées. A la suite de mesures photométriques effectuées sur deux disques, I'ud blanc et immobile, l'autre formé de -secteurs blancs et noirs et animé d'un rapide mouvement de rota-
tion, Helmholtz a conclu que l'intensité de la sensation uniforme, résultant d'intermittences lumineuses, était égale à celle que l'on éprouverait si l'arrivée de la quantité de lumière intermittente qui pénètre dans l'œil pendant un temps donné était uniformément répartie pendant le môme temps .
Cette loi, dont l'exactitude rigoureuse a été contestée, est encore au moins sensiblement vraie pour les lumières colorées; en effet, les résultats relatifs au mélange des couleurs, auxquels on arrive par la rotation rapide de disques à secteurs diversement colorés, sont identiques à ceux que l'on obtient en faisant agir simultanément sur l'œil les couleurs des divers secteurs des disques.
L'expérience montre d'ailleurs que la durée de la persistance augmente, toutes choses égales d'ailleurs, avec l'intensité de la lumière qui l'a provoquée. Pour apprécier cette durée, on peut, à l'exemple de Plateau, mesurer la vitesse de rotation d'un disque, formé d'un nombre connu de secteurs blancs et noirs égaux entre eux, au moment où la sensation produite par la rotation est celle d'un gris uniforme.
L'éclat de la sensation persistante, si elle est plus grande lorsque la lumière excitatrice est plus intense, diminue par contre plus
rapidemenlalors.On peut constater ce fait par exemple en donnant un mouvement de rotation au disque de la figure 288. Les régions blanches étant plus larges à la périphérie, l'excitation lumineuse qu'elles produisent dans l'œil est plus forte que celle qui provient des parties centrales. Malgré cela, le papillotement, qui résulte du passage successif devant l'œil des parties blanches et noires, disparaît simul- Fig. 288. - Disque de Plateau. mnément pour lous les points de
la surface du disque, ce qui se conçoit facilement si l'intensité de la sensation persistante diminue plus rapidement lorsque la lumière excitatrice a été plus intense.
409. Images consécutives positive et négative. — Les expériences dont il va être question réussissent d'autant mieux