‹ Traité élémentaire de physique biologiqueChapitre 256 sur 397 · IMAGES CONSÉCUTIVES · texte numérisé non relu

IMAGES CONSÉCUTIVES

que l'œil est resté quelque temps dans l'obscurité, de manière à ce que toute trace de persistance ait disparu .

Dans ces coadilions, si l'on fixe pendant un temps très court un objet convenablement éclairé par la lumière blanche, puis que les yeux soient de nouveau soustraits à l'action de toute lumière extérieure, on continue à voir, par suite de la persistance lumineuse, une image de cet objet, image consécutive appelée positive parce que la lumière y est répartie comme sur l'objet lui-même. Cette image va d'ailleurs en s'affaiblissant graduellement et jBnit par disparaître.

Si, avant la disparition de cette image positive, on laisse la lumière blaacbe extérieure pénétrer dans l'oeil par diffusion à travers les paupières fermées, à cette image positive succède une image dite négative, c'est-à-dire dans laquelle la répartition des parties sombres et éclairées est exactement l'inverse de ce qu'elle est dans l'objet.

On peut expliquer l'apparition de l'image négative de la manière suivante.

Les parties de la rétine qui ont subi l'action de la lumière venue de l'objet, ou lumière primaire, sont fatiguées, c'est-à-dire sont devenues moins excitables ; leur excitation détermine dès lors une sensation moins intense lorsqu'elles reçoivent une lumière dite réagissante. On ne peut, il est vrai, dire quelle est la cause première de cette diminution d'excitabilité, que l'on pourrait cependant rapporter avec quelque raison à la décomposition de l'érythropsine par la lumière primaire ; mais l'existence de la fatigue consécutive à une excitation lumineuse est démontrée par l'observation. C'est ainsi que, si nous regardons un objet faiblement éclairé dans un champ obscur, cet objet, après quelques instants de fixation, n'est plus perçu; mais nous le voyons de nouveau après que nous avons promené le regard sur les parties obscures du champ de manière à laisser reposer, c'est-à-dire à soustraire à l'excitation lumineuse, la région de la rétine sur laquelle nous faisons former l'image de l'objet. De môme, après avoir reçu une forte excitation par un champ très éclairé, notre rétine, fatiguée, n'est plus excitable, pendant un certain temps, parla faible quantité de lumière qui procure encore des sensations très appréciables

dans un œil dont l'écran nerveux n'a pas été préalablement soumis à l'action d'une lumière intense.

D'après cela, la lumière réagissante, qui pénètre par dilTur^ionà travers les paupières et qui provoque la transforination de l'image positive en image négative, excitera moins fortement les régions de la rétine où s'est formée l'image des parties plus éclairées de l'objet, et plus fortement celles où sont venues se peindre les parties les moins lumineuses. L'excitation pur la lumière réagisnante sera donc, dans les régions de la rétine qui correspondeiit aux partie^ plus sombres de l'image positive, la n)ôme que s'il arrivait plii' de lumière dans ces régions; celles-ci paraîtront dès lors correspondre à des parties plus éclairées. De lu le renversement de la répartition de l'éclairement dans l'image négative.

Monoyer a donné des mômes phénomènes une ingénieuse explication basée sur l'égalité des pouvoirs émissif et absorbant. La rétine possède un certain degré de phosphorescence. Or, tout corps qui émet certaines radiations a la propriété d'absorber et d'annuler les rayons de même réfrangibilité (§ 310) ; par suite, les régions de la rétine sur lesquelles se trouvent les parties les plus éclairées de l'image positive annuleront plus complètement la lumière réagissante que les régions où sont venues se peindre les parties les plus sombres de l'objet. De cette inégale absorption de la lumière réagissante résulte immédiatement la transformation de l'image consécutive positive en image négative.

Le faible degré de phosphorescence de la rétine et par suite la faible absorption de lumière réagissante qui en résulte peuvent paraître insulBsanis pour rendre compte de la différence d'éclat des diverses parties de l'image négative ; il semble toutefois difficile de nier l'intervention de cette cause qui. d'ailleurs, agit dans le même sens que la fatigue, pour la production des phénomèoes considérés.

Uiie image négative peut succéder à l'image positive même sans l'action d'une lumière réagissante; en outre, à l'image négative produite comme il a été dit plus liaui peui succéder une image positive, lorsque la lumière réagissante cesse d'agir.

L'explication de ces phénomènes, sur lesquels nous n'insisterons pas, résulte, d'une part, de la considération de la lumière propre de la rétine engendrée parles excitations mécaniques dues à la circu-

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